Romane KEIFLIN | Le Comte de Monte Cristo, Les Trois Mousquetaires, Le règne animal ou Astérix : L’empire du milieu, depuis deux ans, le cinéma français produit de plus en plus de blockbusters aux effets. Leur réalisation n’a rien à envier aux productions américaines, et se démarque des productions antérieures perçues comme le signe d’un cinéma vieillissant. Astérix et Les Trois Mousquetaires font partie des dix plus grosses dépenses du cinéma français, avec des budgets respectifs de 66 et 70 millions d’euros. Ces films sont-ils des exceptions post-covid ou le signe d’une renaissance du cinéma français ?

Après la pandémie de la Covid-19 et les confinements successifs, les salles de cinémas ont été délaissées. Leur fermeture pendant plusieurs mois a permis aux plateformes de streaming de monter en flèche, grâce à leur consommation simplifiée depuis le canapé. Le cinéma ne se révèle que récemment de cette période à vide, la reprise étant assurée en 2023, mais avec des chiffres de fréquentation malgré tout en dessous des moyennes des années pré-covid. La raison ? La sortie de grands films américains attendus par le public depuis des années, mais aussi grâce à la sortie de films français aux productions qui n’ont rien à envier aux blockbusters américains. On parle de budgets de plusieurs dizaines de millions d’euros, d’effets spéciaux innovants, d’une attention particulière portée aux costumes et aux décors, d’une promotion majeure et d’une nouvelle génération d’acteurs.
Malgré ces grands succès au box office français, d’autres films peinent à assurer la mission qui leur était donnée. Astérix, l’Empire du Milieu, avec un budget de 65 M d’euros attribué pour « sauver le cinéma français » après la crise, a été un échec critique et commercial, alors que le casting all-stars et la promotion du film laissaient présager le contraire. En dépit de ses 4,5M d’entrées qui le place à la troisième position du box office français pour 2023, le film n’est pas rentable et essuie de fortes critiques.
En plus de cela, le rayonnement de ces films français sur un public international est moindre au niveau des salles de cinéma en dehors des pays européens. A l’internationale, Netflix récupère la plupart des parts du marché français, ce qui peut pousser certains des films dans le top 10 international, comme Les trois mousquetaires et Astérix : l’Empire du Milieu.
Il faudra donc attendre pour voir si cette tendance se poursuit, ou si elle s’essouffle avec le temps. Après la sortie de la triade Asterix/Mousquetaires/Monte Cristo, l’année 2025 nous promet déjà moins de films d’une telle ampleur et avec un tel budget. Cela étant, les gros budgets ne sont pas les seuls à faire des entrées. Cet été, avec un budget d’à peine 6 millions d’euros, Un p’tit truc en plus a passé la barre des 10 millions d’entrées, ce qui n’était pas arrivé depuis 2014 pour le cinéma français. Et les stratégies commerciales ont porté leurs fruits, on considère aujourd’hui que la fréquentation des salles a repris son niveau pré-covid, assurant le retour pour de bon des spectateurs au cinéma, quelque soit la projection.
