Arts & cultures/Littérature & philosophie/Théâtre & spectacles

Phèdre

Nina Gheddar

Le 30/04/13

Phèdre, le mythe.

Phèdre, tragédie classique par excellence, érigée au rang de chef-d’oeuvre de la littérature française tant la construction est parfaite, le vers noble et la langue harmonieuse.

Composée par un Racine à son apogée, elle reste une des oeuvres les plus adaptées sur les planches.

La pièce qui se joue déjà à guichets fermés dans la sublime salle Richelieu de la Comédie française, est cette fois-ci mise en scène par Michael Marmarinos.

Une pièce qui crée l’évènement

Une nouvelle adaptation qui promet un certain succès, notamment grâce à ses têtes d’affiche comme l’enfant chéri du cinéma et de la Comédie Française, Pierre Niney. Après avoir triomphé dans « Un chapeau de paille d’Italie », Pierre Niney, plus jeune pensionnaire de la Comédie Française, est très attendu dans Phèdre. Il joue Hippolyte, objet de la passion de Phèdre, l’épouse de son père Thésée. C’est « un personnage très absolu, pur, qui a une image de jeunesse innocente, au sens fort du terme, immaculée, avec en même temps un sens des principes et des valeurs qui va jusqu’à la mort », confesse le comédien dans une interview donnée au Point le 28 février.

Hésitation entre un héritage classique …

La tendance à l’adaptation de la pièce reste dans le respect et la tradition. Une conception prônée par Jean-Louis Barrault, qui, dans sa mise en scène de Phèdre en 1972 disait : « Phèdre est une oeuvre classique, il faut être économe. Il ne faut aucun ornement ou accessoire extérieur à l’action.  » De la même manière, la mise en scène de Vitez en 1975 au théâtre d’Ivry préconisait une certaine distance avec un recours systématique à une ambiance grand siècle, notamment dans le choix des costumes et des décors.

Dans la mise en scène de Michael Marmarinos, le poids du classicisme se ressent dans la scansion parfaite de l’alexandrin notamment. Le travail sur les mots est ainsi explicité par le metteur en scène grec:   » Dans la pièce de Racine, (…)  les mots sont des oiseaux ; ils s’envolent, et à partir de ce moment même, le temps devient irréversible. C’est cela, l’essence de la tragédie. Les mots voyagent très vite, les humains sont incapables de les retenir. L’essence de la tragédie est liée à une notion de vitesse; il est impossible de retenir – de rappeler- les mots, comme il est impossible de retenire -rappeler- le temps. A l’instar des oiseaux, ils n’obéissent pas. »

Le classicisme est également rendu par les personnages, ces héros grecs fragiles et pitoyables qui subissent la fatalité divine.

…et une modernité étrange et hermétique

Patrick Cheneau avait privilégié une mise en scène proche du spectateur en optant par exemple pour une diction naturelle. Ici, la modernité n’est pas apportée par la scansion des vers. Le décor reste assez sobre lui aussi, et traduit une certaine majesté.

Cependant, certains choix scénographiques émanant d’une volonté de modernité restent énigmatiques.  A l’instar d’un poster d’une statue antique (pourquoi?) et d’une radio posée sur une table de salon. Un bourdonnement, justement celui d’une radio au loin, accompagne l’intégralité de la pièce. La symbolique de ce choix demeure assez mystérieuse. Au final, la mise en scène reste elle assez élitiste.

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