Atelier créatif étudiant

Le métro

Jade Bonté, le 25/11/14

lire-metro-tuer-temps-tuer-gens-L-kHVXG2C’est toujours affreux de commencer à raconter une histoire, on ne sait jamais par quel bout commencer. Je débuterais ainsi : j’étais dans le métro hier. Ahhh « métro », que c’est laid ! On imagine déjà cette carcasse de fer, qui grince et qui empeste. Je me trouvais donc, là, dans le tube, au téléphone en train de m’épancher sur mon sort -un long moment, trop long à en voir la tête des autres-. Et puis j’ai fini par raccrocher, avant de me souvenir combien j’avais détesté cette femme qui était restée trois quarts d’heures pendue à son mobile, combien je déteste ces moments où les gens m’imbriquent dans une branche de leur vie. Moi, quand je sais quelque chose sur leur quotidien, je ne peux plus faire semblant, ils me forcent à les prendre en compte, et j’aime pas ça. Mon imagination se déroule, et puis j’imagine leur vie. Pourquoi Matthieu est un salaud, et puis cette voix au téléphone, c’est à qui ? Et voilà que j’ai perdu le fil de mes idées.

Merci ! Alors j’ai demandé pardon à celui qui partageait mon strapontin. Oh ben on n’a tous nos soucis  qu’il me dit ; eh ; c’était partit pour une de ces nombreuses conversations emphatiques. Et puis il m’a demandé pourquoi elle était pas tout rose, ma vie. Bah, c’est compliqué. Et à ce moment exact, je l’ai regardé, le gars. Il n’était pas beau, mais je le voyais sincère, qu’il attendait une réponse, un truc qui avait du sens quoi. J’ai développé un peu : ah, les cours, le stress, le reste… Puis le mec là. J’suis paumée, la plus paumée de tout Paris. Vous savez moi, jme lève tout les matins parce qu’il fait encore beau en se moment, autrement, j’pourrais ne rien faire. M’enfin quoi, y’a quand même mieux à vivre qu’une journée tout seul et sans parler. Savez, vous devriez croire un peu en vous, parce que personne ne le fera pour vous.

Ah ce gars, je ne l’avais jamais vu et je ne sais à vrai dire même plus à quoi il ressemble, mais c’est comme si tout mon être était devenu de la pâte molle. Il avait compris ce qu’il se passait chez moi, ce vide, ce rien, structuré par ma peau. J’étais à ce moment un tas d’air sous compression, incapable de penser. C’est quand même dingue, un gars qui peut vous faire ça. Il m’avait saisie. C’était un vrai gentil çui-là. J’suis partie rapidement, en lui disant qu’il devait garder ça, qu’s’était bien d’être comme ça, et je lui ai faire le plus beau sourire que je puisse faire, peut être même bien que je l’ai embrassé de loin. En descendant les marches, j’me suis dit qu’il avait p’tête pas tord de dire ça. Après tout, qu’est ce que ça me couterait, de croire en moi. Je pourrais essayer, au moins demain. Voire après demain, ce truc là, ça fait peut-être du bien.0

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