Joker : Quand un rire dépeint un personnage

Delia Arrunategui / @arrunategui22 | Le rire, ce phénomène d’empathie et de légèreté assez fondamental, devient dans le film Joker un des composants clé pour entrer dans la peau du personnage central. Comme le dit un vieux proverbe : « les yeux sont le miroir de l’âme », car ils sont censés refléter nos émotions et nos sentiments. Nous pouvons attribuer au rire la même particularité, même si certaines fois il peut être involontaire, nerveux ou même pathologique ; il reste le moyen non-verbal le plus direct pour montrer et transmettre nos ressentis. 

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Projet Include : vivre sa citoyenneté européenne à Paris

Sarah Bronsard | Paris – Du 23 au 25 octobre, les résultats du projet INCLUDE (Initiatives nouvelles pour la citoyenneté locale et urbaine des Européens) ont été présentés lors d’un colloque organisé à l’Hôtel de Ville. Né le 10 mars 2018, ce projet a été lancé par la Ville de Paris en coopération avec les Jeunes Européens France et le Forum civique européen.

Quels objectifs ?

Le projet INCLUDE a pour ambition de promouvoir la citoyenneté européenne. Comment encourager les citoyens à vivre cette dernière ? De quoi s’agit-il exactement ? A quels droits donne-t-elle accès ? Autant de questions que se posent les ressortissants des pays membres de l’Union européenne, venant d’arriver dans la capitale. Le but est donc également de les inclure davantage dans la vie parisienne. Le troisième objectif découle des précédents : servir d’inspiration pour d’autres villes européennes.

Quelles actions ?

Afin de mettre en place ces objectifs, de nombreuses actions ont été menées durant les deux dernières années. La création d’un comité consultatif de citoyens européens, le Conseil parisien des Européen·ne·s, est l’une des actions principales. Par ailleurs, 24 ateliers citoyens et 24 interventions des Jeunes Européens durant des événements dédiés à l’Europe ont été organisés afin d’informer sur les droits électoraux, et sur les implications concrètes de la citoyenneté européenne, adoptée en tant que telle par le traité de Maastricht de 1992. 

L’ouverture du colloque 

Comment vivre sa citoyenneté européenne dans sa commune ? Tel a été le fil rouge pendant trois jours. Pour aborder cette problématique, des tables rondes, des conférences et des ateliers ont été organisés visant à la sensibilisation citoyenne. Sans oublier les moments conviviaux propices à l’échange interculturel. 

Mercredi 23 octobre, le colloque débute par une table ronde autour de la citoyenneté européenne à l’échelle locale, suivie d’une pièce de théâtre : « L’Europe à la barre ». Un faux procès de l’Europe est mis en scène par une troupe de musiciens et comédiens professionnels. La journée se termine par un buffet dînatoire. 

Les conseils consultatifs de citoyens non-nationaux : un moyen d’inclusion ?

Le lendemain matin, des intervenants de différents conseils consultatifs citoyens nous expliquent leur travail. Venus de Strasbourg, de Grenoble et de Paris, la présence du Conseil Parisien des Européen·ne·s est particulièrement intéressante, dans la mesure où il est une des création principales du projet Include. Elena Italiani, italienne, et Frédéric Couffin, franco-allemand, témoignent de leur travail  et surtout de la passion qui les anime à lier l’Union européenne et l’engagement local. En effet, les membres du Conseil tirés au sort représentent tous un pays européen et sont donc un interlocuteur privilégié des ressortissants de l’UE fraîchement arrivés à Paris. « C’est très excitant de pouvoir participer à la première année de ce conseil, à cet espace de parole où 60 personnes vivant dans la même ville, puissent parler de problématiques liées à l’Europe au niveau local », nous confie Elena. 

La parole aux citoyens !

L’après-midi, des ateliers thématiques sont organisés. La particularité ? Le public est invité à échanger directement avec les experts. A l’issue des échanges, des propositions concrètes, des « fiches action » sont élaborées et rendues publiques pour que d’autres villes puissent s’en inspirer. C’est aussi une manière de valoriser le travail des participants en communiquant ces résultats aux mairies et aux collectivités territoriales. 

Outre les conseils consultatifs, des ateliers sur les actions de rue, sur les outils pédagogiques et les actions innovantes sont organisés. Le public se répartit dans chacun des groupes de travail. 

Pour ma part, je participe activement à l’atelier « L’Europe dans les médias », animé par le journaliste européen Simon Marty qui nous explique son travail pour Euradio. 

