Arts & cultures/Théâtre & spectacles

« La Visite de la vieille dame », une pièce comique noire et ironique

La Visite de la vieille dame, de Friedrich Dürrenmatt et mis en scène par Omar Porras

Théâtre 71 Scène nationale Malakoff

La vieille dame : « Je vous donne cent milliards, et pour ce prix je m’achète la justice. »

Dans cette pièce, il est question de la justice. La justice qui a condamné Clara, jeune femme de 19 ans, délaissée, amoureuse et enceinte, qui cherchait à établir la paternité de son enfant.

Son amoureux préférait se marier avec une femme plus riche. Il avait acheté des témoins et la justice avait condamné Clara. Elle fut obligée de quitter sa ville sous les huées et moqueries générales.

Utilisée comme prostituée, plus tard, elle fait la connaissance d’un milliardaire qui l’épouse. Elle reviendra dans sa ville alors qu’elle est devenue une Claire Zahanassian, pour se venger.

Dans une tragi-comédie âcre, Friedrich Dürrenmatt démasque la trahison des valeurs et des discours politiques. Il passe sous la loupe la morale et les règles sociales et montre l’injustice de la justice.01_LaVisiteDeLaVieilleDame OK ©Marc Vanappelghem.jpg-min

Une sinistre danse d’amour, de vengeance, d’avidité, et de conscience qui s’entremêlent pour peindre la triste vérité de nos sociétés.

Dürrenmatt montre que tant que la société humaine continuera à faire des femmes des putains, le monde ne sera qu’un immense bordel.

Omar Porras met en scène et joue dans cette danse vertigineuse.

Le plateau trouve son s’équilibre entre les moments solitaires d’amour nostalgique de la vieille dame et le chœur d’habitants exalté au cœur de la ville à la recherche quelques millions à lui soustraire.

Un train, une gare, beaucoup d’accessoires : literie, la suite gigantesque, des fleurs, et couronnes se bousculent et dessinent l’espace scénique. L’acteur masqué nous fait rire et la réalité qu’il joue éveille en nous la douleur de voir l’inquiétante ambiguïté de la nature humaine.

L’argent est toujours le maître. D’un côté, le jeune homme riche avait utilisé son argent pour faire pencher la justice et chasser la jeune femme, de l’autre, la vieille (la jeune femme de jadis) grâce à ses milliards fait chavirer toute la ville.

La comédie ironique à travers le grotesque et l’humour noir reflète notre société cynique.

Par Anna Salimi

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s