Festival Art Immersif – Atelier des Lumières

Fanny Larade | Lorsqu’en 2013 Bruno Monnier, Président de Culturespaces, décida de remettre au goût du jour l’ancienne fonderie de la rue Saint Maur (11ème arrondissement) ce fut en quelque sorte un nouveau défi qui vint s’offrir à lui : celui d’y ouvrir le premier centre d’art numérique de Paris après l’ouverture des Carrières des Lumières (2012). Pari réussi puisque cinq ans plus tard, le projet finit par aboutir. Il s’avérera être un vrai succès avec une exposition permettant une expérience d’immersion au spectateur autour d’une rétrospective des œuvres de Gustav Klimt

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MODERNITÉ – Nouvelles Vagues – n°12

Nouvelles Vagues – Modernité – n°12

La modernité se ressent-elle comme la voie (ou la voix) d’une évolution ? “Nous allons moderniser …” sonne un peu comme un but à atteindre. Et combien de fois l’avons-nous entendu ? La “modernité” traduirait donc un souhait cher à l’Homme, presque inévitable et attendu. La modernité se perçoit aussi comme un constat. Des évolutions aux améliorations (certains se demanderont si elle le sont toujours ?) en passant par de nouvelles créations et autres inventions quelles qu’elles soient, sont observées avec autant d’yeux curieux. Observons ce passé qui se délaisse de sa période pré-moderne. Le changement s’inscrit alors dans la rétrospective. Soulever le premier tapis d’idées et elle en émergera aussitôt, la modernité se veut omniprésente. Elle s’impose aux projets, reformule les théories, façonne l’art, joue sur les mots et ne se contente plus de Proust ou Valéry. Tel un écho au présent toujours en mouvement, elle prend place dans chaque quotidien. La modernité est “être”. Elle est la cause et la conséquence de tant d’actions. S’adjoignant une autre caractéristique, celle d’outil, elle devient un moyen, celui nécessaire à la concrétisation d’un objectif. La modernité est capable de choquer, heurter les habitudes ancrées, c’est une énergie. Ses résultats se parent d’ailleurs de bon nombre de qualificatifs ou du moins de réactions. Utiles, innovants, révolutionnaires … Ou leur contraire feront tout aussi bien l’affaire. La modernité a la faculté de suivre l’Homme ; l’inverse quant à lui s’avère tout aussi remarquable. Grandissant avec lui, s’immisçant dans son environnement, elle devient “avoir”. La modernité a ce quelque chose qui désormais naît sans que l’on ne s’en rende compte, sans que l’on puisse toujours l’arrêter. Energie sans cesse renouvelée et malléable, elle devance le présent pour mieux nous accueillir, nous surprendre, mais aussi nous aider, ou pas. Quelle modernité souhaitons-nous à présent ? La modernité est partout, pas toujours visible, mais en prenant le temps de l’observer, l’expérience nous ouvre quelques portes sur l’utile, l’agréable, l’émerveillement, le développement, le progrès, passés, présents … Et pour vous, quelle est votre modernité rêvée ?

L’équipe de Nouvelles Vagues

Nouvelles Vogues Togeth’Her : femmes inspirantes et artistes contemporain

Camille Belot | Dans une petite galerie du 11 quai de Conti, une trentaine de fausses couvertures du magazine Vogue sont affichées sur les murs. Pourtant loin d’avoir visité le musée de la parodie (est ce qu’il existe ?) ou une rétrospective expectative de la presse féminine du futur, je me suis plutôt retrouvée au milieu de portraits de femmes talentueuses et inspirantes !

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Préparation aux entretiens franco-allemands de Nancy #2

Sarah Bronsard | Jour 2 – Fin des travaux et simulation d’un Conseil des ministres franco-allemand.

La deuxième journée de préparation a commencé par un atelier linguistique. A 9h, nous avons enchaîné avec l’élection d’un « chancelier allemand » et d’un « Président de la République française », chargés de diriger la simulation du Conseil des ministres l’après-midi et de présenter les résultats des étudiants le lendemain aux anciens ministres, députés et experts, lors des entretiens franco-allemands. Une fonction très importante, que j’étais prête à prendre : je me suis donc portée candidate. Raphael Bucher, étudiant à Sciences Po Nancy a été élu chancelier et moi, Présidente de la République, par une quarantaine d’étudiants. Lire la suite

Au-delà des toiles : promenade à Orsay

Sarah, le 20/07/16

Attention, spoilers.

