Arts & cultures/Expositions & musées

Robert Crumb – le grognement de la contre-culture américaine

Cecilia Triay, le 19/05/12

Robert Crumb, Autoportrait, 2001

Robert Crumb: de l’Underground à la Genèse – le grognement de la contre-culture américaine

du 13 avril au 19 août 2012 au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris

On est loin des comics Disney de son enfance et de son éducation catholique. Sexe, politique, violence, religion rythment ses compositions, avec lesquelles il attaque les principes conservateurs de cette société judéo-chrétienne à laquelle il appartient, les États-Unis. Ses personnages, qu’il conservera, lui apparaissent dès les années 60 sous l’emprise du LSD. Exemple de Mr.Natural, sorte de gourou hippy débridé, à la longue barbe blanche dont on suit les péripéties au fil de l’exposition. Crumb sera à l’initiative de nombreuses revues telle que Zap Comix (caractéristique du mouvement de la contre-culture des années 60-70) – avec un «x» qui sous-entend «interdit aux mineurs» – c’est une BD pour adultes où l’on retrouve les thèmes tels que la violence et le sexe. La sexualité est une source d’inspiration majeure pour lui. Les femmes, à défaut d’être des héros atypiques comme les hommes, sont très sexualisées et incarnent ses fantasmes: dessin d’une femme sans tête dont il ne reste que le corps/objet qu’il s’applique à dessiner plus que celui de l’homme (dit-il dans une vidéo). Son idéal féminin ferait peur à n’importe qui en même temps: amazone, bodybuildé et de surcroît poilu alias Big Foot; il se met en scène avec dans ses dessins et lui consacre une série. Crumb fait également l’apologie de la musique, surtout celle des années 20-30 qu’il apprécie particulièrement, et que reprend la musique de fond.

Une salle est consacrée à ses illustrations de La Genèse (ouvrage réalisé en 4 ans). De l’Underground à la Genèse reflète bien le caractère schizophrène de sa personnalité en traitant de sujets variés et contradictoires; un peu comme la société américaine, dont il fait la critique, avec ses guerres, son hyper-consommation, sa cupidité et paradoxalement sa dévotion à la religion. En 91 Crumb sa famille et son esprit non-conformiste, s’installent définitivement dans le Sud de la France. Avant de quitter l’expo on découvre qu’il a une femme, Aline, dessinatrice. Elle encourage ses histoires les plus tordues, car il vaut mieux qu’il les couches sur papier (les histoires) qu’il ne les vivent dit-elle (ref.video). En 99, il reçoit le Grand Prix du festival de la BD à Angoulême.

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