Arts & cultures/Cinéma & films

Cronenberg… Brandon.

P.G.M, le 17/03/13

Injection du StarSystem, Antiviral de Brandon Cronenberg

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Brandon Cronenberg ne cherche pas à nier ses origines, au contraire, avec Antiviral, le réalisateur canadien s’inscrit dans la lignée de son père.
Le synopsis du premier long métrage de junior est aussi tourmenté que les débuts de senior. La clinique Lucas propose à ses clients de leur transmettre les maladies de leurs idoles, en passant de la simple grippe jusqu’à l’herpès. Le star système s’infiltre désormais jusque dans nos veines. Syd March, joué par Caleb Landry Jones, employé de la clinique fait passer les virus sur les marchés extérieurs en se les injectant. Jusqu’au jour où il s’inflige, sans le savoir, la maladie mortelle d’une star mondiale.

En alliant la pureté de son image à l’horreur de son propos,  Brandon Cronenberg parvient à déstabiliser les spectateurs.
Il pousse le star système à son paroxysme tout en nous renvoyant directement aux interrogations d’aujourd’hui. Pourquoi y a t’il des stars ? Jusqu’où nous pousse la passion que nous éprouvons pour elles ?  La passion, soit une forme de folie, devient le sujet obsédant du film et s’avoue dans la dernière image, glaçante.
C’est cette impression de froideur qui a été massivement reprochée à B.Cronenberg. Il faut dire que ce dernier n’a pas hésité à mettre en avant des décors impersonnels, totalement blancs, pour souligner le décalage entre la société qui se voudrait au summum de la pureté, puisqu’elle parvient à maîtriser la biologie, et l’immoralité des individus. Cette immoralité totale est une infection in-identifiable, silencieuse. C’est un virus injecté dans les mentalités. Syd March en est à la fois l’initiateur, l’expérimentateur et la victime.

L’atout du film se trouve dans l’interprétation du jeune et envoûtant Caleb Landry Jones qui trahit la fascination du corps chez Brandon Cronenberg. Tout comme son père il entraîne la chair vers la mutation. La peau laiteuse, le visage parfait de l’acteur est soumis à une désintégration réussie. Malgré la décadence que la maladie entraîne sur le corps de Syd March, celui-ci représente la conscience. Il ne perdra jamais totalement la maîtrise de la situation, ses cheveux toujours attachés en chignon sont là pour le rappeler. Cronenberg nous angoisse alors avec la dernière scène vampirique qui révèle notre nature humaine comme bien plus violente que celle de l’animal parce que consciente.

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