Arts & cultures/Cinéma & films

Ghostbusters (2016)

 

Ou

Le trop plein de haine, d’ignorance et de trolls

 

Ok, c’est bon, j’en ai marre. Je m’étais promis de terminer mon article sur Steven Universe avant d’en écrire un autre, mais la raison et la justice (j’aime les grands mots, oui et alors ?) m’appellent.

Que se passe-t-il dans ce monde pour que des films se fassent bâcher la gueule aussi violemment que Ghostbusters avant même la sortie officielle du film ? Où sont passées logique et intelligence ? Elles se sont retrouvées noyées sous une vague de pouces rouges et de commentaires haineux. Tout comme Kristen Wiig, Melissa McCarthy, Leslie Jones et Kate McKinnon.

ghostbusters 

Parlons polémiques

 

Il y a de nombreuses polémiques qui entourent le film. Elles sont aussi bien misogynes, homophobes, racistes que simplement haineuses.

La première vague de haine date du 3 mars 2016 lors de la sortie de la première bande-annonce sur Youtube. Depuis, les commentaires haineux fusent. Depuis quelques jours, on lit : « Une insulte à l’original. Même ma fille de 9 ans le déteste… », « Le prochain remake sera un Hulk gay. » ou encore « Ils vont donc faire Charlie’s Angel avec des hommes ? ». Rien de [presque] bien méchant. Mais les premiers commentaires n’y allaient pas par quatre chemins. Malheureusement, le flot de commentaires sur la bande-annonce m’empêche de retrouver les perles de sexisme et de haine qui m’ont fait jurer mes grands Dieux.

C’est officiel, avec ses 963 803 pouces rouges, cette vidéo est devenue la bande-annonce la plus détestée de l’histoire de Youtube. Bravo les trolls !

 

Parlons sexisme

 

Parce que oui, on s’en est bien rendu compte, les premiers commentaires ne visaient pas la trahison du matériau de base, mais plutôt le sexe du casting principal. « Mon dieu ! Des femmes pour faire un travail d’homme »… C’est moi ou bien c’était déjà le cas depuis la Première Guerre Mondiale ? Dans Ghostbusters (2016), les scénaristes n’ont pas peur de renverser les clichés sexistes en transformant Kristen Wiig, Melissa McCarthy et Kate McKinnon en brillantes scientifiques alors que Chris Hensworth est relégué au rôle de standardiste beau gosse mais complètement con. Tuons le sexisme et faisons-le bien !

Quels sont les arguments les plus utilisés pour défoncer le film ou prédire sa médiocrité ? L’agenda féministe bien sûr ! Tout comme les homosexuels tentent de pousser leur agenda lorsqu’un couple gay apparait dans un dessin animé ! C’est ce qu’on veut nous faire croire.

Le sexisme chez les acteurs, comme dans tout autre type de métier, est bien connu et de nombreuses actrices ont, plus ou moins maladroitement, tenté de soulever le problème. Selma Hayek a dit « Nous sommes considérées comme des objets sexuels ». Jennifer Lawrence, elle, s’est indignée publiquement en observant qu’elle était nettement moins bien payée que ses co-stars « porteur[s] de pénis » (j’aimerais bien connaitre les différences de salaire pour les quatre Hunger Games). Les cas d’actrices remontées contre les studios ne risquent pas de diminuer, croyez-moi !

 

Parlons racisme

 

Ce n’est pas un secret, le racisme pose problème aux États-Unis et on peut le ressentir à Hollywood. Un noir dans un rôle principal qui ne s’appelle pas Samuel L. Jackson ou Haley Berry pose problème pour beaucoup. C’est l’actrice Leslie Jones qui en fait les frais aujourd’hui.

Depuis la sortie du film, l’actrice a été victime de nombreux tweets racistes l’insultant, notamment, de singe. Comme c’est original ! La violence est arrivée à son paroxysme lorsque Milo Yiannopoulos, troll raciste et sexiste, s’est déchainé sur elle à travers plusieurs tweets. Triste, l’actrice a évoqué la possibilité de quitter le réseau social. Heureusement, le soutien de ses fans et de la presse ont rétabli les choses. Résultat des courses : Leslie est toujours présente sur le réseau, Milo en est banni à vie. Résolution « heureuse » peut-être, mais aucun acteur ne mérite ce que vient de vivre Leslie Jones.

Autre cas. Amandla Stenberg, alors âgée de 14 ans et interprétant le rôle de Rue dans Hunger Games, a elle aussi été victime de tweets racistes. Dans une interview elle explique que les commentaires portaient sur son personnage mais aussi celui de Cinna (interprété par Lenny Kravitz). Il semblerait que la « race » de Rue aurait ruiné le film, rendant sa mort « moins triste » et son personnage « moins innocent ». Pour être clair, le choix d’une actrice noire  était totalement justifié puisque l’auteure du livre elle-même a décrit le personnage comme ayant la peau sombre et les cheveux noirs.

 

L’époque d’un James Bond noir est encore bien loin !

 

Parlons carrières

 

Parlons rapidement de la carrière des actrices. Il semblerait, si on en croit les commentaires, qu’elles n’ont été choisies que pour leur sexe et non pas leurs talents. Il s’agit, comme je l’ai répété, d’agenda féministe. Pas d’actrices qui ont fait leurs preuves à maintes et maintes reprises.

