Soline TERRASSON | Coup de projecteur sur La Traduction Heureuse, le tout nouveau podcast des étudiants de l’ESIT qui met en avant la traduction sous toutes ses formes. L’objectif ? Apporter un regard neuf et plus positif sur le métier de traducteur.ice dans un contexte de globalisation. Une démarche qui permet de faire le pont entre connaisseurs et curieux. Apprenez en plus sur leur projet grâce au témoignage de 4 étudiants : Yannick, Ilinka, Candice et Laura. ON AIR !

La genèse du projet et les motivations des étudiants
L’idée du podcast vient de Donia (en bas au premier plan), étudiante en Master 2 de traduction. C’est lors d’une soirée d’intégration qu’elle a impulsé l’initiative auprès de ses camarades et a réussi à fédérer une vingtaine d’étudiants autour d’elle. Ils décident de lancer ce beau projet ensemble avec pour objectif principal de faire connaître l’ESIT en donnant une voix à ses étudiants. Leur pari ? Vulgariser l’approche de la traduction, chose qui dénote de la vision plus classique, des traductaires (traducteur dans son écriture non-genrée) professionnels.
“L’idée est de se projeter dans le positif et l’avenir de la traduction, d’ignorer presque de manière militante les gens qui nous diraient que la traduction va disparaître.”
Yannick

Pour nos quatre étudiants, c’est avant tout la curiosité mais aussi la volonté de s’investir dans un projet collaboratif et de comprendre les rouages du métier de traductaire qui les a poussés à intégrer le podcast. Le podcast est donc un moyen de se retrouver dans une bonne ambiance et de développer ses compétences. Yannick a naturellement accepté le rôle de référent technique car, après avoir travaillé en radio pendant un an, cela lui permettait d’apporter sa connaissance du matériel, de continuer à manipuler l’audio et de suggérer des idées de formats.
L’un des objectifs principaux pour les étudiants est également la revalorisation du métier qui a tendance a être trop invisibilisé. Selon Candice, il est nécessaire de faire prendre conscience que le traductaire est nécessaire car sa fonction va au-delà de la simple traduction, c’est une prise de position engagée.
Les thématiques abordées
Après un premier épisode permettant de poser les bases de leur réflexion sur la traduction et ayant pour thème “La traduction peut-elle changer le monde ?”, les étudiants mettent en avant leur travail de rédaction de mémoire au sein de l’ESIT dans un deuxième épisode en abordant le sujet de son écriture. Les prochaines thématiques porteront notamment sur l’IA en traduction, avec des réflexions nourries par la visite de quelques étudiants au Contre Sommet sur l’IA, mais aussi sur l’audiodescription et le sous titrage nécessaire à l’accessibilité des contenus. Les idées fusent pour les prochains épisodes et les étudiants sont loin d’être à court d’imagination pour faire découvrir leur passion !
L’ESIT, le choix d’une formation d’excellence
Si tout le monde se connaît à l’ESIT, peu de gens connaissent l’ESIT hors les murs ! Pourtant, l’École Supérieure d’Interprètes et de Traducteurs a été fondée en 1957. Elle délivre des masters professionnels en interprétation de conférence, traduction éditoriale, économique et technique, et en interprétation en langue des signes française. Ses étudiants ont tous des parcours riches et hétérogènes qui nourrissent la diversité culturelle de l’école.
Après avoir effectué la majeure partie de sa scolarité à Londres, ce n’est qu’à ses débuts dans l’enseignement supérieur que Yannick découvre la France lors de sa licence en langues à Toulouse. Sacré dépaysement mais le début d’une nouvelle aventure qui, après quelques expériences en journalisme, l’a mené jusqu’à l’ESIT afin de devenir interprète de conférence. La traduction est avant tout une passion pour lui. Étudier dans une petite promotion lui permet de travailler dans l’entraide et la proximité avec les professeurs, qui sont des guides dans le métier. L’ESIT est donc pour lui un lieu d’échange d’expertises et de camaraderie.
C’est ce même esprit de camaraderie qui anime Ilinka et lui permet de s’épanouir à l’ESIT. En effet, elle m’a confié avoir été très vite intégrée au sein de l’école, notamment grâce aux activités du Bureau des Étudiants qui ont lieu dans une salle commune, lieu de rencontre et de détente pour tous les élèves. C’est sa passion pour l’écriture qui l’a poussée à s’inscrire en master de traduction après une licence LLCER en anglais et en russe. Aussi bien attirée par l’aspect créatif de la traduction que par l’aspect professionnalisant, l’ESIT est pour elle le moyen de découvrir différents domaines de la traduction.
Enfin, l’ESIT pour Candice, c’est le choix de la polyvalence des compétences. Depuis qu’elle y est entrée en Master de traduction technique, après un parcours en LEA et une expérience de professeure assistante de français en Espagne, sa vision de la traduction a changé. En effet, les procédés, la déontologie du métier de traductaire ainsi que la méthodologie adoptée sont devenus plus concrets pour elle. L’école est donc un tremplin de par sa réputation mais surtout parce qu’elle permet d’ouvrir ses champs d’intérêts. C’est aussi un parcours valorisant grâce aux rencontres que l’on peut y faire.
“Il y a une osmose, une cohésion et une bienveillance au sein de l’ESIT”
Candice
Traducteur.ice, un métier menacé ?
La traduction est avant tout un enjeu de communication et un acte de transmission. Être traductaire, pour nos quatre étudiants, est un métier qui a du sens parce qu’il permet de faire le lien entre les individus, de baigner dans le multiculturalisme et de prendre conscience de la richesse de notre monde.
Pour Yannick, l’avenir de la traduction est encore radieux. Le plus dur est bien sûr de se lancer dans le métier et de trouver son réseau, surtout lorsque l’on travaille en freelance, mais il reste confiant quant au rôle du traductaire dans le futur, même avec le développement de l’IA.
“Certes, la machine fait des progrès, mais nous aurons toujours besoin de la sensibilité humaine dans la traduction.”
Ilinka
Certains ont cependant une vision plus mitigée, comme Laura qui envisage un avenir plus difficile pour la traduction qui reste encore aujourd’hui une discipline peu connue. Le métier a donc grandement besoin d’être valorisé car les traductaires restent souvent dans l’ombre et le métier a tendance à se précariser.
Immersion dans les backstages
La Traduction Heureuse présente une vraie valeur ajoutée de par son originalité mais surtout par la qualité de sa production qui est le reflet du dynamisme et de l’engagement des étudiants.