Exposition. Au-delà des étoiles. Le paysage mystique de Monet à Kandinsky.

Comment entrer dans un paysage, thème privilégié des peintres, sans s’y perde ? Dans la profusion des toiles qu’offrent le thème, l’exposition choisit judicieusement une entrée : celle du mysticisme dans les tableaux de la fin du 19ème et début du 20ème.

On a connu ces dernières années des expositions riches mais un peu fourre-tout à Orsay qui essayent de tout montrer et de tout dire d’un thème assez large. Ici, mettre des bornes temporelles et thématiques permet de se concentrer sur l’essentiel : l’émotion que procurent certaines œuvres en nous montrant des paysages naturels ou urbains, presque désertés de figures humaines. Les œuvres d’un même peintre sont souvent regroupées – ou peu espacées – ce qui nous permet de « passer un peu de temps » avec un peintre, d’avoir le temps d’apprécier son travail.

Le chemin de l’exposition, qui nous mène jusqu’aux étoiles, montre différentes façons d’envisager ce « mysticisme », cet « au-delà du paysage ». L’ancrage théorique est bien posé avec des peintres qui comme Kandinsky qui ce sont intéressés au Spirituel dans l’art, le thème est également illustré de manière presque explicite avec des peintres peignant des figures religieuses dans les paysages, ou encore en lien avec la poésie et les correspondances de Baudelaire. L’exposition se clôt, là encore habilement, entre un « au-delà » qui est celui de la guerre – donnant des airs d’apocalypse au paysage tout en le défigurant – et celui de l’univers, qui défie les formes terrestres.

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La scénographie est habilement menée. L’entrée dans l’exposition n’est pas introductive, elle frappe directement, à peine a-t-on posé le pied dans la première salle que l’on trouve à sa gauche les quatre tableaux de Monet dépeignant, en des temps et avec des harmonies de couleurs différentes la cathédrale de Rouen, et à sa droite, les meules, à la fin de l’été et sous la neige. Ces deux séries de tableaux accueillent dans l’exposition et poignent, immobilisent (créant d’emblée un bouchon dès l’entrée !), on repartirait presque après les avoir vues tant elles semblent tout dire de cet « au-delà des toiles », tant elles happent le regard vers un horizon de couleurs, capables de renvoyer une émotion, si ce n’est mystique, artistique ou poétique. Monet s’est d’ailleurs défendu, pour les Nymphéas dont on trouve trace un peu plus loin, d’être autre chose que « réaliste ».

L’on se meut dans les différentes salles de telles façon à entrer parfois directement dans un paysage. Peut nous attendre, plus discrètement, dans le coin d’une pièce, un tableau qui nous mène sur le silence de la place Saint-Marc (La Place Saint Marc au crépuscule, Henri Le Sidanier). La dernière salle, ovale, se rapporte à un cosmos représenté sous des formes circulaires, du soleil de Munch à la toile ronde de Giacommetti. L’on peut s’asseoir et se laisser bercer par l’ « unanwsered question », en savourant les dernières lueurs de l’exposition.

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Peut-être que des professionnels de l’art trouveront le thème trop scénarisé (on a même été enclin a parlé de « spoilers ») ou simplifiée. Mais j’ai trouvé belle l’exposition, simple et maline car elle laisse le temps de retenir certaines œuvres, d’en être ému et le parcours est rendu intelligible. L’on peut trouver cette fin dans le cosmos assez grandiloquente, et j’aurais peut-être aimé terminé dans un plus grand dénuement, peut-être avec une mystique qui n’est que la poésie réaliste de Monet…

L’on peut se dire ainsi la boucle et bouclée, et qu’avec le paysage, les peintres imposent – comme d’ailleurs les poètes à la même époque, la tension de lignes d’horizon, de lignes courbes, dans la fixité et la quadrature du cadre, à l’origine peut être, de nos émotions.