Décalage entre médias et citoyens 

Nous commençons par énumérer les problèmes liés au décalage entre les médias et les citoyens : des problèmes de vocabulaire, les règlements, avis et directives sont autant de termes techniques qui compliquent la compréhension, rendant les articles souvent inaccessibles, alors même que les médias sont censés être les curseurs pour s’adresser à un public ciblé. Le deuxième problème est lié aux « fake news » qui sèment la méfiance et rendent les sources difficilement vérifiables. A cela s’ajoute également un décalage entre l’immédiateté de l’information disponible sur Internet et les médias ayant besoin de temps pour rédiger leurs articles. Enfin, comment parvenir à s’adresser aux citoyens de tout le territoire ? A titre d’exemple, les grands quotidiens ne proposent pas de rubrique européenne, mais passent du national à l’international, sans passer par l’échelle européenne. Comme si elle n’existait pas. Ce choix crée évidemment une distance supplémentaire avec l’Europe qui est pourtant présente au quotidien.

Nos solutions

Une fois que nous avons fait l’inventaire des problèmes, nous élaborons une liste de priorités orientées autour de trois axes principaux. 

  1. Sensibilisation et éducation aux médias

Pour nous, l’angle d’attaque passe tout d’abord par une sensibilisation et une éducation aux médias. A travers des jeux, des mini-séries, des formats ludiques et l’influence considérable des youtubeurs et influencers, les citoyens seront davantage intéressés et sensibilisés à des contenus qui diffèrent de l’actualité et de l’image souvent froide qu’ils ont des institutions technocratiques de Bruxelles. Une idée émerge : une émission « Top chef » européenne au cours de laquelle serait élaboré un repas composé de différentes spécialités du continent. Une entrée suédoise, un plat grec, un dessert espagnol ! 

  1. Les rencontres interculturelles et l’appel aux GAFA 

Le deuxième axe s’articule autour de rencontres interculturelles. Le succès d’Erasmus atteste de l’importance qu’il convient d’accorder à l’échange socio-culturel, l’immersion dans un autre pays étant une expérience inoubliable. Alors, valorisons les fêtes de voisins entre ressortissants de l’Union européenne autour de repas typiques des différents pays d’origine. Redonnons un nouveau souffle à la Journée européenne et aux échanges de jeunes, notamment du milieu professionnel. 

Quant au financement de cette « réforme médiatique », nous proposons de faire appel aux GAFA. (Google, Apple, Facebook, Amazon.) 

« On ne naît pas Européen, on le devient ! »

Vendredi matin, tous se réunissent à nouveau pour la dernière journée du colloque INCLUDE. Le matin, une restitution des ateliers permet de découvrir les réflexions menées dans les autres groupes de travail. Le groupe des actions de rue s’est penché sur la question de sensibilisation de citoyens dans les milieux populaires et à l’échelle locale. Des blind-tests musicaux avec des paroles « choc » de députés européens viseraient à interpeller les passants. L’atelier « Actions innovantes » propose le développement de simulations du Parlement européen pour que tous puissent s’approprier le fonctionnement des institutions de manière plus ludique. En outre, la création de plateformes numériques dédiées aux Européens mobiles,  la valorisation de témoignages de jeunes ayant effectué un service civique européen ou encore le développement de débats et de concours d’éloquence dans le milieu académique font partie des idées qui émergent. 

« On ne naît pas Européen, on le devient ! » Les membres des conseils consultatifs mettent en avant leur expérience. C’est un travail de longue haleine. Tous ceux ayant participé à un projet européen en sortent changés. Les liens, la solidarité interculturelle et intergénérationnelle permettent de développer un sentiment d’appartenance à cette grande communauté que constitue l’UE.  

Plénière de clôture : quelles sont les valeurs européennes ? 

« L’Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, de l’État de droit, ainsi que de respect des droits de l’homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités. »(Article 2, TUE). Voici comment Jean-Marc Roirant, Président du Forum civique européen, choisit de débuter son intervention. Impossible de finir ce colloque sans rappeler les valeurs fondatrices de l’UE !

Des valeurs menacées, l’UE dépassée ? 

