Arts & cultures/Cinéma & films

Oncle Charlie quand tu nous tiens….

Paulina Gautier-Mons, le 16/05/2013

Stoker Mia Wasikowska Matthew Goode

 

Stoker  est signé par Chan-wook Park qui avait remporté en 2004 le grand prix du jury à Cannes avec l’inoubliable Old Boy. Le réalisateur sud-coréen glauque et gore (mais sans horreurs!) présente ici son premier film hollywoodien avec un casting de choix : Nicole Kidman est accompagnée de la nouvelle relève avec Mia Wasikowska et Matthew Goode. Dans un manoir digne de la famille Adams, leurs trois personnages s’approchent, se sentent et se confrontent.

Après la mort de son père India Stoker rencontre pour la première fois son oncle Charles. Un homme entouré de mystère qui ne tarde pas à s’immiscer dans la vie de la jeune fille et de sa mère.

Le speech simple, très librement inspiré de L’ombre d’un doute d’Hitchcock, nous embarque vers une habituelle descente aux enfers. D’expériences en expériences, d’initiations en initiations, la jeune India révèle son côté féroce. Son animalité s’exprime dans son regard de chasseresse, dans ses désirs impulsifs, dans ses mouvements sauvages, dans son rapport à l’autre enfin… Une tension permanente l’entoure, c’est avec son oncle qu’elle atteint son paroxysme. Un duo au piano restera surement l’une des scènes les plus marquantes, mais aussi les plus érotiques, de cette année.

Chan-wook Park se balade donc avec son thème favori, l’inceste, tout en reprenant certaines idées de mise en scène qui lui avaient valu sa reconnaissance mondiale. Ses enchaînements et sa maîtrise du temps sont toujours aussi libres avec des scènes s’emmêlant entre présent et passé à chaque instant. Sa caméra explore le domaine Stoker et nous le rend toujours plus inquiétant au fur et à mesure que la noirceur des personnages s’exprime.  Amoral, le réalisateur nous demande de jouir inlassablement.
La fin, décevante par sa simplicité, nous en empêche et souligne une certaine retenue dans le geste artistique. L’alliance entre le réalisateur et la méga-production Fox y est forcément pour quelque chose… Finalement assez tenu dans l’esthétisme, et trop souvent classique dans son approche des acteurs, Stoker ne décime pas les règles de la mise en scène comme Old Boy l’avait fait. Il n’en reste pas moins supérieur à la moyenne, prêt à vous entraîner dans des passions humaines surréalistes.

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