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Le roi se meurt

Justine Le Moult, le 10/10/12,
Le Roi se meurt, une pièce de Ionesco mise en scène par Georges Werler
Au Théâtre des Nouveautés
Avec Michel Bouquet, Juliette Carré.
50 représentations exceptionnelles à partir du 12  septembre 2012.  Du mardi au samedi à 21h / dimanche: 16h

Il était une fois un roi tyrannique et tout puissant, régnant sur ses sujets comme sur des marionnettes… désormais au crépuscule de sa vie. C’est à la pièce sûrement la plus majestueuse de Ionesco que s’attaque Georges Werler (un touche à tout à la fois comédien, acteur, metteur en scène et professeur de théâtre). Si les costumes d’époques sont là, cette version très minimaliste n’est pas à la hauteur du texte magistral de Ionesco, et son côté grand guignol absurde est totalement évacué au profit d’un réalisme typique du théâtre de boulevard qui peine à enthousiasmer vraiment le spectateur et à l’entraîner vers ces contrées fantasmagoriques. Une pièce donc qui se cherche tout du long sans jamais vraiment se trouver, sans jamais vraiment de trouvailles. Et que dire du texte tronqué!

 

 

Reste néanmoins un jeu d’acteurs exemplaire: une souveraine Marguerite (Juliette Carré) au cynisme parfaitement désabusé et un Michel Bouquet « au mieux de sa forme » (si l’on peut dire) mènent la danse de cette cérémonie funèbre. Lui joue pour la énième fois à la perfection, le regard déjà vide et vitreux,  ce roi mégalomane et égocentrique au seuil de la démence sénile : il a la goutte et le royaume est paralysé; il tombe en décrépitude et le royaume tombe en miette; il meurt et le monde entier doit mourir avec lui. Un roi entre protestation et résignation, tiraillé entre un superbe duo / duel de femmes: Marie la rêveuse, l’amoureuse, l’espoir, le déni ; Marguerite l’ironie acerbe, la lucidité, grande prêtresse finale de ce spectacle macabre.
Reste également une belle fable méditative sur la mort à venir, annoncée, cette grande inconnue impossible à concevoir pour nous-même, mise volontairement et aveuglement à l’écart. Reste surtout la vie, toujours là, dans les coins et recoins, à laquelle on s’accroche jusqu’au bout, désespérément  amoureusement… Le Roi se meurt : une ode à la vie?

2 réflexions sur “Le roi se meurt

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