Découvrir, s’intégrer, profiter : retour après deux mois en Erasmus

Laura DIAS | Réaliser un rêve n’est pas aussi simple que ce que nous l’avions imaginé. Sur le chemin nous rencontrons un tas d’embûches et de difficultés qui souvent, nous donnent envie de tout abandonner. Pour les plus courageux qui ont combattu ces obstacles, quand arrive le moment tant attendu de vivre cette idéalisation, une fois le sentiment d’euphorie évaporé, il ne reste que le sentiment du temps qui passe lié à la solitude. Vivre une mobilité à l’étranger est une expérience qui se vit avec une grande hâte et des attentes hautes  souvent reliées aux stéréotypes du récit de ceux qui l’ont déjà vécu, ou amélioré de nos jours par les réseaux sociaux. Par l’intermédiaire de cet article narratif, j’aimerais mettre au devant de la scène la part du récit que l’on évite d’aborder à la fin d’une mobilité. Pourtant je pense qu’il est nécessaire de mettre la lumière sur ce combat contre la solitude durant les premières semaines et peut – être même mois lorsqu’on est étudiant in-coming.

*Journal de bord d’une étudiante infiltrée* Septembre et Octobre 2025

Coimbra, les premières découvertes


J’ai encore du mal à réaliser où je me trouve, chaque structure, visage tout me semble parfaitement inconnu alors qu’en tant que fille de parents émigrés je connais ces paysages par cœur. Me retrouver loin de Paris me terrorise et m’excite à la fois, voilà quelques années maintenant que je rêve de venir étudier ici, à Coimbra et y être enfin arrivée est un sentiment vraiment confus.


Je ressors de la cérémonie de bienvenue avec l’espoir que cette nouvelle année ne peut que bien se passer. Puis tout s’enchaîne, visites guidées, soirées, rencontres avec les autres étudiants d’Erasmus… et tout ça avant même que les cours ne commencent mais très vite la routine s’installe, j’essaie de la repousser autant que je peux en rentrant le week end voir ma famille, et accepter tout ce que l’on me propose pour faire durer cette parfaite illusion. Illusion d’ailleurs, que j’ai réussi à acquérir, comme les autres, pour me définir un nouveau mode de vie.

cr: Laura Dias, réunion de bienvenue aux étudiants en Erasmus le 8.09.25

→ Pourquoi avoir choisi Coimbra ? 

Il était pour moi, plus qu’une évidence de choisir Coimbra comme destination pour mon année en Erasmus. Coimbra, la ville des étudiants, des traditions historiques encore présentes, une vie étudiante unique ! Mais avant tout, Coimbra signifie “casa” (maison en français), mes parents ont tous les deux grandis à une petite d’heure delà et depuis que je suis petite je passe tous mes étés dans cette même région. En plus de cela, je parle très bien la langue portugaise et la culture m’est déjà familière. Je veux également profiter de cet échange universitaire pour dépasser mes limites, vaincre mes peurs, mais aussi pouvoir profiter de mes proches dont j’avais pris l’habitude de ne voir qu’une seule fois par an. 

Mais comme toute ambition, il y les attentes d’un côté et la réalité de l’autre. Je suis convaincue que chaque expérience en Erasmus est propre à chacun des étudiants, mais notre génération à la fâcheuse tendance à tout idéaliser et cacher les difficultés et les épreuves rencontrées. Peu de témoignages relatent les premiers mois dans un autre pays qui ne sont pas toujours tout roses : la plupart des vidéos et photos publiées sont le fruit de plusieurs mois voir une année complète car c’est sur et certain que nous, étudiants expatriés, vivrons de très bons moments et réussiront nos objectifs tout en faisant de nouvelles rencontres, mais pas dès le moment de notre arrivée. 

cr: Laura Dias, Faculté de Lettres de Coimbra

S’intégrer ou se fondre dans la masse ? 

Après deux mois, où est-ce que j’en suis ? Se faire des amis dans un autre pays est-ce simple? Le groupe ESN top ou flop ? Ces diverses questions m’aideront à diriger cette partie de ma pensée.
Pour une totale transparence, le mois de Septembre est à placer sous une pierre, mais j’ai tout de même réussi à participer à quelques moments d’intégration : j’ai commencé par rejoindre le groupe ESN (Erasmus Student Network), tout au long du mois, ils organisent diverses activitées et soirées afin que les étudiants internationaux puissent faire connaissance et passer de bons moments. J’ai rencontré quelques personnes qui m’ont permis de découvrir un peu plus les environs mais à l’heure actuelle, je côtoie au quotidien moins de cinq étudiants (nationaux et internationaux confondus). Cette situation sociale est peut être provisoire mais je tenais à faire un constat de ce qu’est la réalité : ce n’est pas simple de s’intégrer directement dans un nouveau pays, même dans ces cas-là, les groupes se forment très vite et dans mon cas je n’en fais pas partie. 

Voyons certains points positifs : j’ai intégré un groupe de musique traditionnel étudiant, “uma tuna” comme c’est appelé au Portugal. C’est tout récent mais je considère que c’est déjà un bon début qui me permettra de connaître de nouveaux horizons ! 

Selon Wikipédia, “Tuna” est défini comme : Une tuna, estudiantina ou rondalla est un genre de société festive et carnavalesque, groupe musical traditionnel costumé qui existe dans les différentes régions de la péninsule Ibérique”. 

J’ajouterais le fait que c’est un groupe d’étudiants qui cherchent à s’entraider et s’amuser tout en représentant les traditions universitaires. Le mot “costumé” utilisé par Wikipédia, dépend des régions mais à Coimbra les tunas lors des représentations, sont vêtues da capa e batina, “uniforme” traditionnel des étudiants de Coimbra. (Les uniformes varient en fonction des régions). 

cr: As FANS, tuna féminine de l’Université de Coimbra

Je ne suis pas encore en mesure d’aborder le dernier thème choisi pour cet article, que j’ai nommé “profiter”, car je considère que deux mois est un délais bien trop court afin d’entrer pleinement dans la phase de “profiter”, la routine s’installe certe, cependant il y a encore beaucoup de choses que je dois découvrir (notamment dans le fait de vivre seule) et où je dois encore m’intégrer. 

C’est pourquoi je décide de le remettre à plus tard. 

S’il y a une chose qu’il faut comprendre, cher Lectorat, c’est que c’est une carte personnelle et ouverte quiconque qui souhaiterait se lancer dans un nouveau projet qui semble inatteignable : j’ai moi même eu des moments de doutes et de peur, mais lorsque l’on cherche à réaliser ses rêves rien n’est insurmontable. 

cr: Laura Dias, Statue du roi Dom Dinis situé près des Universités de Lettres, Droit et Sciences

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