Lors de ma visite sur l’enregistrement du second épisode, ce qui m’a frappée était avant tout la polyvalence et la complémentarité entre les étudiants qui apportent tous leur personnalité au cœur du podcast. Et qui dit bonne entente dit bon travail, cela se ressent dans le podcast qui est le reflet d’un travail de qualité.le reflet d’un travail de qualité.

Si chacun est polyvalent et que les rôles sont assez poreux, la répartition des tâches est tout de même nécessaire pour les étudiants tant le travail de recherche en amont est conséquent. Bien que le groupe soit encore en rodage, chacun trouve ses marques au sein des différents pôles et contribue à sa manière à faire avancer le projet. C’est notamment le cas de Laura et Ilinka qui sont chargées de la logistique en tant que vice-présidente pour l’une et des recherches de contenu pour l’autre.
Ce podcast est donc aussi l’occasion pour les membres de découvrir tous les aspects de la gestion d’un projet, des outils précieux pour leur avenir professionnel.
Une vague de bonnes ondes !
Les retours des auditeurs depuis le lancement du podcast sont très encourageants. Il a déjà une portée au sein de l’ESIT et a réussi à toucher une petite communauté de traductaires, mais les étudiants souhaitent qu’il se fasse connaître au-delà des frontières du métier et du cadre académique. Le podcast a un véritable impact positif pour les étudiants puisqu’il favorise les discussions, permet aux étudiants de créer des liens et de faire émerger de nouvelles idées.
Les étudiants m’ont ainsi fait part de l’enthousiasme général autour du podcast. Le projet est notamment soutenu par la présidente de l’école, comme me l’a précisé Candice du pôle communication. À travers des contenus variés sur les réseaux sociaux, Candice fait en sorte de promouvoir encore davantage le podcast à l’extérieur de l’école. Le but est donc maintenant de conquérir le cœur des curieux grâce à un format accessible permettant de faire découvrir les métiers de la traduction et d’en défaire les préjugés. Les étudiants attendent avec impatience les retours de ce nouveau public ! À l’avenir, ces derniers aimeraient pérenniser le projet, ce qui est déjà en bonne voie puisqu’ils ont obtenu le statut d’association, créant ainsi “ESIT Station”.

Les étudiants de “La Traduction Heureuse” invitent chaleureusement tous les étudiants de la Sorbonne Nouvelle et tous les curieux à écouter le podcast, disponible sur toutes les plateformes d’écoute.
N’hésitez pas à les suivre sur Instagram @latraductionheureuse__podcast, TikTok et LinkedIn !
