Tempête Kristin au Portugal : un retour dans le passé? 

Laura DIAS | Pendant la nuit du mardi 27 au mercredi 28 janvier 2026, au centre du Portugal, une tempête de vent à plus de 200km/h nommée Kristin, s’est levée dans les régions de Leiria et de Coimbra entre trois et six heures du matin. Quatre personnes sont mortes, plus de 230 milles foyers sont privés d’électricité et tout moyen de communication. 


Crédit photo: @Laura Dias – Pisões, Alcobaça 

Après la tempête vient le beau temps ? Un dicton qui ne peut être encore vérifié dans les régions centre du Portugal. Les districts de Coimbra et Leiria ont été les plus touchés du pays par la tempête Kristin, entre routes ravagées par la présence d’arbres tombés, des services endommagés comme les hôpitaux, maisons de retraites, écoles, etc Les autorités gouvernementales demandent aux populations de rester au maximum chez soi et de ne sortir qu’en cas de nécessité. Avec une telle vitesse, le vent a réussi à abattre les plus grands arbres entraînant dans leur chute des poteaux d’électricité et autres câbles d’alimentation permettant l’accès au réseau téléphonique et internet. 

Sans moyens de communication ni sources de lumière, ce sont des milliers de foyers qui sont démunis d’outils électroménagers, télévisions, chauffages, jusqu’aux plaques électriques de cuisine et eau chaude pour certains. Dans les villages et communes, aucune habitation n’a été épargnée : des tuiles tombées, des panneaux solaires envolés, des arbres abattus tout proche de certaines maisons et des jardins saccagés par la tempête. Mais alors comment survivre lorsque l’on se voit isolé du reste du monde? Une question répondue par une autre : comment est ce que l’on vivait dans l’époque dite “ancien temps” ? Nous avons nul autre choix que de nous accoutumer aux bonnes et vieilles méthodes c’est-à-dire lanternes de poche, radios à piles et se servir du gaz pour faire cuire et réchauffer les repas. 

La tempête Kristin n’a duré que trois heures mais cela a été suffisant pour que les habitants des zones détruites soient obligés de changer leur mode de vie. Pendant que les plus âgés  se remémorent leur enfance, les jeunes quant à eux découvrent une façon de vivre qu’ils ne pensaient connaître qu’à travers les récits de leurs (grands) parents. Après avoir constaté les dégâts et dommages matériels causés par Dame Nature, dans la journée du 28 janvier, les portugais, principalement dans les villages, ont commencé à prêter main forte aux pompiers du mieux qu’ils pouvaient : en coupant les arbres pour dégager les routes, remettant en places les tuiles des toits et autres services qui pouvaient contribuer de manière bénéfique aux communes.


Crédit photos: @Laura Dias – Pisões, Alcobaça 

Les conséquences de la tempête ne sont pas uniquement matérielles, plusieurs personnes en ressortent avec des traumatismes psychologiques :  lorsque l’on doit faire face à la réalité des dégâts, le moral est au plus bas. C’est plus grave que ce que l’on pensait. Mais il faut tout de même continuer à vivre de sorte à remplacer la modernité qui s’est installée dans nos quotidiens. Pour cela rien de plus efficace que d’utiliser certains outils de nos anciens et en ce qui concerne l’électricité, les habitants installent des générateurs électriques qui, avec du carburant, produisent de l’énergie pour faciliter l’utilisation des frigos et congélateurs qui permettent  de conserver les aliments, ou de recharger les batteries de téléphones. 


Crédit photo: @Laura Dias

En tant que victime de cette catastrophe naturelle, je me permets d’utiliser mon propre témoignage de ce que mes proches et moi avons vécu : 

Dans les alentours de quatre heure du matin cette nuit-là, nous nous sommes tous réveillés avec le bruit du tympan de la fenêtre de la cuisine qui battait contre la vitre. Quelques minutes après, nous avons constaté que nos téléphones ne donnaient plus aucun signal de réseau et que l’électricité nous avait également déjà quitté. Nous avons ensuite fait de notre mieux afin de nous protéger des énormes bourrasques de vent. Vers cinq heures du matin, nous sommes partis prêter main forte à nos voisines & famille proche pour la vente du pain qui était déjà retardée de plusieurs heures au vu des intempéries. Malgré l’obscurité de cette nuit noire, les phares des voitures ont suffit à ce que nous nous prenions une douche froide en sortant dehors : les plus grands sapins des alentours complètement arrachés et tombés sur la route, des toits sans tuiles et des petits courants d’eau transformés en rivières dû à la forte quantité de pluie. 

Tous réunis auprès des fourneaux, éclairés à la lanterne de poche et au flash des téléphones portables, nous avons attendu un peu plus d’une heure que le vent et la pluie se calment pour prendre la route. Nous sommes partis deux par deux, pour déposer les pains aux cafés, aux restaurants, aux maisons de retraites et aux foyers qui comptaient sur nos proches malgré tout. Il ne va pas sans dire que la majorité des chemins étaient coupés en deux par des arbres et des fils électriques tombés. Chaque duo a dû vaincre vents et marrées pour que la tâche soit au mieux réalisée. La matinée et l’après-midi ont été consacrées à la constatation des dégâts et à remettre en place ce qui avait volé en éclat. 

En tant que jeune adulte de 19 ans, je pense sincèrement que cet épisode climatique restera gravé dans ma mémoire et dans mon histoire personnelle. C’est la première fois que je fais face de si près aux forces de la Nature. Dès l’instant où je me suis réveillée, j’ai commencé a avoir très peur de ce qu’il pouvait se passer, j’ai senti mon cœur battre très vite pendant plus d’une heure… Aujourd’hui, à trois jours post-évènements, je ressens une certaine inquiétude à propos de ce qu’il s’est passé et de l’avenir. Le courant n’est toujours pas revenu et l’accès au réseau est  rendu encore difficile. C’est pourquoi j’ai eu certaines difficultés à écrire cet article, toutes les informations chiffrées ont été confirmées sur les sites officiels du gouvernement portugais dès que j’ai eu accès à un peu d’internet, une fois que je me suis rendue en ville. 

Le 31.01.2026 


Crédit photo : @Laura Dias – Andam, Porto de Mós

Crédit photos: @Laura Dias – Pisões, Alcobaça 

En ce qui concerne les prochains jours voire semaines, nous savons que l’électricité peut être rétablie peu à peu mais la fibre et le réseau téléphonique resteront difficiles d’accès pendant sûrement quelques mois… Pour les zones les plus détruites, les municipalités ont mis en place des centres de recueil de premières nécessités où les victimes peuvent aller chercher ce dont elles ont besoin. Partout dans le pays, des aides sont demandées, notamment pour la région de Leiria. 

Pour clôturer cet article, je décide de laisser quelques images supplémentaires parler d’elles-mêmes sur l’impact de cette tempête. En vue des annonces météorologiques, plusieurs zones du Portugal sont en alerte orange à propos des risques d’inondations à cause des fortes tombées de pluies qui se préparent. 


Crédit photos: @Laura Dias – Praia da Vieira, Leiria 

Crédit photos: @Municipio de Oliveira do Hospital sur Facebook – arbre tombé sur les écoles primaires à Oliveira do Hospital, Coimbra

Crédit photos: @Municipio de Alcobaça sur Facebook

Laisser un commentaire