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Ceci est un article publié auparavant sur

http://divaguemag.fr

Pour la première fois depuis seize ans (date de la mise sur le marché de la pompe à insuline, procédé qui consiste à être relié en permanence à une pompe, sorte de petit boîtier grand comme un IPhone et épais comme un vieux Nokia qui permet de s’envoyer de l’insuline en appuyant sur un bouton au lieu de se faire quatre piqûres par jour), une innovation technologique MAJEURE dans le domaine du diabète a fait son apparition. Voilà qui se fête, non ?

Des évolutions majeures, si majeures…

Quand je dis MAJEURE, c’est parce qu’en seize ans, on a voulu me faire croire un paquet de fois que des innovations majeures étaient apparues. Par exemple, on a voulu me faire croire que les nouveaux appareils de glycémie, qui servent à savoir son taux de sucre dans le sang, étaient révolutionnaires. Bon, en vrai, ils coûtent juste plus cher parce qu’ils enrobent le néant de l’inventivité dans un nouveau design. Et puis, il faut avouer que les brevets tombent dans le domaine public alors il faut bien inventer quelque chose ! Un exemple de la néantisation des recherches dans le domaine du diabète ? Les lecteurs de glycémie, en plus d’indiquer le taux de sucre, affichent une petite flèche descendante quand on n’a pas assez de sucre, et montante quand on a trop de sucre.

C’est sûr qu’on avait besoin de ça pour savoir que la glycémie n’est pas tout à fait normale. Ce n’est pas comme si on avait quelques symptômes. Au hasard : jambes qui tremblent, vue trouble, fatigue extrême, pleurs, transpiration excessive, sensation de juste mourir en hypoglycémie (pas assez de sucre) / excitation, énervement, soif abominable, envie de pisser immédiate et permanente en hyperglycémie (trop de sucre).

Des évolutions technologiques, si essentielles…

Quand je dis MAJEURE, je n’évoque bien évidemment pas toutes les pseudo-applications sur téléphone, jamais inventées par des gens diabétiques, donc jamais inventées par des gens qui s’y connaissent (me viendrait-il à l’idée de faire une application pour la sclérose en plaques ?). Parce que bon, créer une application où on rentre son taux de glycémie et on récupère la dose d’insuline à s’injecter, ce n’est pas juste con. Et inutile (ça s’appelle un carnet de traitement, distribué gratuitement dans les hôpitaux). C’est surtout dangereux, parce que ça ne prend pas en compte les glucides du repas, la dose de sport, le ressenti, l’habitude, bref, toutes les choses qui font qu’on arrive à peu près à ne pas mourir.

Capteur de glycémie

Non, quand je dis MAJEURE, je parle duCAPTEUR DE GLYCÉMIE, un procédéVRAIMENT révolutionnaire qui permet decontrôler sa glycémie sans se piquer le bout du doigt (procédé actuel). En effet, actuellement, pour savoir sa glycémie, un diabétique doit utiliser un auto piqueur, se piquer le bout du doigt et utiliser le sang sur une bandelette insérée dans un lecteur qui va donner la glycémie. Le capteur de glycémie, lui, est un capteur de la taille de deux euros posé sur le bras et devant lequelil suffit de passer le lecteur pour avoir sa glycémie. Ce qui permet : 1) d’avoir saglycémie en continu, même la nuit (difficile en effet de se piquer le bout du doigt en dormant). 2) de pouvoir faire des courbes et des tableaux afin d’avoir l’évolution de la glycémie en permanence. 3) d’améliorer considérablement la gestion du diabète.

    Le hic ?

Il n’est pas remboursé. Il y a sûrement une raison à cela, me direz-vous (ou pas, puisque vous me lisez et que je vais vous répondre tout de suite). Oui… Mais non. Disons qu’il y avait une raison… Jusqu’à il y a plus d’un an. En effet, ce lecteur existe depuis environ cinq ans. D’abord en phase de test, il n’était bien sûr pas disponible. Ensuite, il était possible de se le procurer (depuis environ un an et demi), mais le laboratoire n’était pas capable de le produire en quantité suffisante pour qu’il soit remboursé pour tous.

Depuis un an, le lecteur est remboursé dans d’autres pays (Pays-Bas par exemple). On peut se le procurer (en Suisse notamment).Et le laboratoire est capable de le produire en quantité. Depuis avril, le laboratoire a déposé son dossier à la Haute Autorité de Santé, et des questions de gouvernement ont été posées à ce sujet, au Sénat et à l’Assemblée.

Qu’est-ce qu’on attend alors ?

Que Marisol Touraine, Ministre des Affaires sociales et de la Santé, signe le décret(temps estimé, 10 secondes, et encore, c’est large).

Pourquoi ne le fait-elle pas ? Oh, ça doit coûter de l’argent à la Sécu encore, non ?

Même pas. D’après les calculs, cela en ferait même gagner à la Sécurité Sociale, en évitant de nombreuses hospitalisations dues à une mauvaise gestion de la glycémie (une hospitalisation coûte plus d’un an de port du capteur).

479 025 144.

C’est le montant (en euros) que la Sécu économiserait potentiellement par an en soignant les 180 000 (estimation basse) diabétiques de type 1 (explication des différences type 1 / type 2 dans un article futur) grâce au capteur.

pour un diabétique, sur un an, selon le nombre de contrôles par jour pour l'ensemble des diabétiques de type 1 en France sur une année avec 24 contrôles par jour

Et s’il n’y avait que ça à dire sur les problèmes des diabétiques en France, on serait heureux…

Alors, santé ?

Par Lucile Carré

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