Ces valeurs sont cependant menacées par la montée des nationalismes et populismes dans beaucoup de pays européens. En Hongrie, le Premier ministre Viktor Orbán remet en cause les principes fondamentaux de l’État de droit en muselant la presse et la justice. Face à ce développement inquiétant, l’Union européenne semble rester l’arme au pied, poursuit l’intervenant. Bien que le Parlement ait dénoncé les récents développements, il n’est pas parvenu à faire voter une résolution permettant de déclencher l’article 7, qui prévoit de sanctionner un État ne respectant pas les libertés fondamentales énoncées dans l’article 2. Le Parlement aurait donc uniquement un rôle de saisie, tandis que le Conseil, composé des chefs d’État et de gouvernement, prend ce genre de décisions, en statuant à l’unanimité. Ainsi, il est plus difficile de sanctionner des États comme la Hongrie, soutenue par la Pologne. 

Comment faire pour surmonter ces freins ? Le Président du forum civique européen dénonce par ailleurs le manque de courage politique, face à la situation turque par exemple, et appelle les institutions à prendre leurs responsabilités. 

En outre, un mécanisme de suivi de la situation de chaque pays est proposé. A l’heure actuelle, les pays candidats pour entrer dans l’Union européenne doivent respecter des critères politiques : être une démocratie, un État de droit… Ce contrôle devrait également exister pour les États membres afin de s’assurer que les valeurs de l’UE soient toujours respectées. 

L’accord UE-Turquie contraire aux valeurs européennes 

Une question du public relance le débat : « Comment parler de valeurs après l’échec de la Constitution de 2004 et de l’accord avec la Turquie ? » Marie-Christine Vergiat, députée européenne de 2009 à 2019 y répond clairement. « Cet accord n’est pas un accord au sens international du terme. Il n’a pas été soumis au vote du Parlement européen. C’est une décision des États. Les députés l’auraient rejeté. C’est un moyen pour contourner la démocratie. » Elle conclut : « Cet accord est contraire aux valeurs de l’Union européenne. »

Des valeurs universelles ! 

Les valeurs que nous tentons de défendre au quotidien ne sont pas seulement européennes, mais avant tout universelles. Elles sont une déclinaison des libertés et droits universels, rappellent les intervenants. Séparer les deux pourrait provoquer un certain rejet. Alors, n’oublions pas qu’en nous battant pour les valeurs européennes, nous portons les valeurs de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

Un siècle de honte, un siècle d’oubli : comment l’Occident s’amuse avec les Kurdes

Louis Satabin | Marx disait que « l’histoire se répète toujours deux fois », il semble cependant au regard du dernier siècle que celle-ci s’est répétée bien plus pour le peuple kurde. Voilà maintenant une semaine qu’ils sont de nouveau sous le feu d’engins de guerre ne distinguant guère les enfants des soldats. Cette fois ci, les bombes sont signées Erdogan, il y a un an encore elles étaient marquées Al-Baghdadi chef spirituel de Daesh, il y a 10 ans c’était Hafez El-Assad dictateur syrien, il y a 30 ans l’acteur principal des massacres était un certain Saddam Hussein spécialiste des attaques au gaz, dans les années 1940 ils étaient écrasés par le Shah d’Iran alors que 20 ans auparavant c’était le dirigeant turc Mustapha Kemal qui s’occupait des massacres et déportations en tout genre.

Et dans tout ça, quel rôle pour les puissances occidentales ? Il est simple, froid et surtout honteux. Car voilà maintenant une centaine d’années que les Occidentaux font du peuple kurde une sorte de marionnette, de pion qu’ils agitent, qu’ils avancent selon leurs envies ou leurs besoins. 

Pourtant, cela sentait bon pour ce peuple de 40 millions de têtes, en 1918 le président Wilson clame ses 14 points, dont le 12ème précise que les Occidentaux doivent « garantir une sécurité absolue de vie et la pleine possibilité de se développer d’une façon autonome » aux régions sous domination turque donc au Kurdistan. Et ça sent même vraiment bon quand en 1920 lors du traité de Sèvre, apparait sur les cartes un Kurdistan autonome. Et puis après, c’est l’effet domino, en 1923, sous l’impulsion de Mustapha Kemal, le Kurdistan disparait comme par magie des cartes sans que les Occidentaux n’aient à redire. Loin est donc le rêve des Kurdes.

