Arts & cultures/Séries télé

House of Cards

Paulina GM, le 22/09/2013

« Aimer le mal par le mal »

House of Cards a quelque chose d’irrémédiablement attractif. Est-ce dû aux riches idées de mise en scène, aux personnages hauts en couleurs, à l’intrigue originale ou à la perversité maladive de cette série? Ce qui est sûr c’est que la nouvelle série diffusée sur canal + a créé le buzz aussi bien en France qu’Outre-Atlantique. 

Elle est l’une des premières séries diffusées par Netflix. Aux Etats-Unis, Netflix c’est tout un monde. Cette chaîne qui coûte 12euros par mois permet à ses abonnés d’accéder à un nombre de films considérables et de recevoir autant de DVD qu’ils le souhaitent. Encouragée par son succès la chaîne américaine commence à s’implanter en Europe. Son efficacité en tant que distributrice et ses choix artistiques peuvent faire rougir nos chaînes. En produisant House of Cards, Netflix affirme sa passion pour le cinéma car c’est effectivement bien le septième art qui hante cette série. 

Elle même tirée du roman de Michael Dobbs puis de la mini série britannique éponyme, elle a été “développée” par Beau Willimon, celui qui a écrit la pièce de théâtre qui inspira Les marches du Pouvoir, réalisé par George Clooney. Surtout les deux premiers épisodes ont été réalisés par David Fincher, également producteur avec l’acteur principal : Kevin Spacey. Les deux se connaissent bien puisque Spacey a joué dans Seven en 1995. Leur collaboration permet à la série de dépasser les nanars politiques en prenant à parti le public auquel s’adresse directement le personnage principal. Une idée géniale qui met le spectateur en position de voyeur, ce qui rend la chose d’autant plus excitante et/ou écœurante, on ne sait pas et c’est bien là le génie.


Kevin Spacey a déjà endossé, entre autre, le rôle d’un psychopathe et d’un grand méchant loup de la finance (dans le très bon Margin Call). Cette fois il interprète Frank, un manipulateur de première qui ne désire qu’une chose : devenir vice président des États-Unis pour obtenir toujours plus de pouvoir. Soutenu par sa femme, interprétée par une implacable Robin Wright, il met une à une les pièces sur l’échiquier pour jouer le dernier coup en temps voulu. Si quelques péripéties peuvent parfois ennuyer, elles seront toujours utiles pour cerner le personnage qu’on hésite, pendant un certain temps, à haïr ou à vénérer. C’est surtout là que réside la réussite de House of Cards, le dégoût total de ses pratiques ne nous empêchent pas d’être complice des réussites ou des échecs de Frank. Les superbes images sont toujours là pour que le spectateur puisse facilement s’immiscer dans le champs, comme s’il faisait lui-même parti des décors de Washington. Cette impression est évidemment renforcée par le dialogue qui s’installe entre lui et Frank. Ce personnage, inspiré par le Richard III de Shakespeare, transpire la corruption comme nombre de nos politiques aujourd’hui, ce qui rend la série encore plus fascinante et audacieuse. Le goût du scandale et du vice, l’excuse du mal nécessaire, l’adoration du pouvoir avant celle de l’argent, c’est cela qui créé Franck mais c’est aussi cela qui attire les millions de téléspectateurs.

Perverse jusque dans sa réception on attend avec impatience la saison 2 qui devrait sortir en 2014…

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