Arts & cultures/Cinéma & films

Boyhood, de Richard Linklater, 2014

Le 23 août dernier, la BBC dévoilait sur son site internet un classement pour le moins inattendu des 100 meilleurs films du 21ème siècle. La hiérarchisation s’appuie sur un sondage réalisé auprès de 177 critiques de cinéma et universitaires du monde entier. Si la démarche peut à juste titre sembler prématurée et bien trop subjective, elle n’en reste pas moins l’occasion pour les cinéphiles de découvrir ou de redécouvrir les films marquants d’une époque.

Aujourd’hui, c’est la cinquième place du classement qui attire notre attention, derrière un quatuor alléchant à base de David Lynch et de Hayao Miyazaki. En cinquième position, c’est le réalisateur Richard Linklater qui tire son épingle du jeu grâce à un projet novateur, jamais réalisé encore dans l’histoire du cinéma.

Boyhood, qui n’a sans doute pas eu de promotion à sa hauteur tant le film est resté, malgré ses trois Golden Globes, plutôt discret, fait le pari ambitieux de réunir chaque année pendant douze ans un même casting pour coller au scénario, qui suit la vie d’un garçon américain de six ans jusqu’à sa majorité. Autour du jeune Mason, interprété par Ellar Coltrane, il y a ses parents, séparés (Ethan Hawke et Patricia Arquette, séduits d’emblée par l’originalité du projet), et sa grande sœur.

Linklater privilégie ici le réalisme d’une famille lambda des Etats-Unis, qui avance dans le temps avec ses hauts et ses bas. Les problématiques abordées sont celles de monsieur-tout-le-monde : grossesse non désirée, familles recomposées, adolescence introvertie, premier amour, peur de l’avenir professionnel… Nous suivons le parcours initiatique de Mason et de sa famille pendant plus de 2h40 (de quoi décourager certains !), et nous observons les visages se transformer subtilement, fruits d’un tournage exceptionnel de douze ans.

Le film est inévitablement marqué par quelques (plusieurs) longueurs, mais on ne perd pas une miette des aventures du jeune héros, qui nous frappe par sa spontanéité et sa candeur. On s’identifie volontiers aux personnages de cette famille qui s’efforcent d’avancer et de vivre ensemble au sein d’une Amérique en constante évolution. Car c’est aussi là le mérite de Boyhood, celui de nous rappeler le contexte socio-culturel propre à chaque période de la vie de Mason. Harry Potter, Facebook, les Beatles, Star Wars, Obama ou Lady Gaga seront ainsi évoqués au cours du film, autant de moyens de s’identifier une fois de plus à l’œuvre de Linklater et de l’apprécier telle qu’elle est : comme une « succession de photographies de l’être humain » (Ethan Hawke).

Par Audrey Paillasse

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Pour voir la bande d’annonce de Boyhood, c’est ici

Découvrez le classement des 100 meilleurs films de la BBC

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