Un siècle de honte, un siècle d’oubli : comment l’Occident s’amuse avec les Kurdes

Louis Satabin | Marx disait que « l’histoire se répète toujours deux fois », il semble cependant au regard du dernier siècle que celle-ci s’est répétée bien plus pour le peuple kurde. Voilà maintenant une semaine qu’ils sont de nouveau sous le feu d’engins de guerre ne distinguant guère les enfants des soldats. Cette fois ci, les bombes sont signées Erdogan, il y a un an encore elles étaient marquées Al-Baghdadi chef spirituel de Daesh, il y a 10 ans c’était Hafez El-Assad dictateur syrien, il y a 30 ans l’acteur principal des massacres était un certain Saddam Hussein spécialiste des attaques au gaz, dans les années 1940 ils étaient écrasés par le Shah d’Iran alors que 20 ans auparavant c’était le dirigeant turc Mustapha Kemal qui s’occupait des massacres et déportations en tout genre.

Et dans tout ça, quel rôle pour les puissances occidentales ? Il est simple, froid et surtout honteux. Car voilà maintenant une centaine d’années que les Occidentaux font du peuple kurde une sorte de marionnette, de pion qu’ils agitent, qu’ils avancent selon leurs envies ou leurs besoins. 

Pourtant, cela sentait bon pour ce peuple de 40 millions de têtes, en 1918 le président Wilson clame ses 14 points, dont le 12ème précise que les Occidentaux doivent « garantir une sécurité absolue de vie et la pleine possibilité de se développer d’une façon autonome » aux régions sous domination turque donc au Kurdistan. Et ça sent même vraiment bon quand en 1920 lors du traité de Sèvre, apparait sur les cartes un Kurdistan autonome. Et puis après, c’est l’effet domino, en 1923, sous l’impulsion de Mustapha Kemal, le Kurdistan disparait comme par magie des cartes sans que les Occidentaux n’aient à redire. Loin est donc le rêve des Kurdes.

Et aujourd’hui rien n’a changé. Ce peuple laïc, démocratique, qui met en avant le droit des femmes subit des génocides et massacres par des régimes qui sont eux, théocratiques, dictatoriaux et répressifs et cela dans l’impunité la plus totale de la communauté internationale. Les Kurdes sont une vitrine des libertés, une bouffée d’air frais dans ce brasier qu’est malheureusement le Moyen-Orient. Pour sûr, on a entendu parler des Kurdes récemment, mais pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils étaient les pions terrestres de la coalition contre Daesh, comme ils l’avaient été en 2003 contre Saddam. Alors oui, la communauté internationale s’indigne, Trump par ses inévitables tweets, Macron par ses inlassables discours onusiens ou encore Merkel qui – comme toujours – arrête les ventes d’armes bien trop tard alors que le sang d’innocents inonde déjà la terre. Pendant que les massacres de l’opération « Source de paix » d’Erdogan commencent et que le nettoyage ethnique est en cours, ces puissances font le choix du déni, font le choix de l’ignorance, font le choix d’un oubli perpétuel. Voilà comment les Européens, dont la France pays des droits de l’Homme, et les Américains remercient leurs alliés. Leur Maison est peut-être Blanche mais leurs mains sont sales.

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