Fresh Off the Boat : la sitcom américaine retraçant la vie d’une famille d’origine asiatique

Lucie Flaust | 2018 a été une année importante dans le monde du cinéma en ce qui concerne la représentation des minorités à Hollywood même si, avant cela, quelques séries ont, elles aussi, pu tirer leur épingle du jeu. En effet, nous avons pu retrouver dans nos salles des films tels que Black Panthers, qui permettent de mettre en avant une représentation africaine et afro-américaine.

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Top 5 séries 2016 : Mickaël A.

L’année 2016 a eu droit à son habituel lot de nouvelles séries télé et nouvelles saisons. En tant que sérivore aguerri, je me suis plongé dans des univers aussi différents que prenants. Ce top 5 n’est donc absolument pas objectif, ce n’est qu’un aperçu de mes découvertes et autres bonnes surprises. Il se compose de quatre séries reconduites en 2016 et d’une création originale. Promis, je n’ai pas passé une semaine complète à binge watcher toutes ces séries !

Ah oui, j’oubliais : Spoiler Alert ! On ne sait jamais.

5 – Daredevil, saison 2dd© Netflix

Alors que Matt Murdoch, mieux connu sous le nom de Daredevil, pense avoir apporté calme et justice dans le quartier de Hell’s Kitchen, Frank Castle, un homme motivé par la vengeance surnommé The Punisher, entreprend sa propre croisade. L’homme sans peur doit alors s’opposer à lui et parvenir à trouver un équilibre entre son travail d’avocat et sa vie de justicier. Une vie mouvementée, en somme, à laquelle se rajoute le retour d’Elektra Nachios.

Dans cette nouvelle saison, on a retrouvé tout ce qui nous a rendu accro au justicier aveugle. L’ambiance y est toujours aussi sombre et l’intrigue est torturée à souhait. La bande son est choisie avec soin pour accentuer cette ambiance chargée d’action. Le casting s’agrandit pour accueillir Jon Bernthal (Walking Dead), ainsi qu’Élodie Yeung incarnant Elektra, jeune femme magnétique et sensuelle, bien loin de l’interprétation fade de Jennifer Garner en 2003 et en 2005.

4 – Orphan Black, saison 4ob© BBC (British Broadcasting Corporation)

Dans cette saison, Sarah et les autres clones féminins se retrouvent en terres inconnues lorsqu’elles se rendent compte qu’il existe également des clones masculins. Elles découvrent qu’elles sont plus vulnérables que jamais. Sarah, Cosima, Alison et Helena sont plus fortes ensembles que séparées et cette saison va mettre leur lien à rude épreuve. Vont-elles enfin découvrir la vérité sur leurs origines ou tomber sous la coupe des organisations qui tentent de les contrôler ?

Tatiana Maslany, actrice principale qui joue près de douze rôles dans la série, est impressionnante. Le jeu d’actrice de Maslany et l’écriture des personnages sont si bien menés que chaque clone a sa propre personnalité distincte et les différencier est un jeu d’enfants.

La saison trois est riche en rebondissement et n’apporte que très peu de réponses aux questionnements des saisons une et deux. Bien au contraire, elle en soulève deux fois plus ! Sachant que la saison 5 sera la dernière, je n’ai qu’une seule question en tête : comment vont-ils réussir à mettre un point final à cette série en répondant à toutes les questions soulevées au fil des épisodes ? Une chose est sûre, j’en attends la fin avec impatience.

3- Steven Universe, fin de la saison 2, saison 3, début de la saison 4su

© Cartoon Network

Steven Universe, un jeune humain, a grandi avec les Crystal Gems, des combattantes extraterrestres rebelles et les accompagne dans leurs aventures pour protéger la Terre de toute sorte de danger. Au long de son voyage initiatique, Steven va grandir et découvrir les secrets de ses mentors et amies Gems tout en gardant son innocence et son sens de l’honneur qui le rendent si spécial.

