Arts & cultures/Cinéma & films

The bling ring

Annabelle Dufraigne, le 14/06/2013

The Bling Ring, sorti le 12 juin 2013 en France

Réalisé par Sofia Coppola, avec Emma Watson, Israel Broussard, Taissa Farmiga

Après Virgin Suicides et Lost in Translation, on s’attendait à un film frais, détonnant et singulier. Au contraire, le nouveau Sofia Coppola est certes explosif, mais répétitif et peu exaltant, au point de se demander si la réalisatrice est toujours la même.

Le scénario, plutôt pauvre, se résume en quelques mots : des jeunes filles riches de Los Angeles entraînent un garçon anxieux dans leurs cambriolages de célébrités. Fondé sur des faits réels, The Bling Ring retrace les aventures d’un groupe de cleptomanes, de leurs nombreux vols à leur procès. Par manque de réelle exploitation du fait divers, le film sombre dans une trame répétitive marquée par trois principaux éléments : le vol, la drogue et les nuits angelines.

Sofia Coppola aurait pu tirer parti de l’intrigue basique pour en faire un thriller excitant ou tout miser sur l’aspect socio-psychologique. Les thèmes de l’amitié, de la richesse et du mal de vivre auraient pu constituer un socle solide. Utilisés avec trop de parcimonie, ces éléments sont pas assez proéminents pour tirer un quelconque intérêt du fait divers. La simplicité de l’action est outrancière : il parait si simple de pénétrer dans la maison de Paris Hilton (des clés laissées sous le paillasson, pas de vigiles ni même d’alarme de sécurité…) que le suspense est complètement annihilé.

La bande originale, omniprésente et très entrainante, donne une certaine dynamique au film. Cela fonctionne au début, mais elle devient rapidement lassante pour finir par simplement couvrir les mêmes images que l’on voit sans cesse.

Les acteurs sont talentueux et justes. Emma Watson n’est pas décevante en adolescente insupportable mais drôle. On découvre un humour grinçant auquel Sofia Coppola ne nous a pas habitué, mais pas moins efficace. La caricature assumée de la « jeunesse dorée » de Los Angeles est amusante. Israel Broussard est assez touchant, mais encore une fois la psychologie du personnage de Marc n’est pas assez fouillée pour nous transporter.

Mais où est Sofia Coppola ? Dans le générique, où les images saccadées d’objets de mode somptueux sont rythmées avec la musique. Dans les séquences ralenties, caractéristiques de Coppola. Si elle a pu être taxée d’un esthétisme outrepassant l’intrigue dans certains de ses films, ici, l’esthétisme est quasi-absent. La fraîcheur de son cinéma, frôlant parfois le teen-movie, est toujours dynamisante et enthousiasmante ; là, la fraîcheur se transforme en orgie de jeunesse, de la musique aux dialogues.

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