Arts & cultures/Cinéma & films

Argo

Emilie,  le 25/11/12

Argo  ou quand Hollywood se met au service du gouvernement américain

                Il est bien connu que les films à gros budget produits par Hollywood servent à vanter la suprématie du modèle américain, à rappeler Ô combien ils sont les meilleurs dans tous les domaines.  Ce détail, digne d’Hollywood, se retrouve dans Argo. Cependant, le film montre aussi que les Etats-Unis ne sont pas omnipotents. Il leur arrive parfois de faire appel aux autres nations pour parvenir à leurs fins. L’appui d’un pays « allié » est primordial quand la patrie de l’Oncle Sam se retrouve dans de sales draps et doit faire face à une crise politique mondiale.  Argo montre bien que les Etats-Unis, embourbés dans la révolution islamique en Iran de 1978 à 1979 et dont les relations avec la République Islamique se sont progressivement dégradées,  n’auraient pas pu s’en tirer seuls.  En effet, des milliers de militants occupent les rues de Téhéran  depuis plusieurs semaines déjà et font barrage devant l’entrée principale de l’ambassade américaine. Les manifestations deviennent de plus en plus violentes au fil du temps et la « révolution iranienne » est à son comble le 4 novembre 1979. Des étudiants iraniens passent par-dessus les grilles de l’ambassade américaine qu’ils occuperont pendant 444 jours, durée de la prise d’otage du personnel de la mission diplomatique. Argo retrace le parcours de six américains qui, ayant réussi à s’échapper, trouvent clandestinement refuge chez l’Ambassadeur du Canada après s’être vus refuser l’hospitalité d’autres nations. Ben Affleck revêt dans son propre film, le rôle d’un agent de la CIA qui va faire appel à l’un de ses contacts hollywoodiens dans l’optique de trouver un scénario suffisamment crédible, Argo, pour libérer les « invités » de l’ambassadeur Canadien à Téhéran. Ces derniers, cloîtrés dans la résidence de l’ambassadeur, ignorent tout de ce qui se passe à l’extérieur du domicile de l’ambassadeur et de la mission scabreuse qui se profile, visant à leur faire quitter le territoire de la République Islamique d’Iran.

                La double casquette d’acteur et de réalisateur va à Affleck comme un gant, à tel point que la campagne pour la course à l’Oscar, dont la prochaine cérémonie aura lieu le 24 février 2013 a déjà été lancée. Le spectateur s’imprègne de l’histoire et passe par les mêmes émotions que les héros (de manière plus modérée bien entendu), la stupéfaction face aux contestations du peuple iranien, l’angoisse quand les fugitifs sont sur le point d’être dénoncés par la femme de maison de l’Ambassadeur, elle-même iranienne.

Argo pourrait être résumé ainsi : une palette d’acteurs qui mettent leur talent au service de l’histoire (Bryan Cranston, John Goodman, Alan Arkin, pour ne citer qu’eux), sous la houlette d’un réalisateur salué par la critique.

                Toutefois, se risquer à une entreprise comme celle-ci de réaliser un film sur une période historique qui ne montre pas l’Iran sous son meilleur jour, n’est-ce pas jouer avec le feu ? Obama, à la suite de sa réélection, a dû, sur son agenda, inscrire comme prioritaire, son désir de mettre un terme à la crise du nucléaire en Iran, qui dure depuis bien trop longtemps. N’est-ce pas compromettre toute tentative de négociations avec l’Iran,  bête noire de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique, que de remettre à l’ordre du jour un pan peu glorieux de l’histoire de l’Iran (néanmoins considéré, du côté iranien, comme une manifestation héroïque) ?

Une réflexion sur “Argo

  1. Je n’ai pas vu le film mais j’aimerais bien savoir comment il se termine… Puisque cette histoire (très) légèrement orientée, a quand même débouché sur beaucoup d’accusations à l’égard de Reagan et de sa « surprise d’octobre », et plus tard à l’Irangate.
    Je suppose que le film rappelle clairement que si les iraniens manifestent, c’est aussi pour que le Shah (placé au pouvoir par les USA) et qui est en exil… aux USA, puisse être jugé (et exécuté) en Iran. Mais comme disait l’autre, il n’y a pas de fait, il n’y a que des interprétations!

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