Cela fait trois ans que Steven Universe existe et, saison après saison, Rebecca Sugar et Cartoon Network arrivent toujours à surprendre. Tout dans ce petit joyau est digne de votre intérêt. L’animation et les dessins sont d’une qualité remarquable, l’évolution de chaque personnage est digne d’un roman, la bande son est d’une rare justesse pour un cartoon et Steven est simplement le héros le plus adorable du petit écran à ce jour.

On pourrait penser que Steven Universe n’est qu’un autre show abrutissant pour les enfants mais détrompez-vous. Cette série aborde avec subtilité des questions comme le vieillissement, la peur de la solitude, la perte d’un être aimé ou encore l’amour, toute forme d’amour, peu importe le genre. En effet, c’est un des éléments les plus remarquables – et attaqué – de Steven Universe. Des amours homosexuelles sont centrales dans l’intrigue et peintes avec finesse, loin des habituels clichés.

2 – How to Get Away with Muder, saison 3

murder© ABC

Cette saison se déroule quatre mois après la fin de la précédente. Annalise Keating décide d’ouvrir un institut de conseils juridiques gratuits et se retrouve confrontée aux conséquences de son alcoolisme. La tension est à son comble et les relations entre les étudiants d’Annalise se dégradent, tandis que chacun voit ses valeurs être questionnées tour à tour.

Le mystère couvrant les neuf premiers épisodes concerne l’incendie qui a ravagé la maison d’Annalise et la mort d’un personnage principal qui en résulte, du flashback initial à la résolution tant attendue.

Après deux saisons de qualité, Murder continue à tenir ses spectateurs en haleine avec des intrigues bien ficelées, intéressantes et surprenantes. Les scénaristes se permettent des retournements de situation audacieux pour une série si jeune.

Il est évident que Viola Davis (Annalise) est pour beaucoup dans le succès et la qualité de la série. Cette femme est impressionnante. En incarnant Annalise, elle arrive à jouer cette femme tyrannique et fragile, que l’on croit parfois sincère, sans en être jamais certain.

Le reste du casting est tout aussi intéressant et on retrouve des acteurs comme Alfred Enoch (saga Harry Potter) ou encore Matt McGorry (Orange Is the New Black) et Liz Weil (Gilmore Girls).

1 – Stranger Things, saison 1

st© Netflix

Lorsque Will, un jeune garçon, disparaît, ses amis Mike, Lucas et Dustin partent à sa recherche. Ils découvriront que la petite ville de Hawkins, Indiana, cache bien des mystères : expérimentations secrètes et forces surnaturelles terrifiantes sont le lot de ces enfants en quête de réponses. Se joint à eux une bien étrange fillette qui semble en savoir plus qu’elle n’ose l’avouer.

Imaginez une série des année 80, faisant référence à Marvel, où science-fiction et monde de l’enfance se mêlent. C’est là le chef-d’œuvre des frères Duffer.

La bande son est parfaitement maîtrisée et donne à l’ensemble cet aspect rétro qui rend si bien hommage à la vieille SF. Le scénario et l’écriture des personnages sonnent juste et nous donnent à observer aussi bien une mère touchante, jouée par nulle autre que Wynona Rider (parfaite dans ce rôle), qu’une gamine aussi badass que mignonne, interprétée par Millie Bobby Brown, dans un premier rôle époustouflant. Finalement, les décors sont simplement magnifiques. Les différentes forêts présentées, s’accompagnant d’un jeu de clair-obscur inquiétant, m’ont laissé un très bon souvenir.

Après la fin ouverte de la saison 1, je ne peux dire qu’une chose : vivement la saison 2 !

Mickaël A.

Gotham : la ville sans super-héros

gotham

Warner Bros. Television

Depuis septembre 2014, Gotham revisite sur le petit écran l’univers tant représenté de Batman. La série en est actuellement à sa saison 3, et elle ne s’essouffle pas.

