ICE OUT : Comment l’industrie musicale se mobilise-t-elle contre la montée de la répression aux Etats-Unis ?

Philomène BOIVIN | Depuis le retour de Donald Trump à la maison blanche le 20 janvier 2025, les décisions répressives se multiplient et le durcissement de la police de l’immigration terrorise le pays. Le milieu culturel, particulièrement menacé par cette répression de la liberté, prend progressivement la parole. 

Image credit: Stewart Cook / CBS via Getty Images

Ces derniers mois, la police des frontières américaine (ICE : Immigration and custom enforcement) est plus stricte et autoritaire que jamais auparavant. Dans ce contexte tendu, la 68e cérémonie des Grammy Awards à Los Angeles (USA) a pris place le 1er Février dernier. Si cet événement marquait la remise de prix annuelle pour le gratin des stars de la scène musicale, cette année, la cérémonie fut le terrain de bien d’autres revendications. Sur le tapis rouge, Justin Bieber, Joni Mitchell, Billie Eilish et bien d’autres arborent un pin’s accrochés à leur tenues affichant le message “ICE out” (ICE dehors). Un signe discret mais clair, qui dénonce les méthodes considérées extrêmes et injustifiées qu’adopte la police de l’immigration états-unienne. « Nous devons continuer à nous battre, à prendre la parole et à protester », avait réussi à partager Billie Eilish, avant d’être censurée par la TV à la fin de son discours

À travers le pays, la liberté d’expression des artistes musicaux est mise en danger. À titre d’illustration, le projet Emerging black composers, lancé en 2021 à San Francisco, censé mettre en valeur les compositeurs afro-américains à été suspendu en mars 2025 pendant 6 mois. Depuis le 12 février 2025, Trump à également pris le contrôle du Kennedy Center, une salle de spectacle à Washington axée sur les thématiques drag et LGBTQ+, aujourd’hui destinée à fermer pour travaux pendant 2 ans. Cependant, la réelle raison soupçonnée est le manque de programmation suite au changement de direction du centre. En effet, la vente de billets a chuté de près de 50% depuis le renouvellement de la direction, et les démissions et déprogrammations s’enchaînent. C’est le cas de la célèbre comédie musicale Hamilton, qui s’accorde à la déclaration de son créateur Lin Manuel Miranda « nous refusons d’être associés à ce lieu tant que ça sera le Trump Kennedy Center ».  Autrement, les musiciens continuent de faire ce pourquoi ils sont connus en se mobilisant pour la cause. Par exemple, Bruce Springsteen reprend la chanson Streets of Philadelphia pour en faire Streets of Minneapolis, dénonçant les événements récents qui s’y sont passés.

Au-delà du simple champ de l’industrie musicale et de la culture, la politique de répression menée par Trump impacte directement l’équilibre démocratique du pays. Le 7 janvier 2026, Renée Good, 37 ans et mère de famille, est abattue au volant de sa voiture, touchée de deux balles tirées par un agent de la ICE à Minneapolis. Le 23 janvier 2026, 75 000 citoyens se réunissent dans les rues de Minneapolis pour contester cette répression de la ICE. Puis, moins de trois semaines après la mort de R.Good, le 24 janvier 2026 à Minneapolis, Alex Pretti infirmier de 37 ans, est à son tour assassiné par la police de régulation de l’immigration alors qu’il tentait d’aider d’autres manifestants interpellés par la ICE. Il décède avec 10 balles dans le corps devant les caméras des voisins et des passants autour. Ce n’est donc pas simplement pour défendre leurs droits créatifs que les artistes se prononcent sur le sujet mais aussi en tant que citoyen, par souci d’humanité et de morale. Lors de son discours aux Grammy Awards, le chanteur puerto ricain, Bad Bunny déclarait « Nous sommes des humains et nous sommes américains, [..] La seule chose plus puissante que la haine c’est l’amour», appelant ainsi à l’union des populations face à ces violences. L’artiste notablement connu pour être ouvertement contre la politique de l’actuel dirigeant des Etats-Unis ne s’est pas arrêté là. Sa performance lors de la mi-temps du Super Bowl le dimanche 8 février, était un réel symbole en période d’instabilité. Pour la première fois, un artiste chantait exclusivement en espagnol au Super bowl. Le chanteur en a profité pour célébrer les cultures Latinos et souligner que l’Amérique ne se limitait pas qu’aux Etats-Unis en citant le Brésil, le Costa Rica, le Chilli ou encore le Canada et en brandisant leur drapeau.

Si la rébellion des artistes du milieu musical et culturel est encore timide, c’est tout un peuple qui se soulève derrière. Le courrier international parle notamment de « retour des protest-songs ». À noter, que si la sphère MAGA reste présente et que la politique de Trump garde ses soutiens, voire en gagne (Nicki Minaj), certains  contestent la manière d’agir de la ICE, même du côté des républicains (Lisa Murkowski, Bill Cassidy,..).

Sources

https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/25/que-sait-on-de-la-mort-d-alex-pretti-tue-par-la-police-de-l-immigration-a-minneapolis_6663980_3211.html#:~:text=Vance.,photo%20de%20l’arme%20pr%C3%A9sum%C3%A9e.

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