Arts & cultures/Cinéma & films

WORLD WAR Z

Mehdi Farcy, le 10/09/2013

Image World War Z

Une icône du cinéma à la tête d’un film de zombies ? Dis comme cela, ce long métrage peut paraître sans intérêt. Et pourtant World War Z surprendra plus d’un spectateur. Il faut dire que Brad Pitt, qui incarne Gerry Lane, y est pour beaucoup. Son personnage est loin du stéréotype violent auquel on pourrait s’attendre. On est loin en effet du super héros qui tire à l’aveuglette sur des morts-vivants. Gerry Lane est plutôt calme et réfléchit. Sa mémoire impressionnante lui sert dans sa profession d’enquêteur à l’ONU. Pourtant, le début du film laissait à présager que World War Z ne serait qu’une pâle copie des autres films de zombies. Car à l’instar des longs-métrages américains, on retrouve Brad Pitt en présence d’une famille heureuse, riche et à bord d’une voiture de luxe. Cet aspect n’est heureusement pas revisité. L’image du père de famille qui laisse derrière lui sa femmes et ses deux enfants pour accomplir son devoir est plus approfondis. Le sentiment de déchirement et de culpabilité du protagoniste revient souvent dans le film. La manière dont est traitée la menace des morts-vivants est elle aussi originale. Contrairement à d’habitude, les personnages n’évoluent pas dans un espace restreins: le plus souvent un centre commerciale ou une ville. Ici, c’est le monde entier qui est le théâtre de cette fin du monde. On passe ainsi des Etats-Unis, de la Corée du Sud, d’Israël, pour enfin arriver en Inde. Malgré l’atmosphère tendue du film, la présence d’un humour est parfois au rendez-vous. Certains militaires prennent avec légèreté le danger qui les guette. Une réplique illustre notamment cet état d’esprit: « La cervelle c’est nickel, les rotules c’est pas nul». Celle-ci explique comment neutraliser les zombies. Les lieux de l’action sont eux aussi diversifiés: entre la ville apocalyptique où commence l’invasion des zombies, les immeubles où les personnages tentent de trouver refuge, ou encore les huis clos dans lequel l’angoisse et l’adrénaline se font sentir, World War Z sait varier l’espace où évolue ses personnages. Une scène se distingue nettement des autres: une attaque de zombies à l’intérieur d’un avion, entraînant le crash de celui-ci. Seul endroit qui n’a pas été exploité par les réalisateurs: les lieux reculés, comme la rase campagne.

Certaines variantes des films de zombies sont suivi à la lettre. C’est le cas des lieux commerciaux dévalisés par les rescapés, du vol entre ces derniers, ou de la recherche désespérée d’informations provenant du monde extérieur. De plus, comme toujours devant ce genre de situation, certains préféreront se cacher, tandis que d’autres voudront lutter. En revanche, les zombies de World War Z se différencient du mort-vivant classique par certaines caractéristiques: leur rapidité et leur capacité à faire des sauts de plusieurs mètres de haut. Pour cette raison, le film démarre sur les chapeaux de roues en nous plongeant directement dans le vif du sujet: les zombies. Plusieurs points communs avec le zombie traditionnel sont malgré tout notables: leur démarche irréfléchie, leur réaction aux moindres bruits, et leur vulnérabilité suite à un impact physique au niveau du cerveau. Le temps de contamination varie quant à lui: il peut passer de quelques secondes à dix minutes selon la victime. World War Z parvient donc à renouveler le genre des films de zombies. On peut se demander pourtant si d’autre œuvres dérivées des mort-vivants n’ont pas contribué au succès de ce long-métrage. La série The Walking Dead en est un parfait exemple. Sortie depuis 2010, cette série connait depuis un véritable succès aux Etats-Unis et à l’étranger, au point que les producteurs espèrent faire perdurer cette série jusqu’en 2022. Un véritable phénomène autour des zombies existe donc aujourd’hui, si bien que les créateurs de World War Z ont donné leur accord pour un deuxième volet.

Une réflexion sur “WORLD WAR Z

  1. Cette critique assez positive dans l’ensemble pourrait (presque) donner envie de gaspiller 8€ pour aller se vider les neurones au cinéma… Si seulement la critique du Monde.fr ne m’avait pas donner envie d’impitoyablement boycotter cette superproduction apparemment mièvre, et, ce qui est bien pire, à l’idéologie extrêmement controversable ! Se vider la tête, d’accord, mais la remplir à nouveau avec des idées douteuses voire scandaleuses, non merci !
    Lisez-plutôt :
    « World War Z n’est pas dépourvu de discours politique pour autant. Mais lorsque celui-ci se manifeste enfin, on reste bouche bée.
    S’enquérant de l’endroit le plus sûr de la planète auprès de militaires, Gerry Lane file sur leurs conseils à Jérusalem. Le territoire a été préservé de l’invasion zombie grâce à la barrière de séparation érigée par les Israéliens contre les terroristes palestiniens. Le mur de la honte comme atout géopolitique ? On n’en revient pas.
    Sur ces entrefaites arrive un agent du Mossad qui se targue de la capacité d’anticipation des Israéliens, lesquels cohabitent par la force des choses et dans l’actuelle situation de crise, avec les Palestiniens. Film d’anticipation progressiste, se prend-on à penser, malgré l’épisode scabreux sur la lucidité politique des Israéliens ?
    L’affaire achève de se compliquer quand une femme voilée s’empare d’un micro pour entamer un chant, bientôt relayée collectivement, côté arabe. Excités par le bruit, les zombies à l’extérieur de l’enceinte se mettent à s’entasser pour finalement envahir le sanctuaire. Les Palestiniens responsables de la violation d’un territoire jusqu’alors intact ? On laissera le spectateur juger de l’idéologie rance à l’œuvre ici qui se double d’une belle part de misogynie, puisque celle à l’origine de la catastrophe est une femme.
    Le film enfonce le clou du machisme quand l’épouse du héros déclenche à son tour une tuerie malgré elle, à cause d’un coup de téléphone inopportun, passé dans un moment de désœuvrement.
    Réac, machiste, World War Z est une altération du film de zombie qui s’achève sur un ultime empilement : celui de corps dans de vastes charniers auxquels on met le feu « pour régler le problème ». Image glaçante et cynique, à l’image d’un film d’action pure, dangereusement désinvolte. »

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