Arts & cultures/Expositions & musées

Dirty Fifties

Emeline Cocq, le 07/03/2012`

Back to the fifties avec l’expo photo à la Bubble Factory de Emilie Stisi, dont l’œil acidulé et la pop saillante sauront raviver la pin-up qui est en vous. Seize clichés sophistiqués, sortis tout droit de son modeste studio, brossent le portrait d’une époque qui vouait déjà un culte au consumérisme, encore à ses balbutiements. Mécanos virils, serveuses aux lèvres pulpeuses, chanteuses noires à la Supremes sont les personnages contrastés de cette comédie humaine envisagée de façon comique et joyeuse. Les Marilyn et les James Dean au placard …

Difficile de ne pas se retenir dès les premières notes de la chanson « Be My Baby » des Ronettes : « Eh ! C’est la musique de Dirty Danciiing !! » … Heureusement, l’ambiance du salon de coiffure Bubble Factory n’est pas au mélodrame. C’est même le lieu parfait pour exposer des photos à la fois superficielles et profondes : « Le sourire niais des femmes mêlé aux tatouages, c’est un beau contraste, affirme Emilie Stisi. C’est toujours plus drôle s’il y a contraste ! ». Cette jeune photographe de 21 ans expose pour la première fois une série de clichés qu’elle obtient avec le minimum vital : le plus souvent, deux torches, sa fenêtre, des vêtements achetés aux puces, quelques façonneurs de lumière. Le résultat est néanmoins surprenant de technicité : « Au Ce3p [ndlr : école de photographie], tu prends conscience de la nécessité d’avoir un bon matériel. Si tu as l’image en tête, tu dois avoir les compétences techniques pour la mettre en forme. Il n’y a pas de place pour la surprise. » Mais la présence d’un clown rétro et d’une fille blafarde en bigoudis, ne fait-il pas tache parmi ces autres clichés aux angles si bien arrondis ? « J’ai toujours préféré  les personnages du quotidien plutôt aux archétypes. J’adore aussi les freaks, tout ce qui est marginal … »  Les couleurs piquent aux yeux, le côté un peu macabre aussi, qui se devine aisément dans ces sourires émail diamant : « C’est ironique bien sûr. En même temps, les gens à cette époque étaient vraiment heureux de consommer. Ça avait une part de merveilleux. »

Étrangement, ce n’est pas la dimension critique qui est ici privilégiée. On entre dans la Bubble Factory comme dans un univers dont on accepte les lois physiques et esthétiques. Et comme une cerise sur un milk-shake, cela pose la question de la perception d’une œuvre d’art selon son contexte. Mais pour Emilie, il s’agit moins d’œuvres d’art que de produits reproductibles : « Je ne déclame rien du tout, je ne fais que m’exprimer. Un photographe n’est pas un artiste. On ne peut plus vendre des reportages photo. Je préfère justement photographier en studio pour ça : le côté imprévisible de la prise de vue en extérieur ne rend pas ton travail productif. En fait, avec cette expo, c’est comme si j’avais rempli mon cahier des charges. » Amateurs de l’imagerie burtonesque, ne manquez pas cette expo à la Bubble Factory (224 , rue de Charenton. Métro Dugommier.) qui dure jusqu’à fin mars. Promis, vous danserez après !

Pour les intéressés, le flickr de Emilie : http://www.flickr.com/photos/emiliestisi/

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