Imperceptible violence

ysyr_.t | un mec qui te touche les pieds dans le noir avec obsession,
pendant plusieurs mois,
en primaire,
tu ne sais plus vraiment,
tu l’avais supprimé de ta mémoire,
c’est revenu un jour,
t’en as pleuré pendant longtemps.
un mec qui a au moins dix ans de plus que toi,
lorsque tu es au lycée
vient te parler dans le rer,
il te pose des questions,
tu réponds,
poliment,
tu lui dis même où t’habites,
sans te poser de questions,
mais t’as juste envie qu’il parte,
d’être tranquille.
et t’en as croisé des mecs qui viennent te taper la discut,
alors que clairement t’as pas envie de leur parler.
t’en as parlé du fait que t’en avais marre que les mecs t’abordent,
parce que t’aimerais profiter de l’espace extérieur,
sans être considérée comme une femme,
t’aimerais être invisible.
laissez moi en paix.
bref, t’en as parlé,
et on te dit que t’abuses,
il n’a rien fait de mal,
non il n’a rien fait de mal, il a été gentil, m’a posé des questions, m’a demandé si je le gênais,
oui tu me gênes,
vous me gênez.
vos regards posés sur moi en disent long,
marcher dans la rue sans remarques est d’un plaisir!
chaque fois que je vous croise,
j’espère que vous allez continuer tout droit
et fermez votre putain de gueule.
deux mecs plus jeunes que toi
t’abordent à ta gare un soir d’hiver
lorsque tu marches avec ta musique,
t’entends:
« eh bouffonne»
tu te dis, « à qui parlent-ils? »
à toi.
tu t’arrêtes,
tu parles avec eux,
ils te disent que c’est de ta faute si leur train est retardé.
pardon?
tu réponds à leurs questions,
t’as fumé? t’as picolé? tu veux qu’on baise? c’est quoi ton num? t’étais où? tu faisais quoi? tu me passes ton snap? t’es hétero? t’es gouine? t’es quoi?
de l’incompréhension de leur part et de la mienne,
je décide de partir,
ils décident de me suivre,
« on va te suivre jusqu’à chez toi »
là tu commences à avoir un peu peur,
ils commencent à t’insulter,
« jte baise, jte viole »
« ouais tu fais quoi si je te touche les fesses? »
« t’es bouche bée »
heureusement,
leur train est arrivé.




tu fais un audio à ta pote en relativisant,
en disant qu’ils sont sympas, que c’était marrant,
alors que non c’est intolérable.
la seule chose que t’aies pu faire c’est de faire un fuck dans le train où ils se trouvaient.
tu marches dans la rue, 
ton frère est devant,
une voiture passe,
te klaxonne,
t’objectifie,
tu te sens mal,
t’es en mini-short,
tu te juges
et te dit:
« pourquoi t’es habillée comme ça aussi? »
c’est l’été frère c’est pour ça,
mon corps n’a pas à être sexualisé si je ne l’ai pas décidé,
mes vêtements ne te donnent aucun droit.
tu pars en voyage seule en Italie,
tu vois un vieux d’environ 40 ans à l’entrée,
il dort dans le même dortoir que toi,
il te parle, 
tu réponds,
il te demande si tu bois,
veut acheter une bouteille pour boire avec toi,
tu lui dis non,
il y avait auparavant deux filles dans le même dortoir,
elles sont parties.
que des mecs maintenant.
il te dit:
« tu peux me faire un massage? je me mets par terre et tu me marches dessus, t’inquiètes pas une des deux filles l’a fait, je lui ai même fait un massage si tu veux... 😉 »
tu lui dis non,
il s’est mis par terre,
tu lui as marché dessus
sur ce connard,
tu te sens mal,
tu l’évites,
tu réponds peu.
un matin,
t’entends un bruit de clé,
tu te demandes ce qu’il se passe,
t’es pas encore vraiment réveillée,
puis t’entends des pas dans la pièce,
bizarre...
et là,
tu sens
ton drap bouger,
tu bondis
pour ta survie,
vite où sont mes clés!
il bondit,
faisant mine de rien,
tu trouves les clés,
tu ouvres la porte,
tu te réfugies dans les toilettes, 
tu pleures,
mais tu pleures,
t’as même pleuré dans l’église du Vatican pendant plusieurs heures,
lorsque tu l’as dit à la meuf de l’accueil,
tu pleurais,
quand tu l’as dit à tes potes, ta mère,
tu pleurais,
la meuf de l’accueil te dit qu’il va partir,
tu retournes dans la chambre récupérer des affaires au cas où,
il est là,
tu fais vite,
tu pars
toute la journée,
tu l’as passée dehors espérant fortement qu’il soit parti,
quelques jours après, 
tu te réveilles en sursaut en entendant des bruits de clés,
c’était pas lui,
t’as l’impression qu’il ne s’est pas réellement passé quelque chose de grave,
mais si.
une baise,
du sang, 
une capote qui craque,
de l’incertitude,
tu prends la pilule d’urgence,
il te dégage de chez lui après avoir tiré son coup,
t’es frustrée,
tu pleures,
again and again.
et si on jouait à la pétanque?
allez on va mettre une fille dans chaque équipe hein?
parce qu’elles sont faibles et nulles,
c’est bien connu.
résultat ?
deux meufs + un mec qui battent trois mecs,
maintenant,
bah ferme là?
et si on arrêtait d’être polies?
ou plutôt non,
et si vous arrêtiez d’être des connards?

Instagram: @ysyr_.t

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