Arts & cultures/Littérature & philosophie

Lolita et le pouvoir de l’imaginaire

Albien Gakegni ∣ L’histoire de Lolita  est celle de la vie d’un homme de 40 ans qui tombe amoureux d’une fillette de 12 ans. Apologie de la Pédophilie ? C’est en tout cas la raison de sa censure aux Etats-Unis.

Le parcours du personnage principal (lieux, histoire…) étant identique à la vie de l’auteur,  l’hypothèse de la critique littéraire est celle du récit de son propre vécu. Lolita serait une autobiographie conçue à la fois comme une mémoire et une sorte de confession intime.

Mais, le roman de Vladimir Nabokov, comme beaucoup d’autobiographies,  est un récit qui se fonde, paradoxalement, en partie sur la fiction. Bien que s’exprimant à la première personne, le narrateur ne cesse, durant tout le roman, de marquer le lecteur par le génie de son créateur.

Cette hypothèse de la fiction n’est malheureusement  vraie que pour ceux qui estiment que, loin de nous peindre la vie telle qu’elle, l’activité littéraire nous présente plutôt à la place, une lecture singulière et surtout subjective de l’histoire. Et c’est dans ce même élan de subjectivité que se place l’univers de déroulement du roman appelé l’espace inventé.

L’imagination se détache-t-elle de la vie des hommes ? Quelle place occupe-t-elle dans l’activité créatrice de l’écrivain ? Le récit qui trouve son épilogue dans le dénouement final sans objection du lecteur serait à concevoir comme un monde intermédiaire entre réalité et imagination. Un mystère qui  engage totalement  l’écrivain  dans son aventure.

Dans la biographie de Nabokov le personnage de Lolita apparait comme le mythe incontournable d’un amour osé mais jamais vécu comme tel. Sa conquête devient une obsession qui provoque un  désir insatiable dans l’âme de l’amoureux qui ne se sentira soulagé qu’après une satisfaction et une possession totales de l’être convoité. Une autobiographie forcée à être admise comme telle dans l’esprit du critique qui se limite à quelques éléments de concordance avec les faits  réels de la vie de l’auteur, alors qu’elle n’est que la disposition intérieure de l’écrivain par rapport à ce que devraient être les choses.

 

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