Et aujourd’hui rien n’a changé. Ce peuple laïc, démocratique, qui met en avant le droit des femmes subit des génocides et massacres par des régimes qui sont eux, théocratiques, dictatoriaux et répressifs et cela dans l’impunité la plus totale de la communauté internationale. Les Kurdes sont une vitrine des libertés, une bouffée d’air frais dans ce brasier qu’est malheureusement le Moyen-Orient. Pour sûr, on a entendu parler des Kurdes récemment, mais pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils étaient les pions terrestres de la coalition contre Daesh, comme ils l’avaient été en 2003 contre Saddam. Alors oui, la communauté internationale s’indigne, Trump par ses inévitables tweets, Macron par ses inlassables discours onusiens ou encore Merkel qui – comme toujours – arrête les ventes d’armes bien trop tard alors que le sang d’innocents inonde déjà la terre. Pendant que les massacres de l’opération « Source de paix » d’Erdogan commencent et que le nettoyage ethnique est en cours, ces puissances font le choix du déni, font le choix de l’ignorance, font le choix d’un oubli perpétuel. Voilà comment les Européens, dont la France pays des droits de l’Homme, et les Américains remercient leurs alliés. Leur Maison est peut-être Blanche mais leurs mains sont sales.

Lawfare : le cas Mélenchon, l’argumentaire sous forme documentaire de Sophia Chikirou

Quentin DIDIER | Sophia Chikirou, conseillère en communication de Jean-Luc Mélenchon pour sa campagne en 2017, ne cache en aucun cas l’important degré de subjectivité de sa première réalisation : un documentaire sur les événements qui se sont déroulés il y a un an jour pour jour contre le parti de La France Insoumise. Elle même impliquée dans les enquêtes concernant des soupçons d’emplois fictifs et de financement illégal de la campagne présidentielle, la fondatrice de Médiascop explique que le premier parti d’opposition de gauche a été victime d’un « Lawfare ».

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« Elles risquent leur vie », combats et témoignages poignants de grandes reporters

Estelle Derotteleur | Vous aimez être bouleversé par d’incroyables témoignages au sein des situations les plus dangereuses aux quatre coins du monde ? Alors Elles risquent leur vie est fait pour vous. A travers cet ouvrage, ces femmes nous emportent dans un monde de violence, de peur, un univers d’hommes et un métier difficile à allier avec la vie sociale. Mais elles nous font aussi voyager dans des lieux splendides et témoignent de rencontres inoubliables, de liens qui se créent à jamais. 

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Interview intégrale de Tumba Shango Lokoho sur la MODERNITE (non « censurée » et très décontractée )

(Version intégrale, non censurée et, très « décontractée » de l’interview que vous aurez pu découvrir en avant-première aux pages 4 et 5 du magazine n° 12 de Nouvelles Vagues récemment mis en ligne, et à retrouver ici également : nouvelles-vagues-numero-12)

[Par Galaad Saussay–Even]

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La Coupe du Monde de football féminin 2019 : quand le talent pulvérise les stéréotypes

Crédits France Info. Supporteurs de l’équipe de France de football féminin

Dimanche 7 juillet. Je suis en route vers Lyon pour couvrir la finale de la Coupe du monde de football féminin. Ce soir l’équipe des Etats-Unis affronte celle des Pays-Bas.

Si on part depuis Paris, c’est un voyage de 2 heures, je me rassure en pensant qu’en un clin d’œil j’arriverai à ma destination. En revanche, je sais que pour la plupart des footballeuses, le chemin pour arriver à ce Mondial a été beaucoup plus long et éprouvant. Il faut savoir que les 24 sélections participantes ont dû d’abord passer l’étape des qualifications, et dans la plupart des pays les joueuses doivent se battre tout au long de leur carrière avec le manque de soutien et d’investissements de la part des dirigeants des équipes de football. Les footballeuses, pour arriver à jouer professionnellement sont confrontées à un vrai parcours du combattant !

La tyrannie de la géographie

Pour les jeunes filles qui souhaitent devenir footballeuses, le pays où elles résident devient un facteur clé pour développer leur talent. C’est un constat. Dans les pays où le football est perçu comme un sport « masculin » les footballeuses sont beaucoup moins soutenues. Par exemple, en Amérique latine le football est le sport le plus populaire et pratiqué de la région. Il arrive à déclencher chez les supporteurs une ferveur presque religieuse, et les joueurs selon leurs performances, sont élevés au rang de super héros. Mais cette passion (fascination) pour le football, parait être réservée exclusivement aux équipes masculines peut-être est-ce dû au fait que dans l’imaginaire social, pour jouer ce sport il faut faire preuve d’endurance et de force, et qui dit force dit puissance, toutes des qualités historiquement réservées au sexe masculin.

