Arts & cultures/Cinéma & films

Cogan: Killing Them Softly…

 Justine le Moult, le 09/12/2012
Cogan-Killing-Them-Softly-photo-Brad-Pitt-Richard-Jenkins
Cogan: Killing Them Softly…
d’Andrew Dominik. Avec Brad Pitt, James Gandolfini, Richar Jenkins, et bien d’autres.
… où ribambelle de règlements de compte sur fond de crise politico-économique américaine. On retrouve dans ce film noir les ingrédients qui ont fait le succès des précédents ovnis cinématographiques du grand Brad (Fight Club, Snatch…): un montage qui vrille dès le générique d’ouverture, un casting judicieux pour des personnages travaillés, une bande-son parfaitement maîtrisée, des mots qui partent aussi vite que les balles et qui font tout aussi mal dans des répliques juteuses.Le nouveau film de Andrew Dominik avait donc tout pour épater, avec cette adaptation de L’Art et la manière, roman des années 70 de V. Higgings, surnommé « le Balzac des bas-fonds de Boston ». Le pitch: après le braquage d’un tripot par deux petits voyous en manque d’argent, commandités par un escroc notoire, les bas-fonds de la pègre sont menacés. Les grands chefs font alors appel à Cogan  (interprété par un Brad Pitt qui joue, sans vraiment jouer le jeu) pour rétablir la situation…  Et pourtant. Si la technique est irréprochable, le scénario peine à suivre, dans une histoire alambiquée dont on perd un peu, quelquefois, le fil. Si la violence est là, latente, toujours, que le sang gicle fort, parfois, partout, il y a finalement peu d’action et d’esbroufe. Si les dialogues virulents ont la brutalité d’un coup de poing et le tranchant d’un couperet, ils s’étirent un peu (trop?) en longueur. Mais cela n’enlève rien de sa force au propos sous-jacent du film, ce regard réaliste, lucide et désabusé sur une Amérique en crise: « L’Amérique n’est pas un pays, c’est un business« , sans règles, société désordonnée, à l’image de ce milieu des grands et petits bandits sans plus ni foi ni lois. On peut aussi saluer quelques grands moments cinématographiques et poétiques: le no man’s land apocalyptique sur fond de discours d’Obama de la scène d’ouverture, ou l’assassinat d’un homme au ralenti, rythmé par la voix d’une diva. Entre polar de la crise et film d’esthète, le réalisateur de L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford signe un film dans les règles de l’art, à voir pour le geste.

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