Arts & cultures/Cinéma & films

Les bêtes du sud sauvage

Justine Le Moult, le 14.12.12

La tempête du Bayou

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Les bêtes du sud sauvage.
De Benh Zeitlin, avec Quvenzhané Wallis.

 

« Il était une fois une Hushpuppy qui vivait avec son papa dans le Bassin« , petite île du sud de la Louisiane. Or, comme dans toute histoire, avant le happy end, il faut une fin première : fin d’un monde, fin des illusions, fin de l’enfance… emportée ici par les eaux du Bayou qui menacent de submerger l’île, à cause des fontes de la calotte glaciaire. Telle une nouvelle Noé, l’Hushpuppy tente alors de sauver cet univers sauvage qui va au vau-l’eau.
Fable lyrique et leçon écologique (le film est inspiré de la tempête Katrina qui a touché la Louisiane en 2005), cette odyssée poético-réaliste a été remarquée par de nombreux festivals, et son jeune réalisateur prometteur, l’américain Benh Zeitlin, récompensé par la prestigieuse Caméra d’or du Festival de Cannes.
Tantôt bercés, tantôt bousculés par la voix de l’Huspuppy, on se laisse transporter dans ce conte imagé et touchant, plaidoyer vibrant pour une humanité réconciliée avec la nature, où la petite fille, au caractère bien trempé, tente de sauver son monde, de survivre dans un univers en décomposition, de trouver un remède à son père, et de retrouver sa mère. Il faudra pour cela que Hushpuppy deviennent un Homme, davantage qu’un Homme, un animal, féroce, sauvage, pour pouvoir apprivoiser ses peurs (métaphorisées par de préhistoriques monstres géants) et affronter l’eau, « démon-omnivore, rafleur d’îlots, faiseur de mirages, briseur de digues, débordeur de mondes » (Michaux, Passages).
Dans l’atmosphère brumeuse propre au Bayou et aux rêves de l’enfance, entre jovialité et détresse de ces survivants qui refusent de quitter leur terre (on peut d’ailleurs saluer la prestation de ces acteurs non professionnels), on découvre un monde en marge, qui refuse les barrages et la modernité, et qui vit encore ancré dans la magie et l’onirisme des légendes primitives .
Un film profondément humain et poétique.

3 réflexions sur “Les bêtes du sud sauvage

  1. Parfois je me dit que je devrais aussi habiter dans un cinéma comme Justine…merci pour ces tous articles! Qui nous rappelle qu’il y à toujours mieux à faire que de poster des commentaires sur le net

  2. Ce sont les commentaires qui font réellement vivre ce blog! Alors oui aux commentaires, oui à la participation interactive (ou à l’interaction participative, au choix!)

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