Safia HAOUAR | “La seule chose plus puissante que la haine c’est l’amour” Bad Bunny, artiste portoricain reconnu mondialement, pour son album le plus écouté en 2025 nommé “DeBÍ TiRAR MáS FOToS”, se produit sur scène lors de la mi-temps du Super Bowl ce dimanche 8 février 2026 . En portant le message d’une Amérique unifiée par les cultures latines, accompagné de Lady Gaga dans sa robe aux couleurs portoricaine, Bad Bunny révolte le jugement trumpiste.

Danser dans une Amérique sans frontières.
Le Porto Rico, pays originaire de Bad Bunny, est le noyau de la prestation en l’honneur des cultures latines. L’artiste ne cherche pas à prouver la place de l’Amérique latine comme légitime, il expose au contraire, le regard sur sa valeur intrinsèque. Le quotidien suffit, la scénographie présente Vega Beja, le quartier de Bad Bunny au Porto Rico dans ses stands de tacos, autour de quelques jeux de dominos. En présence des Jibaros, fermiers portoricains, sur les champs de cannes à sucre, sans oublier les pava, chapeaux traditionnels. Les danses perreo valsent sur le son d’une Amérique unifiée, une Amérique au pluriel qui ne justifie pas son existence, où être, dans la simplicité de son quotidien, est déjà suffisant.
“God bless America”, Bad Bunny affirme la pluralité du continent américain en citant tous les pays qui portent l’humanité d’amérique c’est à dire : le Chili, l’Argentine, l’Uruguay, le Paraguay, la Bolivie, le Pérou, l’Équateur, le Brésil, la Colombie, le Venezuela, la Guyane, le Panama, le Costa Rica, le Nicaragua, l’Honduras, El Salvador, le Guatemala, le Mexique, Cuba, la République dominicaine, la Jamaïque, Haïti, les États-Unis, le Canada et Porto Rico.
Devant près de 130 millions de téléspectateurs, c’est la richesse de la diversité culturelle qui a été célébrée en chantant.

Trump et l’extrême droite contre le reste du monde.
Après l’annonce de la prestation de Bad Bunny au Super Bowl, quelques mois auparavant, l’extrême droite américaine s’était empressé d’exprimer sa révolte. Jugeant Bad Bunny originaire du Porto Rico, “pas assez américain”, l’extrême droite contestait sa présence et proclamait l’anglais comme seule langue légitime pour représenter l’Amérique sur le sol des Etats-Unis. En chantant en espagnol Bad Bunny affirme son opposition à une vision singulière de l’identité américaine. “Ensemble nous sommes l’Amérique” était inscrit sur son ballon de football américain qu’il n’a cessé de tenir tout du long, présentant une image riche en symbole : il faut s’accrocher à son identité et tenir la vérité entre ses mains.
Bad Bunny n’a également pas échappé à la rage de Trump qui juge la prestation comme “l’une des pires” et “absolument horrible”. Son regard se ressent sur les danses de perreo jugées comme “dégoûtantes surtout pour les enfants”. À la lumière de la récente atrocité que constituent les dossiers Epstein, cela montre très clairement les préoccupations véhémentes que Donald Trump dit avoir pour les enfants. Ce Super Bowl 2026 heurte ainsi la réaction trumpiste au reste du monde, avec la vidéo du show cumulant près de 3,3 millions de j’aimes sur Youtube, son succès internationnal ne semble pas faire débat.

Toutefois, l’opposition de D.Trump et Bad Bunny s’étaient déjà établi le week-end précédent le Super Bowl aux Grammy Awards. Lors de sa victoire au Grammy avec un album qui célèbre l’identité portoricaine, Bad Bunny déclare “ ICE dehors” 2 mots, 1 impératif, l’artiste s’oppose fermement à la politique de terreur qu’exerce le Service de l’immigration et des douanes en ce moment aux Etats-Unis.
Bad Bunny expose l’Amérique, un continent peuplé et porté par les immigrés, ne faisant pas des Etats-Unis une exception à la règle. Un rappel indélébile à sa prestation au Super Bowl qui font de Trump un cavalier seul.
Lady Gaga, une tenue pleine de signification : l’amour est plus fort que la haine
L’union de l’Amérique est également porté par Lady Gaga, artiste blanche des Etats Unis aux côtés de Bad Bunny. En effet Lady Gaga se montre dans une robe de flamenco bleu ciel, rappelant l’uniforme des danses latines et espagnoles. Dans les couleurs du drapeau portoricain avec ses escarpins rouge, sa tenue va jusqu’au détail de la fleur native du Porto Rico comme la broche. Lady Gaga s’adapte à la culture latine en contraste à une demande de conformisme de l’artiste Bad Bunny. Elle ne s’efface pas mais montre que la diversité est moins une ombre, qu’une inspiration pour une magie encore plus grande : celle du monde.
Le défi de cette robe est signé Luar, fondé par Raul Lopez, originaire de République dominicaine. “Pour la culture et pour tous les immigrants, c’est ainsi que nous nous unissons” a déclaré Raul Lopez en remerciant Lady Gaga et l’équipe derrière la création de la robe. La puissance de la diversité culturelle se retrouve autant sur scène qu’hors scène.
Au bras de Bad Bunny son sourire est synonyme de résistance contre l’extrême droite ayant réclamé à Bad Bunny de s’adapter aux Etats-unis. La situation s’inverse, Lady Gaga continue en proposant une version salsa deDie With a Smile et s’inscrit dans la lutte contre une Amérique fracturée.

La lutte pour le pluralisme culturelle se trouve dans les vêtements, la langue, la musique, la danse, la fraternité, le peuple et l’amour. Pour Bad Bunny et pour beaucoup d’autres aujourd’hui depuis le Super Bowl, la seule chose plus puissante que la haine, c’est l’amour.
