Arts & cultures/Théâtre & spectacles

« Les Trois soeurs », Tchekhov au XXIème siècle

E.C ∣ Du 10 novembre au 22 décembre 2017, le théâtre de l’Odéon nous présentait une adaptation inédite de l’œuvre de Tchekhov. Olga, Macha et Irina composent le célèbre trio de jeunes femmes partagées entre le souvenir d’un passé idéalisé et leurs espoirs en un avenir meilleur où elles accompliraient leur rêve : retourner à Moscou. Mais à mesure que les années s’écoulent, leurs idéaux s’éloignent irrémédiablement, les abandonnant à un destin auquel elles ne peuvent se soustraire.

Les Trois Sœurs de Simon Stone, un pari risqué mais réussi

Le metteur en scène a relevé un défi audacieux avec Les Trois Sœurs et pour cause : si l’histoire est celle de Tchekhov, le texte est le sien. Oser réécrire une œuvre dont la renommée semble l’avoir rendue intouchable aurait facilement pu se solder par un échec et indisposer les spectateurs venus assister à l’adaptation de l’œuvre originale. Pourtant, Simon Stone est habilement parvenu à saisir l’essence de l’œuvre, à la réactualiser sans la priver de la poésie du banal si caractéristique de Tchekhov. A l’ère des hautes technologies, la beauté parvient encore à s’immiscer dans le quotidien et à animer ces personnages appartenant désormais à notre siècle.

Il est également appréciable que, en dépit de son actualisation, l’œuvre ait fidèlement conservé à la fois les personnalités de chacun mais également l’intrigue qui ressort indemne de cette modernisation. Ainsi les spectateurs n’ont-ils pas la désagréable impression de s’éloigner totalement de l’œuvre.

Quant à la scénographie, bien que Stone en revendique l’absence de signification, elle ne reflète que trop bien l’atmosphère poétique de l’œuvre. Les personnages évoluent dans une maison moderne qui ne cesse de pivoter, et la simple mise en mouvement de la structure parvient à nous plonger dans une atmosphère onirique, tout comme la neige qui la recouvre et continue de tomber après l’entracte. Les comédiens interprètent avec une justesse poignante la douleur de vivre et l’émouvant fatalisme qui anime les protagonistes de l’œuvre originale. Tous les critères sont donc réunis pour que cette création originale, à défaut de la surpasser, égalise l’œuvre dont elle s’inspire.

 

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