Ara Malikian, parmi l’Olympe

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Par Adrien Chupin

Si l’Olympia avait été le point culminant de la Grèce, le mont des dieux antiques, Ara Malikian et son violon auraient immanquablement eu leur place au panthéon. Le 13 octobre dernier, l’artiste a été adoubé par la mythique salle parisienne, grâce à sa délicieuse performance, passerelle entre le sublime et l’universel.

C’est le pianiste qui a l’honneur du premier projecteur. L’incroyable technicité mise à l’œuvre, la démonstration d’habileté, est dès lors le présage du concert de haute voltige qui va suivre. Puis le reste de la scène s’illumine et l’ensemble de la formation se dévoile au public à l’ouïe furtive. Ils sont 8 au plateau, mais très vite, les regards et les oreilles se focalisent sur la vedette du soir à la chevelure divine, celui dont le nom brille de rouge pour une nuit en lettres capitales sur le boulevard des Capucines : Ara Malikian et son violon ensorceleur.

Des sons insoupçonnés jaillissent des cordes, l’artiste et l’instrument font corps. Le premier solo, déjà, est magistral. Jouer du violon à genoux, en sautant, les yeux fermés, en tourbillonnant jusqu’à l’évanouissement, tout est possible tant la maîtrise est totale.

Ecouter Royal garage, son dernier album, c’est parcourir le grand écart proposé par ce personnage atypique : depuis sa découverte de la musique avec son père dans son garage souterrain au Liban, alors qu’à l’extérieur la guerre s’acharne à l’irraison, jusqu’à tenir entre ses mains le premier violon de l’Orchestre Symphonique Royal de Madrid. C’est en découvrant la tortuosité de son parcours que l’on comprend la variété de son répertoire. Arménien né au Liban, parti seul étudier son art en Allemagne puis à Londres, sa musique respire la culture tzigane, sent l’Amérique latine ou donne à voir l’Orient. Ara Malikian est un homme-monde, s’exprimant dans un français parfait.

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Le virtuose a taillé sa tenue orchestrale aux épaules et pailleté son dos pour se faire showman. Entre les morceaux, il est conteur de sa propre vie. Sa rencontre insolite avec Björk, sa carrière de castor au sein d’un groupe norvégien, sa courte expérience de musicien juif, les anecdotes sont croustillantes, de véritables pièces du spectacle ! Puis au détour d’une intervention hilarante, c’est une mélodie de Led Zeppelin qui s’invite dans son archet. Au tournant suivant, Alien’s office, pièce maîtresse du concert, symbolise son parcours d’étranger, d’extra-terrestre, mis en regard avec celui de millions de réfugiés qui souffrent de leur extranéité. Des mélodies orientales connues de tous investissent l’Olympia, avant qu’Ara Malikian ne parcourt les travées de la salle au son de la BO du film In the mood for love

A sa sortie de scène on voudrait suivre la troupe, vivre de musique, de fête, de rire, de voyage, simplement.

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