Batman est un des super-héros les plus lus. DC a vu naître de ses comics de nombreuses adaptations : films, séries d’animation, etc. Il paraît alors aisé de produire une série mettant en scène le chevalier noir. Le sujet allait forcément attirer un large public de fans. De plus, Batman n’est plus qu’une figure propre de la pop culture, puisque le super-héros s’inscrit désormais dans une culture de masse ; pour Batman, ce passage s’est fait notamment grâce à Nolan, s’inspirant de l’univers de DC Comics sous les projecteurs du blockbuster.

Pour autant, le pari n’était pas gagné. On le sait tous, une série dans les années 2010 doit faire ses preuves. Certes, Gotham porte à la télévision un medium attrayant et grand public, mais c’est bien parce que ce grand public se compose de fans que la tâche est rendue plus complexe.

Gotham est ainsi une bonne série, puisqu’elle a su dépasser le simple cadre de son univers d’origine, tout en s’imposant dans l’univers télévisuel. En voici les trois raisons principales.

1 – Bien plus qu’une adaptation, une série des origines de l’univers

Gotham n’est pas à proprement parler une série sur Batman. Bien loin du Batman Begins de Christopher Nolan, il ne s’agit pas ici de se focaliser sur les événements menant Bruce Wayne à endosser le costume du justicier masqué. Bruce Wayne existe bel et bien dans Gotham, mais ce n’est qu’un jeune adolescent, qui ne deviendra Batman certainement que quand la série se terminera.

Voir Batman est secondaire : il est le produit de Gotham City, il est le justicier dont la ville dystopique a besoin. Bruce Wayne adolescent, lui, ne comprend pas encore tout à fait les codes de cette ville modelée par le crime. Il apprend peu à peu à y vivre, à s’adapter à ce monde crépusculaire, sans que Gotham ne lui soit toutefois jamais vraiment familier. Regarder Gotham, c’est accepter le fait de ne jamais voir Batman, qui n’en est absolument pas le personnage principal. Gotham réussit le pari de réaliser une série fondée sur Batman où il n’y a aucun super-héros.

2 – Gotham, le théâtre du crime en huis clos

On pourrait presque dire que le personnage principal de la série serait la ville elle-même. Conçue comme un huis clos, Gotham City semble être isolée et le monde autour d’elle importe peu. Les lieux de la série, adaptés des comics, sont en soi des huis clos moteurs de la représentation du crime. L’asile d’Arkham, d’abord, a abrité dans son enceinte les plus grands antagonistes de l’univers. Lieu symbolique de la folie, Arkham est une vision extrême de Gotham, où le vice est latent et omniprésent. L’antenne du GCPD, ensuite, donne à voir cet entre-deux entre la justice et le crime. Le seul héros de la série, James Gordon, est la figure dominante du GCPD. Pourtant, même lui est en proie constante à remettre en cause l’efficacité de la loi. La justice n’est jamais plus qu’une illusion, puisque le GCPD ne semble être qu’un lieu transitoire de justice, les criminels arrivant tous plus ou moins facilement à s’en évader. Enfin, les rues même de Gotham sont animées par le crime. Le véritable « mal » ravageant Gotham se propage dans les ruelles les plus sombres, avant de s’exposer au grand jour, face au monde, dans les rues de la ville, où tout le monde est spectateur de la violence. Gotham est en constante transformation, et le « mal » s’insinue perpétuellement dans les rues, afin de pervertir les consciences, pour que chaque spectateur choisisse entre devenir le bourreau ou la victime de cette violence implacable. Et il n’y a aucune autre issue possible.

3 – Un monde sans super-héros, peuplé par les super-vilains

Un justicier naît souvent quand un univers est en manque de justice. Gotham développe ainsi brillamment l’atmosphère dysphorique du crime, des manigances et des jeux de pouvoir. Le monde souterrain est rendu légitime.

