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Edward Hopper

Guillaume Collet, le 14/10/12

Grand Palais.

Du 10 octobre 2012 au 28 janvier 2013

Nous voilà sur les Champs Elysées, comme souvent à Paris la nuit tombe tranquillement, il pleut juste ce qu’il faut pour rendre les toits, les trottoirs luisants. Les cheminées coupent un ciel d’encre sous une lumière de champagne et ne comblent pas notre soif de vision. Ce que nous cherchons, ce que nous désirons, ce qui nous pousse sur les parterres glauques et boueux du triste boulevard, c’est l’espoir d’une composition urbaine unique, la tentation d’un shoot à l’harmonie toute particulière d’Edward Hopper.

L’annonce de l’exposition a engendré l’attente. Un manque accentué par la souffrance de ne pouvoir consulter dans nos musées aucune toile de ce maître du cadrage. Alors passant les portes de la Grande Galerie nous échangeons sans regrets notre nuit parisienne avec cette Amérique magnifiée.

L’exposition commence, agréable, spacieuse. Les premiers textes lus,  nous pressons le pas pour s’engouffrer dans la salle, avide de peinture. Une, deux et puis plusieurs toiles, mais stupeur, ce ne sont pas encore celles de l’être aimé. Ces tableaux de substitution proposés sont de qualité et introduisent le contexte, les influences picturales de notre peintre. La scénographie prend son temps dans un désir d’explication et nous mets au supplice. Le manque grandi, l’absence d’Hopper se creuse. Est ce encore un de ces concepts ravageurs ? Une exposition de Hopper sans Hopper ? Crainte, angoisse et vertige nous sautons d’un coup à la salle suivante, faisant fit du texte bien écrit et complet. Le manque est total, l’envie souveraine.

Et d’un seul coup, Hôtel Room invite notre regard. La fascination opère, nous ne lassons pas  d’essayer de comprendre la sensualité de cette femme, le mystère de la lettre qu’elle tient entre ses mains. Puis nous nous promenons d’une chambre à l’autre de Morning sun à Excursion into philosophy. A chaque fois ses personnages, postures délicates, airs graves, imposent une terrible présence. Même impression qui se poursuit avec les extérieurs faits d’une harmonie fragile, suspendue.

Long voyage, l’exposition nous propose un parcours généreux. L’ambition est de dépasser la présentation d’un artiste en nous montrant l’éclosion lente et réfléchie de son œuvre singulière. Je ne peux que trop conseiller d’accepter l’envie d’écrire, de filmer qu’Hopper nous propose. Je ne peux qu’inviter à fantasmer avec le calme brut de ses journées, le sauvage tamisé de ses nuits.

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