Chronique internationale #1 – NE TIREZ PAS SUR L’OISEAU BLEU

L’Institut Ouïghour d’Europe organise une manifestation le 2 octobre, place de la Bastille. La jeunesse humaniste est au cœur de la manifestation notamment à travers le mouvement Place Publique, un parti politique européen citoyen qui a pour but de mettre fin au génocide ouïghour.

Nadélia Zulueta Rosales | En ce samedi 2 octobre, la Bastille se revêt de bleu, couleur symbolique des Ouïghours, peuple sunnite de confession musulmane persécuté en Chine. C’est 1l’Institut Ouïghour d’Europe qui est à l’origine de cette manifestation. La lutte n’a pas commencé sur le terrain mais bien sur les réseaux sociaux et plus particulièrement sur Instagram. Jeudi dernier, durant la fête nationale ouïghoure, de nombreux utilisateurs du réseau social ont posté sur leur profil un fond bleu uni. Plusieurs dizaines de milliers de carrés bleus ont été ainsi partagés sur la toile et ce afin de défendre le peuple ouïghour. La bataille s’est par la suite transposée dans la rue. Au même moment, Amnesty International a lancé une campagne mondiale pour dénoncer ce crime contre l’humanité. Torture, emprisonnement dans des camps de concentration, viols systématiques, stérilisation des femmes ouïghoures, c’est la disparition d’un peuple, d’une identité religieuse et culturelle qui est en jeu. Au total, Amnesty International recueille 250 000 signatures. Cette lutte a lieu sur tous les fronts.

Une jeunesse au front
Les jeunes sont présents et viennent de tout horizon.Sous la grisaille et la pluie, parmi les drapeaux bleus, cette jeunesse engagée boycotte les marques et dénonce la complicité des firmes textiles comme Zara et Nike, qu’ils traitent d’esclavagistes. Dans le cortège, de nombreuses pancartes épinglent quatre géants du prêt-à-porter: Uniqlo France, le groupe Inditex : Zara, Bershka et Massimo Dutti ; le groupe SMCP : Sandro, Maje, ou encore de Fursac, ainsi que les chaussures de sport Skechers. Parmi les pancartes et les drapeaux des slogans retentissent d’abord en anglais : « Génocide China », « Killer Xin Jinping », puis en français: « génocide en cours, sauvons les Ouïghours » « on avait dit quoi ? Plus jamais ça ! ». Leurs revendications sont simples : fermer les camps de concentration et libérer les ouïghours. Le rendez-vous se termine place de la République, les drapeaux bleus se rassemblent, les parapluies s’élèvent, la pluie n’efface pas les écriteaux et les dessins sur les pancartes.

La cause ouïghoure rassemble et unit cette jeunesse humaniste désormais au front d’un même combat.

Quand Les oiseaux bleus déploient leurs ailes…

Les oiseaux bleus montent sur scène, déploient leurs ailes, osent avouer l’inavouable.


« Mon père, poète, a été arrêté et enfermé dans un de ces camps soi-disant de rééducation en 2017 », témoigne un Ouïghour réfugié en France. « Il n’en est jamais ressorti. Je ne sais pas où il est, personne ne le sait », conclue-t-il avant de laisser le micro à un autre oiseau bleu.

Les prises de parole s’enchaînent , les témoins se succèdent, la pluie matraque ces témoignages implacables. Les manifestants l’oublient, écoutent, applaudissent, huent l’inavouable. Leur message est entendu, la jeunesse reprend le flambeau.

Un parti au cœur du combat.
Parmi la foule, des jeunes se démarquent. Ce n’est pas la couleur bleue qu’ils abordent, mais le jaune et le noir : le mouvement2 Place Publique est en marche ! Lancé fin 2018 par Raphaël Glucksmann et Aurore Lalucq , ce mouvement politique citoyen entend construire un nouveau projet, afin que justice sociale et justice écologique deviennent indissociables. Citoyens et citoyennes, cette jeunesse mène les combats et les luttes humanistes de demain. Avides d’engagements, les membres se relaient autour de ce même combat, lancé par le fondateur du mouvement : Raphael Glucksman. Le député européen a été le véritable porte-parole de ce génocide. Son objectif est simple :” mettre fin au pire crime contre l’humanité du XXIème siècle.”


« Tant que les ouighours continueront d’être persécutés, je serai là, nous serons là ! » répond Zélie, étudiante en science politique à l’UPEC et membre du parti Place Publique. « C’est la disparition de tout un peuple qui est en jeu et je refuse que cela arrive. »

Les oiseaux bleus peuvent prendre leur envol auprès de la jeunesse, le combat continue !

Notes complémentaires :

  1. L’IODE, 2019, À propos de l’IODE (uyghur-institute.org)
  2. Place publique, 2021 30 septembre, Place publique – Mouvement politique citoyen (placepublique.eu)

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