France 2019 : le Mondial qui marque un avant et un après

A la surprise générale, cette huitième édition de la Coupe du monde féminine a vu des records d’audience et d’affluence dans les stades. La Fédération internationale de football (FIFA), organisatrice de l’événement, a annoncé plus d’un milliard de téléspectateurs (plateformes numériques comprises), contre 850 millions pour le dernier Mondial, en 2015 célébré au Canada. 

En France dans les neuf villes hôtes la moyenne de remplissage des stades a été de 74 %. Bien sûr, tous les matchs de l’équipe de France ont été joués à guichets fermés !

Photo : Crédits Delia Arrunategui. Stade Groupama Lyon, 7 juillet 2019

De quoi on parle quand on parle de football ?

Quand on parle de football on ne parle pas seulement du jeu, on parle aussi du Foot business, c’est-à-dire de l’économie liée au football, cette machine financière qui se met en place pour spéculer et favoriser les transferts de joueurs d’une équipe à l’autre et qui gère les droits de retransmission ou sponsoring.

Les fans aiment aussi parler (et fantasmer) sur les salaires des grandes stars du football, par exemple en 2018 le Brésilien Naymar a fait couler beaucoup d’encre grâce à son transfert du Fultbol Club Barcelone (Barça pour les initiés) au Paris Saint-Germain. Cette transaction a couté au PSG 222 millions d’euros. Naymar est placé dans la liste des joueurs les mieux payés au monde, il perçoit un salaire annuel de 36,8 millions d’euros.

Mais il ne faut pas oublier que le football a aussi une dimension sociale et politique très importante, car par sa popularité et son caractère transnational, il rassemble les supporteurs dans une grande communauté, laquelle est capable de prendre position sur des sujets d’actualité et diriger ses demandes ou ses plaintes en tant que groupe social.

La star brésilienne de cette Coupe du monde

Le grand talent des footballeuses et les revendications sociales et politiques de certaines d’entre elles ont attiré l’attention mondiale, ayant permis à cette Coupe du Monde d’être beaucoup mieux couverte par les médias. Grâce à cet emballement médiatique le grand public a eu l’occasion de découvrir les noms des grandes stars du football féminin, comme c’est le cas de la légendaire Marta Vieira da Silva, cette inépuisable footballeuse brésilienne qui a été sacrée six fois meilleure footballeuse de l’année par la FIFA. Grâce à elle j’ai découvert qu’au Brésil le football féminin a été interdit de 1949 à 1979,  cette loi cherchait à interdire aux femmes la pratique de sports dits masculins, dont le football.

Mais la volonté est plus forte que les contraintes, et la dévotion que Marta porte au football est devenue une source d’inspiration pour l’équipe brésilienne et aussi pour tous ceux qui se battent à contre-courant pour atteindre un objectif :

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Vidéo crédits TF1. Déclarations de la joueuse Marta Vieira da Silva, équipe du Brésil, après le match contre la France

L’équipe de France

Les Bleues ont été éliminées en quarts de finale par les Etats-Unis, mais grâce à leur remarquable performance et grand charisme, les footballeuses continuent à jouir d’une popularité grandissante. La capitaine, Amandine Henry, a eu récemment un privilège rare, celui de participer au défilé du 14 juillet avec la Patrouille de France. Le milieu de terrain de l’équipe féminine de l’Olympique Lyonnais a embarqué en tant que passagère un avion militaire, l’Alpha Jet, et a survolé la capitale, notamment les Champs-Élysées.

Pour ce qui concerne les nouvelles sur l’équipe, elles feront leur retour sur les terrains le 31 août, à l’occasion d’un match amical contre l’Espagne qui se jouera au stade Gabriel-Montpied de Clermont-Ferrand.

 
Photo crédits Twitter Capitaine de l’équipe de France Amandine Henry

La grande finale

Grâce à mon TGV et à deux tramways,  je suis arrivée (presque) sans effort à ma destination : Le Groupama Stadium, ce beau stade récemment inauguré (en 2017), qui a une capacité de 59 186 places, dont la plupart (selon mes premières impressions), vont être prises par les fans de la team USA.

Cette finale du mondial s’est jouée à Sold Out. Les supporteurs américains, après les Français, ont été dans cette Coupe du monde les plus grands acheteurs de billets (15 %, soit 156 191 tickets). Les fans des équipes de football féminin sont majoritairement formés par un public familial, ce qui diverge du profil qu’on a l’habitude de voir dans les tournois masculins.

