Arts & cultures/Cinéma & films

Madone en résistance ( critique cinéma )

Guillaume Collet, le 13/05/12

Barbara

Allemagne, 2012, film de Christian Petzold

 

Nous voilà plongés en pleine guerre froide, dans un de ses théâtres les plus violents : la RDA. La difficile lutte pour le contrôle de la pensée qui s’y déroule nous est montrée avec force et élégance par le réalisateur Christian Petzold. Celui-ci filme une guerre sans héros, sans monument, où le champ de bataille se déplace des plaines à l’intérieur des bureaux. L’agression est quotidienne, et le but : le contrôle des crânes. Chacun doit adhérer au parti sans concession. Christian Petzold penche sa caméra sur une société aliénante et filme  l’émancipation coûte que coûte, même dans la douleur.

Car si cette guerre n’a pas fait de héros, elle a fait ses victimes.

 

Barbara est une de ces victimes : elle a tenté de s’enfuir, a échoué. Mais elle résiste, donne l’impression de ne pas avoir été prise. Le film commence à la sortie d’une détention que l’on suppose douloureuse. Elle arrive dans le nouvel hôpital de campagne où on l’a transférée. Il s’agit d’une punition bien sûr pour elle, médecin de la ville.

Pas de visage tuméfié ni d’instrument de torture… Petzold donne une nouvelle esthétique à l’imaginaire visuel des films du temps du rideau de fer. Les ambiances sont plus douces, tranquilles, mais non moins oppressantes. L’actrice porte presque seule cette étouffante atmosphère. Et pour cause, le réalisateur met son cinéma à son entière disposition. La caméra ne cesse de magnifier cette femme à la fois sensuelle, résistante, distante, sans pour autant jamais la rendre froide. Une humanité rêvée, digne dans son combat. Barbara est de ces héroïnes auxquelles il faut penser dans les moments difficiles comme dans les bons.

 

Néanmoins, le traitement, sans lourdeur ni maladresse, mais attendu du sujet donne une impression de déjà -vu. Pas de condamnation outre mesure : même les salauds on un point faible, une part d’humanité. La narration et le discours général nous font penser à notre enfant quand il quittera ses films Disney : le genre de bon film qu’on lui montrera pour qu’il développe une conscience, et qui lui permettra en plus de réviser son cours d’histoire.


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