Chronique internationale #6 – L’autoritaire Daniel Ortega

Mathieu Lagarde | Entre 1936 et 1979, le Nicaragua était gouverné par le régime dictatorial d’Anastasio Somoza, lequel était arrivé au pouvoir avec le soutien du gouvernement des Etats-Unis. Cependant cette dictature prend fin en 1979 avec le coup d’Etat de la guerilla révolutionnaire sandiniste1. Daniel Ortega, qui était un des dirigeants de la guérilla sandiniste, devient alors président du Nicaragua jusque dans les années 90. En effet, les élections organisées en 1996 ne lui permettent pas de rester à la tête du gouvernement. Acceptant le verdict du scrutin, Daniel Ortega cède la présidence à son adversaire conservateur Arnoldo Aleman. Mais Daniel Ortega ne reste pas longtemps dans l’ombre, et revient au pouvoir grâce aux élections présidentielles de 2006, qu’il remporte en s’alliant avec des partis de droite.

Depuis, on constate que Daniel Ortega a mis en place des stratégies qui visent à renforcer son pouvoir, comme par exemple le contrôle des médias, des élections et du gouvernement. En effet, lorsqu’il arrive au pouvoir en 2006, Daniel Ortega propose Rosario Murillo, son épouse, comme vice-présidente, ce qui lui permet d’assurer son autorité au sein du gouvernement. Trois des six fils du couple présidentiel sont à la tête de la plupart des radios et des chaînes de télévision, ce qui permet d’assurer l’autorité présidentielle au sein des médias. Enfin, le 7 Novembre dernier de nouvelles élections présidentielles se déroulaient au Nicaragua. Cependant, les résultats de ces élections n’ont suscité aucune surprise puisque les adversaires d’Ortega qui étaient véritablement susceptibles de remporter les élections et de battre le président sortant ont été placés en détention ou forcés à l’exil dans les mois qui ont précédé sa réélection, telle que Cristiana Chamorro2, interpellée le 2 Juin dernier.

On assiste donc au Nicaragua à un renforcement des dynamiques autoritaires qui laisse craindre une hausse des inégalités. En effet, les responsables politiques étrangers ont fortement critiqué les élections du 7 Novembre et la politique du président Ortega, à l’image du haut représentant de l’Union Européenne pour les affaires étrangères, Josep Borrell, qui a qualifié le gouvernement d’Ortega de dictature. Et bien que le pays soit en récession depuis 2017, quelques uns ont aussi usé de leur influence pour établir des sanctions économiques et commerciales, comme par exemple les Etats-Unis qui ont élaboré un projet de loi visant à exclure le Nicaragua du Central America Free Trade Agreement, accords de libre-échange entre les Etats-Unis, la République dominicaine et l’Amérique centrale.   

Notes complémentaires

  •  1. Cette guerilla porte le nom du révolutionnaire Augusto Sandino, assassiné en 1934 et dont l’anti-américanisme, l’Etat de droit, le pluralisme politique, la limitation des mandats présidentiels, la justice sociale, l’anti-corruption et la lutte contre le népotisme étaient quelques idéaux.
  • 2. Cristiana Chamorro est journaliste et fille de l’ancienne présidente du Nicaragua Violeta Barrios de Chamorro. Elle a été accusée de blanchiment d’argent et se trouve désormais maintenue en résidence surveillée à Managua.
  • Source image : Sur un mur de Managua, une immense affiche électorale à la gloire du président et de la vice-présidente du Nicaragua : Daniel Ortega et sa femme Rosario Murillo. / Stringer/Reuters. Vu dans La Croix.

 

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