Arts & cultures/Cinéma & films

Moonrise Kingdom de Wes Anderson, film d’ouverture du 65è festival de Cannes.

Donnia Ghezlane, le 18/03/12

Nos voyages ne seront jamais vraiment aussi impressionnants que ceux des personnages de Wes Anderson. Pas de train imaginaire traversant toute l’Inde, pas de camp de scouts nommés « Ivanhoé » pour deux enfants fugueurs et amoureux, pas de sous-marin pour traquer une créature mystérieuse qui aurait tué un frère Zissou et encore moins des retrouvailles, après ces longs voyages, comme ceux-ci. Il y a un an, je suis tombée sur un critique (du site Critikat) qui parlait du Darjeeling Limited. On essaye bien trop souvent de décrire l’univers et le personnage de Wes Anderson et bien trop souvent, on se cogne à sa complexité épineuse et on remarque qu’il est bien difficile de le ranger. Et bien, voici une des rares critiques qui m’ont satisfaite et qui a réussi à parler de Wes Anderson sans le dénaturer. Ce critique disait :

« On est presque dans la bande dessinée, dans un univers bric-à-brac ni fantastique ni réaliste, maniéré et précieux mais terriblement attachant. Le monde que propose Wes Anderson ressemble à ces rêves dans lesquels le quotidien est légèrement déformé par un je-ne-sais-quoi indéfinissable, au charme instantané. Il ne faut pas pour autant perdre espoir en Wes Anderson : en prélude au film, un court-métrage, Hotel Chevalier, bouleverse plus en dix minutes que le film qui suit en deux heures. Le personnage incarné par Jason Schwartzman dans Darjeeling Limited retrouve son ex-petite amie (Natalie Portman) dans la luxueuse suite d’un hôtel parisien. Et puis ? Rien. Et pourtant, dans les silences entre les deux personnages, dans la répétition obsessionnelle d’une chanson au parfum délicieusement suranné, dans le mystère des bleus qui parsèment le corps de Natalie Portman et font écho aux bleus au coeur de Jason Schwartzman, on retrouve le Wes Anderson des débuts, où la forme (extrêmement maîtrisée) est entièrement au service d’une histoire de rien du tout, fragile de bout en bout, mais portée par la grâce de comédiens ravis d’habiter des personnages en lesquels tout le monde (réalisateur, comédiens, spectateurs) a envie de croire. Espérons que Wes Anderson saura retrouver cette foi pour son prochain long métrage ».

En parlant du prochain long métrage d’un Wes Anderson qui n’a, une fois de plus, pas lésé sur le filtre jaune, le voici enfin : une perle en velours côtelé nommée Moonrise Kingdom avec pour la énième fois à l’affiche Bill Murray et Jason Schwartzman et pour la première fois, Edward Norton et Bruce Willis. Une perle qui est censée nous être offerte en mai 2012, avec un peu de patience.
Et si vous aimez les bandes-annonces qui passent de la vieille chanson française, ces réalisateurs qui veulent montrer que leurs inspirations viennent de valeurs sûres comme Rohmer ou Godard, la vieille France, la bonne France, celle qu’on regrette, je vous propose aussi de regarder ceci : Submarine.

Pour regarder la bande-annonde: http://www.youtube.com/watch?v=7N8wkVA4_8s

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