A Lyon les supporteurs néerlandais étaient présents aussi en nombre, la couleur orange électrique de leur maillot rythmait avec les rayons du soleil qu’illuminait cette belle après-midi de dimanche.

Crédits Delia Arrunategui. Parvis du Stade Groupama, Lyon 7 juillet 2019

La fête avant le match

L’ambiance bon enfant régnait sur le parvis du stade, on entendait la musique festive qui sortait des stands de Coca-Cola, on voyait aussi les supporteurs et le public en général se balader un peu partout, parmi eux un grand nombre portaient fièrement des maillots avec le nom de leur footballeuse préférée. A ma grande surprise, je me suis rendue compte que j’étais en train de vivre un moment unique, où la célébration de la finale de la Coupe du Monde servait de cadre pour célébrer quelque chose de bien plus grand : l’épanouissement des femmes sur le terrain de football, mais aussi en dehors de la pelouse ! Tout un exploit qui rendait encore plus mémorable cette belle compétition sportive.

L’équipe des Etats-Unis est l’une des plus fortes sur le plan mondial, cela devient un Fact-check (vérification des faits) au moment de compter leur impressionnant palmarès qui lui permet d’être l’équipe la plus titrée au monde.

Ce dimanche à Lyon elles remportaient leur quatrième titre mondial face aux Pays-Bas (2-0). L’ouverture du score américain a été rendu possible grâce à un penalty que Megan Rapinoe s’est chargée d’exécuter parfaitement « nice and easy ». Après viendra le but de Rose Lavelle, avec une démonstration de pourquoi la rapidité et savoir oser sont des signes distinctifs du jeu américain.

L’hurricane Megan Rapinoe

Crédits Reuters, Benoit  Tessier. Megan Rapinoe,  Lyon 7 juillet 2019

La superstar et co-capitaine de l’équipe USA, Megan Rapinoe excelle sur tous les terrains. Elle aime être au centre de l’attention. Femme symbole d’épanouissement et d’irrévérence, elle a attiré les lumières sur elle, pour mieux éclairer les défis actuels.

Militante LGBTQ, Rapinoe sait que le discours du président des Etats-Unis Donald Trump, va au détriment de l’inclusion sociale. Cette footballeuse diplômée en sociologie et en sciences politiques, n’a pas eu froid aux yeux au moment de déclarer qu’elle déclinerait une éventuelle invitation à la Maison-Blanche.

Elle a été aussi parmi les 28 joueuses américaines à porter plainte contre la Fédération américaine de football (USSF) pour « discrimination liée au genre », et par extension l’inégalité salariale entre les joueurs et les joueuses.

Crédits : Delia Arrunategui. Conférence de presse Megan Rapinoe 7 juillet 2019

La voix des supporteurs 

Vidéo : 

Crédits Delia Arrunategui. Stade Groupama remise du trophée

A Lyon après le match, pendant que le président français Emmanuel Macron et le président de la FIFA Gianni Infantino marchaient vers le podium pour la remise du trophée, le public présent a eu l’occasion de transmettre son mécontentement. Les deux dirigeants ont été interpellés par des sifflets et par un slogan dirigé à Infantino : « Equal Pay » (revenus égaux), scandé d’abord par les tribunes occupées par les supporteurs américains et après suivie par une grande partie du stade. Cela a été un moment de grande émotion, une fierté aussi, surtout pour les footballeuses, car leur cause avait été entendue, et désormais ce sont les supporteurs qui portent leur voix pour mieux faire passer le message.

La FIFA a promis des changements de fond pour améliorer les conditions des footballeuses. Nous ne pouvons que rester attentifs à ce que ces changements aient lieu, pour le bien des footballeuses, pour l’épanouissement des femmes en général et pour nous assurer des compétitions sportives de haut niveau.

Crédits : Delia Arrunategui. Stade Groupama tribunes presse

Delia Arrunategui

@arrunategui22

Paris : Un urbanisme irresponsable ?

La vie parisienne. Chronique sur la propreté urbaine.

Par Cécile Camart-Ferricelli

Pour son numéro paru au 1er mars 2019, le journal Marianne est intransigeant : « PARIS, VILLE-POUBELLE ». Celui-ci ne dédie pas moins de dix pages consacrées à la crasse et aux travers qui sévissent dans les rues de la capitale réduisant, de façon conséquente et durable, la salubrité des conditions de vie parisienne.

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