Safia HAOUAR, Kenza Mebarki, Aurélien PARET │Porté par l’association étudiante L’Oreille de Dauphine, le festival quitte son nid habituel pour s’implanter à la Cité Fertile et proposer aux visiteurs une expérience culturelle et musicale inoubliable.
Après quelques pas autour des hangars, on se rend compte que leurs murs tremblent au son des basses.
Alors, en poussant la porte de la « prairie », on découvre des silhouettes s’animant aux sonorités dub lancées par Ackboo ou Sumac. Au sein de cette grande halle, absorbée par l’obscurité, seuls quelques spots lumineux viennent éclairer ces nombreux corps qui bougent au rythme des platines. L’atmosphère y est spéciale et cet instant hors du temps donne l’impression d’être ailleurs, loin du nord-est parisien.
De l’autre côté du site, le « préau » est ouvert sur les chemins de fer de la capitale. Ici, les sonorités jazz de Monika Kabaseke et le reggae de Lëk Sèn parviennent jusqu’aux oreilles des voyageurs du RER E qui, à quelques mètres des instruments, attendent leur train en musique.
Les mesures défilent tout au long de la journée jusqu’à ce que la scène extérieure prenne vie. Le soleil se couche et laisse la place aux « Women to Rock the Nation ». À ce moment, la scène DJ réserve le clou du spectacle à des mains uniquement féminines. Le festival se conclut avec le collectif Cuntastic, Léa Rocchi et Scolcab qui ambiancent les teufeurs aux sons techno.
Alors, en quittant le festival, on comprend que cet événement ne nous laisse pas indifférents et fait bien plus que de diffuser de la musique : il réunit, libère et engage.
Le choix de la Cité Fertile comme emplacement n’est pas anodin mais révèle un réel engagement écologique.
Ce lieu, grand d’un hectare, est connu pour sa préoccupation environnementale et sa volonté de la transmettre aux visiteurs à travers différents jeux et panneaux d’affichage. Ces derniers sensibilisent à la préservation des plantes, au tri ou encore à l’utilisation des toilettes sèches. Il est important de rappeler que ces installations sanitaires permettent d’économiser 250 000 litres d’eau chaque année et de produire 15 litres de compost.
On y retrouve également des bassins de récupération d’eau de pluie à plusieurs points stratégiques du site qui, depuis leur installation, ont récolté 2,37 millions de litres d’eau. On comprend donc par quels procédés le lieu regorge de verdure et se veut sensiblement fertile.
En fait, tout au long de la journée, nous avons l’impression d’être plongés au cœur de la nature : fleurs de coquelicots, lotus, lavande, plantes de fougère. Ici, un équilibre règne entre la nature, les espaces d’activités musicales et le village associatif. D’ailleurs, ce dernier présente des stands consolidés par des bambous, signe d’une volonté éco-friendly.
Le dévouement du lieu à produire et consommer des aliments de manière responsable permet de donner vie à un restaurant locavore (local et bio), servant une fois par semaine des plats anti-gaspillage réalisés à partir de restes. 30% de la carte des boissons est issue de l’agriculture biologique.
Dès lors, ce choix de village traduit un véritable engagement écologique afin d’implanter la vie du festival.
Cette nouvelle édition du festival rappelle la dimension collective de la musique, un art qui se partage, qui se vit et qui mène à la rencontre des autres. En effet, les genres musicaux du festival, à savoir l’électro, le jazz ou encore le reggae sont à l’honneur, et les performances des artistes permettent de rassembler aussi bien des jeunes étudiants que des trentenaires ou encore des seniors. Les scènes transcendent les différences d’âge et de générations et ont créé un espace propice à l’échange autour de la musique, remettant au cœur le poids social des festivals : un lieu où l’on partage ce que l’on aime et où se créent de nouvelles rencontres.
De plus, le festival met en valeur le travail de l’association étudiante L’Oreille de Dauphine, qui crée des espaces de débats, de discussions et de partage autour de la musique. L’initiative et la capacité des étudiants à créer s’ancrent dans l’imaginaire collectif, mais également dans la dimension physique et réelle du festival.
Le festival a également mis en place un village associatif comprenant des stands d’associations étudiantes autour de plusieurs causes : le poids du journalisme et des médias, le féminisme et les luttes intersectionnelles, l’aide humanitaire pour Gaza ainsi que la place du cinéma dans la société. La musique n’est donc pas restée qu’un simple fond sonore mais a créé un espace de luttes qui résonne à travers d’autres initiatives étudiantes.
De cette façon, le festival Music to the Rock Nation pour cette édition 2026 réaffirme que la musique est non seulement du plaisir mais aussi un moyen de se rassembler et de résonner avec les autres et le monde.
