Eléa MUNCH | Imagine si tu pouvais courir librement, sans peur, à n’importe quelle heure ? La Sine Qua Non Run 2025 a rassemblé 6000 coureurs.euses pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles. Ensemble, nous avons parcouru les rues de Paris pour revendiquer notre place dans l’espace public. #RunForEquality #SineQuaNonRun2025
Le 15 mars dernier était organisée la 7ème édition de la Sine Qua Non Run. Cette course est tenue chaque année dans toute la France en gage de mobilisation contre les violences faites aux femmes. L’objectif de cette course est d’encourager les femmes à assumer leur place dans l’espace public et de les soutenir dans la lutte contre toutes les formes de violences sexistes. 100% des bénéfices générés par l’achat d’un dossard servent à financer le programme “RUN, PLAY, FIGHT, RIDE, MOVE FOR EQUALITY” dont le but est de proposer des séances de sport gratuites dans des espaces publics partout en France. Derrière l’initiative de cette course se trouve l’association Sine Qua Non. Ce mouvement a été créé par trois générations de femmes dont la volonté vise à défendre le droit féminin à travers le sport.
En effet, les activités sportives n’agissent pas comme bouclier face aux agressions et au harcèlement de rue que subissent systématiquement les femmes. Ces violences sont souvent redoutées des coureuses s’entraînant à l’extérieur. Sortie longue, endurance fondamentale, fractionné… un grand nombre d’athlètes préfèrent sortir courir dans la rue, les parcs, les quais, plutôt que de s’entraîner entre quatre murs sur un tapis de course, mais à quel prix ?
Cette année, 100 étudiant.e.s de la Sorbonne Nouvelle se sont soudés pour courir en soutien aux femmes. L’événement a regroupé plus de 6000 coureur.euses, hommes et femmes confondus, à s’élancer au choix sur un parcours de 6km ou de 10km le long du canal.
Au départ de République, un petit village sportif a vu le jour le matin avant la course et accueille des stands de ravitaillement ainsi qu’une scène et des vestiaires. A quinze minutes du lancement de la course, l’échauffement général n’est pas à négliger : Lucile Woodward met le feu à la place de la République de ses mouvements énergiques. Le ciel est couvert, nous craignons de prendre la pluie, mais l’excitation prend le dessus ; on sautille dans tous les sens, on trépigne d’impatience. Puis le moment tant attendu arrive enfin.
Ensemble, nous nous dirigeons vers le sas, où se regroupent tous.tes les coureur.euses. Il est 17h55 : les enceintes au départ résonnent dans les rues où l’ambiance est palpable. A noter que la course est expressément organisée le soir, de façon à souligner la dangerosité de la nuit pour les femmes [qui courent]. Le coup de feu est tiré, la course est lancée. Nous nous élançons tranquillement en direction du canal, difficilement au début, le temps que tout le monde s’éloigne et prenne sa place. Nous longeons le canal jusqu’à Jaurès, où nous tournons vers le Quai de Loire. Sur notre chemin, nous croisons une fanfare composée de tambours, de trompettes… venue spécialement sur le bord de la route fermée pour encourager les athlètes. Nous finissons par arriver à la Villette, à l’endroit où la boucle tourne et nous conduit sur la deuxième partie de la course, à nouveau vers République.
Je réussis à trouver un rythme qui me convient et, grâce au dénivelé négatif, j’accélère. J’ai peur, je me dis que je n’arriverai jamais à tenir les 3km restants à cette allure, pourtant je le fais. Entretemps, j’ai perdu de vue les personnes avec qui j’avais commencé la course. Lorsque je passe la ligne d’arrivée et que je retrouve mon groupe, je me sens fière. On me passe une médaille autour du cou, la première d’une longue lignée. J’étais fière d’avoir couru auprès de toutes ces femmes, athlètes comme débutantes, qui partageaient la même passion que moi.
