Arts & cultures/Cinéma & films

Le cauchemar americain

P.G.M, le 17/03/13

spring-breakers09

Harmony Korine avait fait du tapage avec son premier film Gummo puis avait disparu sous les termes de “provoc prétentieuse”. A 40 ans cet ami de Larry Clarke et de Gus Van Sant vient de nouveau perturber la planète ciné avec Spring Breakers.

Quatre étudiantes s’ennuient dans leur ville natale et décident de partir à Los Angeles pour participer au “Spring Break”, comprenez la “pause du printemps”. Pour y participer vous n’avez qu’à être sexy, bourré et défoncé. Le cliché de la fête américaine filmé comme dans un clip jusqu’à ce qu’Alien débarque, un homme pour qui les sensations se trouvent plus loin que dans une simple rail.

Korine manipule ses personnages au rythme de la société américaine. Entre la foi, représentée par Selena Gomez, la recherche de la liberté interprétée par Rachel Korine et la folie totale que jouent Vanessa Hudgens et Ashley Benson se révèle le paradoxe du rêve américain. Les actrices, qui sont presque toutes des célébrités de télévision -parfois de disney, affirment leur rejet de la société de consommation tout en se fondant à ses fantasmes dans des scènes aussi explicites que celle de la fellation, par leur mentor, d’une arme chargée. Scène aussi mémorable que celle du poulet dans Killer Joe.  .
C’est ce mentor, joué par James Franco, qui transforme leur soif de vie en désir de tuer. Gangster allumé, rappeur à ses heures, il se prénomme Alien et revendique le mal. Pourtant ses deux dernières protégées se révéleront plus ignobles et plus déterminées dans le crime.

L’Amérique a engendré des esprits mineurs, sans conviction, sans désir. C’est ce que sont ces deux gamines. Se perdre pour pouvoir dire d’un ton faux “nous nous amusons”, “nous ressentons”, “nous nous sommes trouvées”. Elles ne peuvent avoir de rêves à elles, elles deviennent le cauchemar. Elles oublient la réalité en portant des masques “comme dans un putain de film, un putain de jeu vidéo”.
Korine saisit à la fois avec mélancolie et horreur les orgies organisées pour célébrer la jeunesse. Les sourires s’effacent dans les ralentis, les visages se déforment, les corps s’oublient. Il n’y a plus d’humain dans ces bêtes se trémoussant sur le sol. La pitié nous saisit, leur dépassement est futile, destructeur parce que sans but. Le film est décousu entre flashback, flashforward et répétitions. Les filles ont réussi à oublier le temps. La détonation d’un pistolet finit par être le seul moyen pour passer d’une action à une autre.

Korine regarde, prend en pitié, dénonce une société, transforme les princesses disney en furies, mais semble puritain dans sa conclusion. Le quarantenaire n’offre pas de solutions à ses filles. Celles qui s’en sortent sont celles qui ont la foi ou qui font des études. Comme si tout espoir d’une troisième voie était impossible, là est le désespoir de notre société.

Une réflexion sur “Le cauchemar americain

  1. Un film très intéressant du point de vue esthétique, dommage que le fond n’égale pas la,forme, on y croit finalement peu à ses étudiantes totalement débauchées, avant même que le Spring Break ne commence (braquer une supérette pour payer ses vacances, je connais peu d’étudiantes, même assez délurées, qui le feraient…). Un film où le voyeurisme prend vraiment trop le pas sur les idées (la critique du rêve américain), c’est vraiment dommage !

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