Arts & cultures/Cinéma & films

L’étrange petit film

Solène, 12/04/14

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Il est des films que l’on va voir par désœuvrement. Parce qu’ils sont là, au cinéma, à la même heure que vous. Et qu’ils sont aussi seuls que vous l’êtes.

L’Etrange petit chat est un de ces films. Un de ces films que l’on ne va pas voir parce qu’ils n’ont l’air de rien et ne parlent de rien.

Un bien étrange premier film de l’allemand Ramon Zürcher. On le rattache, faute de savoir quoi en dire, à la veine du cinéma germanophone des dernières années où l’on parle peu, où le quotidien se mêle de fantastique.

Mais de quoi se mêle, ou dans quoi s’emmêle l’Etrange petit chat ? De/Dans la journée d’une famille berlinoise, assurément. Simon et Karin, deux jeunes d’une vingtaine d’années, rendent visite à leur petite soeur Clara et à leur mère. Ils préparent tous un dîner pour le soir, afin de recevoir d’autres membres de la famille. On ne quitte jamais l’appartement, sauf lorsque les personnages, à deux reprises, se souviennent.

Que l’on ne s’attende pas à un repas de famille mouvementé à la Festen.

Non, il ne se passe absolument rien qui ne soit pas banal, ordinaire. Hormis ces infimes touches poético-bizzaroïdes qui voltigent sur l’écran : un papillon, des pelures d’orange qui tombent toujours du même côté, un panier de course que l’on voit à la fenêtre, remontée du sol par une corde, seule technique que l’énorme voisine a trouvé pour remonter ses courses sans avoir à descendre. Et enfin, ce chien qui passe son temps à regarder le chat ronronner et qui en aboie de plaisir.

Les souvenirs qui surviennent, ceux que se racontent les personnages, sont laissés sans interprétation. Les relations ne sont pas dites, on ne peut que deviner l’agacement d’une mère vis à vis de sa fille, la fraternité amoureuse du frère et de la sœur, la solitude de la mère malade… Les paroles sont recouvertes par le bruit des objets ménagers.

Le film s’arrête sans que l’action se soit déclenchée. Le film a peu dire, peu à montrer. Il est réaliste sans l’être.

Ce film est à voir parce qu’on ne le voit pas. Parce qu’il est d’une inintéressante tendresse, d’un en-deçà à fleur de perception.

Parfois, quitte à perdre son temps, il est bon de s’arrêter au hasard voir d‘étranges petits films.

 

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