La singularité de cette série se construit par les multiples identités du crime. La naissance de Batman importe moins que l’émergence de tous les antagonistes peuplant l’univers DC Comics. Charismatiques, fascinants et désenchantés, les super-vilains s’inscrivent d’autant mieux dans un monde contemporain où la quête de justice se veut de plus en plus illusoire.

Finalement, on ne suit pas le combat d’un super-héros mais on suit à la place les trajectoires diaboliques de personnages qui redéfinissent le rapport à l’ordre individuel, puis à l’ordre collectif, en s’affrontant et se confrontant les uns aux autres.

Jean-Baptiste Colas-Gillot

 

House of Cards

Paulina GM, le 22/09/2013

« Aimer le mal par le mal »

House of Cards a quelque chose d’irrémédiablement attractif. Est-ce dû aux riches idées de mise en scène, aux personnages hauts en couleurs, à l’intrigue originale ou à la perversité maladive de cette série? Ce qui est sûr c’est que la nouvelle série diffusée sur canal + a créé le buzz aussi bien en France qu’Outre-Atlantique. 

Elle est l’une des premières séries diffusées par Netflix. Aux Etats-Unis, Netflix c’est tout un monde. Cette chaîne qui coûte 12euros par mois permet à ses abonnés d’accéder à un nombre de films considérables et de recevoir autant de DVD qu’ils le souhaitent. Encouragée par son succès la chaîne américaine commence à s’implanter en Europe. Son efficacité en tant que distributrice et ses choix artistiques peuvent faire rougir nos chaînes. En produisant House of Cards, Netflix affirme sa passion pour le cinéma car c’est effectivement bien le septième art qui hante cette série. 

Elle même tirée du roman de Michael Dobbs puis de la mini série britannique éponyme, elle a été “développée” par Beau Willimon, celui qui a écrit la pièce de théâtre qui inspira Les marches du Pouvoir, réalisé par George Clooney. Surtout les deux premiers épisodes ont été réalisés par David Fincher, également producteur avec l’acteur principal : Kevin Spacey. Les deux se connaissent bien puisque Spacey a joué dans Seven en 1995. Leur collaboration permet à la série de dépasser les nanars politiques en prenant à parti le public auquel s’adresse directement le personnage principal. Une idée géniale qui met le spectateur en position de voyeur, ce qui rend la chose d’autant plus excitante et/ou écœurante, on ne sait pas et c’est bien là le génie.


Kevin Spacey a déjà endossé, entre autre, le rôle d’un psychopathe et d’un grand méchant loup de la finance (dans le très bon Margin Call). Cette fois il interprète Frank, un manipulateur de première qui ne désire qu’une chose : devenir vice président des États-Unis pour obtenir toujours plus de pouvoir. Soutenu par sa femme, interprétée par une implacable Robin Wright, il met une à une les pièces sur l’échiquier pour jouer le dernier coup en temps voulu. Si quelques péripéties peuvent parfois ennuyer, elles seront toujours utiles pour cerner le personnage qu’on hésite, pendant un certain temps, à haïr ou à vénérer. C’est surtout là que réside la réussite de House of Cards, le dégoût total de ses pratiques ne nous empêchent pas d’être complice des réussites ou des échecs de Frank. Les superbes images sont toujours là pour que le spectateur puisse facilement s’immiscer dans le champs, comme s’il faisait lui-même parti des décors de Washington. Cette impression est évidemment renforcée par le dialogue qui s’installe entre lui et Frank. Ce personnage, inspiré par le Richard III de Shakespeare, transpire la corruption comme nombre de nos politiques aujourd’hui, ce qui rend la série encore plus fascinante et audacieuse. Le goût du scandale et du vice, l’excuse du mal nécessaire, l’adoration du pouvoir avant celle de l’argent, c’est cela qui créé Franck mais c’est aussi cela qui attire les millions de téléspectateurs.

Perverse jusque dans sa réception on attend avec impatience la saison 2 qui devrait sortir en 2014…