Kristen Wiig n’est pas talentueuse, non, non. Preuve en est ! Elle n’a pas fait partie du casting du Saturday Night Live pendant près de sept ans interprétant des rôles tous plus drôles les uns que les autre comme Gillie ou encore Pamela. Elle n’a pas non plus été à l’affiche de Mes meilleures amies (2011), Welcome to Me (2014) ou encore Seul sur Mars (2015).

Melissa McCarthy n’a été choisie que pour permettre de faire des blagues sur les personnes en surpoids, bien évidemment ! Elle n’a pas du tout obtenu le rôle d’une série à succès, Mike and Molly (2010-2016), où elle interprétait le rôle principal, pour lequel elle a reçu l’Emmy Award de la meilleure actrice. A côté de la série, elle n’a pas joué dans des films de divertissement à succès comme Mes meilleurs amies (2011), 40 ans : toujours puceau (2012), Les flingueuses (2013) ou encore Spy (2015).

Jeslie Jones n’est présente que pour être « la guenon de service » (sic. twitter) et pousser l’agenda noir dans le monde, qui en doute encore ? Elle n’est pas du tout, depuis 2013 un membre reconnu et aimé du Saturday Night Live dont est, après un an seulement de présence, devenue une des actrices principale et auteure. Elle n’a d’ailleurs jamais été nominée pour aucune sorte de récompense pour sa qualité d’écriture.

Finalement, Kate McKinnon, qui est-elle pour pousser l’agenda gay ainsi avec son personnage (hypothétiquement) lesbien ? Elle non plus ne fait pas partie du Saturday Night Live depuis de plusieurs années. Elle n’a d’ailleurs pas interprété, avec brio, des personnalités comme Ellen DeGeneres, Hilary Clinton ou encore Angela Merkel. Elle n’a d’ailleurs jamais été nominée pour son travail de comédienne.

Ironie, quand tu nous tiens…

 

Parlons neutralité

 

Soyons honnête, est-ce vraiment encore possible ?

Il semblerait que non. Victime de ses polémiques, le film se retrouve au milieu d’une guerre civile idéo(idiot ?)logique. D’un côté, nous avons les sexistes ignorants. De l’autre les défenseurs de l’égalité des sexes. Toute tentative de discussion en ligne, de donner son avis se conclue par le même fiasco.

Si on n’aime pas le film, c’est parce qu’on est sexiste.

Si on l’aime, c’est parce qu’on fait partie de la clique féministe pour pousser son agenda.

Il n’y a clairement plus de juste milieu. Les questions artistiques et cinématographiques sont passées au second plan depuis bien longtemps.

Bien sûr qu’on peut ne pas aimer ce film ! Chacun peut trouver une raison valable cinématographiquement parlant de na pas apprécier Ghostbusters (2016). Mais le juger sur des critères sexuels et en parler sans l’avoir vu est intolérable.

 

Et mon avis dans tout ça ?

 

Et bien oui, mon avis est favorable et j’ai plusieurs arguments qui me pousse à croire que ce film rempli parfaitement sa fonction de divertissement.

 

En bon amateur de pop culture, j’ai vu le premier opus de Ghostbusters assez jeune et l’ai revu plusieurs fois depuis. Il est évident que le premier opus est bon, il n’y aurait pas autant de fans autours du globe si ce n’était pas le cas. Drôle, intelligent et bon casting, ce film avait tout pour plaire.

Je peux comprendre qu’on vive le reboot de la série comme un affront royal au premier opus ; mais la communauté geek n’est-elle pas habituée aux reboots ? Différents types d’univers chers aux fans sont constamment remis à zéro (pour le pire mais souvent le meilleur). Je peux citer ici la franchise Tomb Raider dont le reboot est fantastique ou encore l’univers cinématographique X-men dont les films deviennent meilleurs au fil des années.

Pour le cas de Ghostbusters (2016), tout est présent pour faire du film un bon reboot selon moi. Un bon casting, bien plus d’humour que les premiers opus, des tas de références hommages au premier opus et une intrigue qui fonctionne. Ce qu’il n’a pas, en revanche, c’est une bonne campagne de com. Oui, les bandes annonces étaient horribles. Mais il ne faut pas s’arrêter là. Les actrices sont crédibles dans leurs rôles et on sent très clairement l’alchimie. Pour moi, l’équipe fait sens et chaque personnage apporte quelque chose au film. Le film rend justice au matériau de base et s’en défait courageusement.

Il semblerait que les fans hardcore de la série ont oublié que Ghostbuster (2016) n’est pas la suite du premier puisque qu’il y a eu une suite directe sortie en 1989. Dans ce film, les scientifiques sont tournés en ridicule, on les prend pour des fraudeurs alors qu’ils ont clairement sauvé le monde dans le premier. Les stéréotypes et petits défauts amusants des personnages sont poussés à l’extrême et l’intrigue n’est qu’une redite mal ficelée du premier. Et c’est le reboot qui ruine votre enfance et tue l’original ? Laissez-moi rire.

Je félicite l’initiative des scénaristes d’avoir créé une équipe de Ghostbuster totalement féminine. Sans ce genre d’initiative, nous n’aurions jamais eu de Béatrix Kiddo ou de Captain Marvel féminine (prévue pour faire ses débuts au cinéma en 2018). L’art est un lieu de création et les volontés d’égalité entre les sexes on leur place au cinéma. L’art n’est-il pas, après tout, sensé soulever des questions sociétales importantes ? Alors oui, je veux une équipe de Woman in Black ! Donnez-moi un James Bond ovarien ! Et envoyez chier tous ces racistes homophobe et misogyne qui pullulent un peu partout !

Par Mickaël

Une réflexion sur “Ghostbusters (2016)

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