Arts & cultures/Musique

Appel à l’écoute souterraine.

Sophie Hantraye, le 21/05/12

Il y a quelques jours, ligne 6: alors que feu Ian Curtis revivait dans mes oreilles, un homme est entré dans mon wagon, guitare à la main, sourire contre-Colgatien aux lèvres, nonchalance ivrognesque au corps. « L’habit ne fait pas le moine » m’a t-on dit, quand j’écoutais encore Dorothée et Bernard Minet. Qu’à cela ne tienne, intriguée, je fais tomber le casque et laisse travailler mon ouïe. 5 minutes plus tard et 2 stations trop loin, je remerciais dame Curiosité et le génial bluesman du métropolitain. Mais! Autre chose a retenu mon attention: les écouteurs et autres casques audio n’avaient pas quitté les esgourdes de mes compagnons de rails.

Sans pour autant nier le talent discutable de certains, avides de fraiche monnaie, je lance un appel à l’écoute des musiciens « under-ground », des illégaux comme des gagnants du casting de l’Espace Métro accords. L’impitoyable jury, composé principalement d’employés bénévoles de la RATP, délivre tous les 6 mois, et ce depuis 15 ans, leurs accréditations aux musiciens choisis. Ces derniers ont ainsi « la chance », de pouvoir jouer, légalement, dans les couloirs (uniquement) de notre indispensable métro. Nos chers péruviens et leurs flûtes de Pan leur disent merci (nous, pas toujours).

Ainsi, ne nous plaignons plus de l’onéreux accès aux salles de concert, et profitons un peu plus de la gratuité souterraine de notre amie Musique. Qui a croisé Keziah Jones et Ben Harper dans les couloirs sans prendre la peine de les écouter, s’en mord les doigts. (Qui a croisé Pep’s et Lââm et préféré garder son casque audio, s’en remettra.)

4 réflexions sur “Appel à l’écoute souterraine.

  1. C’est beau, c’est bien écrit et en plus il y a une morale à la fin. Pour ma part j’ai déjà bruler mes écouteurs!

    • Quelle réaction enflammée! Sophie, vous déchaînez un vent de passion dans les rames du métro.

  2. Et quatre fois sur cinq, lorsqu’il enlèvera ses écouteurs, le badaud pourra découvrir ou redécouvrir avec passion la version « underground » de la Lambada, reprise à l’accordéon par un pauvre bougre trainant depuis son camp aux abords de l’autoroute son lecteur md scotché à un ampli ficelé avec des tendeurs de vélo à un diable pliable tuné à roues de rollers. Puis remettra son casque en rabaissant les yeux sur son smartphone!

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