Le pollinarium : une sentinelle pour vous aider à mieux respirer

Camille BLANCHET │Au Havre, les périodes d’émissions de pollens sont mesurées grâce à un pollinarium. Cette structure, unique en Normandie, surveille des plantes polliniques, donnant espoir aux allergiques. 

Pour certains, le retour des pollens au printemps est redouté chaque année. Selon l’OMS, 50 % de la population mondiale sera allergique aux pollens d’ici 2050. Les facteurs contribuant à cette explosion incluent le changement climatique qui entraîne une pollinisation plus précoce et plus longue, perturbant la prise de traitement des allergiques. 

En France, près d’une personne sur trois est déjà concernée et la prévalence de ces allergies est en forte augmentation. Loïc, 38 ans, allergique depuis l’enfance, décrit son quotidien comme « un enfer ! Il faudrait presque que je m’enferme dans une pièce plusieurs jours pour que mes crises se calment. » Désensibilisé enfant, le traitement a été efficace pendant une dizaine d’années, mais ses allergies sont revenues, plus fréquentes et plus longues. « J’avais les yeux qui grattaient, hier, à la plage. Il n’y avait pas d’arbres aux alentours mais le vent transporte le pollen » témoigne-t-il, mouchoir à la main.   

Des floraisons de plus en plus précoces 

Le pollinarium du Havre, situé dans les jardins communaux verdoyants, est entretenu par des jardiniers. Ici, des plantes allergisantes aux bourgeons prêts à éclore sont alignées avec précision. Sur une parcelle de 80 m², 8 espèces d’arbres et 9 variétés de graminées y poussent. Camille Le Pape, botaniste, observe chaque jour les émissions de pollens : « Je détecte le début et la fin des floraisons, je fais valider ces observations par l’allergologue affilié au pollinarium puis je transmets ces informations pour prévenir les abonnés, inscrits gratuitement à la newsletter. » À ce jour, 2 000 personnes reçoivent les alertes et peuvent commencer leur traitement avant l’apparition des premiers symptômes et l’arrêter dès la fin d’émission de pollens. Elle précise : « Les données du pollinarium sont représentatives dans un rayon de 40 km, ce qui est utile pour les Normands.» Ce pollinarium fait partie de l’APSF (Association des pollinariums sentinelles de France) et travaille en partenariat avec l’Atmo Normandie, une association qui surveille la qualité de l’air. 

Un observatoire missionné par l’État

« L’Atmo Normandie transmet les observations du pollinarium et s’appuie sur d’autres outils comme les données de l’indice pollen pour donner des prévisions qui s’étendent jusqu’à 3 jours. Ce bulletin aide les personnes allergiques à adopter les bonnes conduites », explique Matthieu Primaux, ingénieur d’études et référent pollen au sein d’Atmo Normandie. Ces informations font appel à une méthodologie qui intègre des modèles météorologiques et de l’intelligence artificielle. L’ingénieur explique que ces dispositifs d’alerte sont aussi destinés aux professionnels de santé pour prévenir et adapter le suivi de leurs patients.

Le Dr Lukaszewicz, allergologue au centre hospitalier de Dieppe le confirme : face à ce problème de santé publique, le pollinarium et l’indice pollen sont efficaces pour prévenir les pollinoses. Il précise qu’en dehors du traitement médicamenteux, il faut suivre des conseils comme : « Se laver les cheveux le soir, changer de vêtements, ne pas aérer ses pièces en journée et, en dernier recours, faire une désensibilisation ». Des gestes simples, qui permettront de mieux respirer. 

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