Les avancées en neurosciences et leur impact sur la compréhension du cerveau humain

Mauricia BUSCA | Le cerveau a longtemps été une énigme ; pourtant, il est l’organe fondamental pour comprendre le fonctionnement de l’être humain et, par extension, de tout être possédant des fonctions cognitives. Il y a un peu moins d’un siècle, voir les images du cerveau en temps réel semblait être une chimère. Aujourd’hui grâce aux avancées fulgurantes des technologies d’imagerie et aux recherches scientifiques, nous sommes en mesure de percer un peu plus les mystères de cet organe complexe. 

L’étude du cerveau n’est pas une nouveauté, cependant les découvertes majeures ayant éclairé notre compréhension de cet organe n’ont émergé qu’à l’ère moderne et contemporaine. Si, durant l’Égypte ancienne, le cerveau était déjà reconnu pour son importance, c’est le cœur qui était considéré comme le siège de la pensée. Ce n’est qu’au XIXème siècle [1], avec la découverte des neurones par l’histologiste Santiago Ramón y Cajal, que le rôle du cerveau en tant qu’organe central dans le processus de la pensée a été admis. Cette découverte a été un moteur qui nous a permis de non seulement mieux appréhender les mécanismes neurologiques en œuvre lors de la cognition, mais aussi de comprendre le lien intrinsèque entre les intéractions neuronales et le comportement humain. 

Les progrès en neurosciences ont également révélé que le cerveau possède une incroyable plasticité, c’est-à-dire une capacité à se restructurer lors de traumatismes ou simplement lors de la pratique d’une activité. Cette neuroplasticité a des implications profondes dans notre compréhension de l’apprentissage et de la mémoire car cela signifie que le cerveau forme de nouvelles connexions neuronales en fonction des expériences vécues. Les connexions synaptiques augmentent lorsque nous pratiquons des activités stimulantes, améliorant en conséquence nos performances cognitives. Cela est observé chez les personnes pratiquant la méditation. En effet, la méditation régulière conduit à une augmentation de la matière grise. De même, l’augmentation de cette substance liée à la mémoire et à la régulation émotionnelle est également observée chez les personnes apprenant sérieusement une nouvelle langue, mais aussi chez les musiciens qui ont plus de matière grise associée à la coordination motrice. Mis à part la matière grise, les activités stimulantes favorisent la croissance et une bonne connexion des neurones, grâce à l’activation des facteurs neurotrophiques. Ainsi, les avancées en neurosciences nous ont permis d’appréhender le cerveau comme un organe adaptable et en constante évolution au cours de notre vie. 

Cependant, plus il y a de réponses, plus il y a de questions. Si nous savons aujourd’hui quelles sont les compositions du cerveau ainsi que ses activités et les zones impliquées, il reste des questions d’ordre ontologiques et plus fascinantes encore, comme savoir comment est générée la conscience. Est-ce le fruit des intéractions chimiques et électriques dans notre cerveau, ou est-elle indépendante de toutes intéractions ? Ces interrogations ouvrent des perspectives nouvelles et invitent à la réflexion sur la nature même de notre existence. 

2: Les performances du TCC dépendent du type de troubles psychologiques qui affectent le patient et du temps qui s’ensuit après la prise de thérapie. Cependant, le taux de rémission du TCC en général est entre 63% et 75% à long-terme toute pathologie confondue.

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