Arts & cultures/Théâtre & spectacles

AnnAteur!

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Anna de Serge Gainsbourg

Mise en scène : Emmanuel Daumas

Théâtre Musical Pop, au théâtre du Rond Point du 6 septembre au 6 octobre 2013.

Par Guillaume Collet

Comme souvent, il faut se méfier des projets, trop branchés, trop parisiens, un brin snobs. Ressusciter une œuvre underground, que l’on dit culte, d’un artiste oh combien populaire.

C’est donc Anna, pièce comédie musicale écrite en partie par Gainsbourg pour l’actrice égérie de la nouvelle vague du même nom, Anna Karina, que nous présente le théâtre du rond point.

Comme toujours pour rendre le cadavre vraiment attrayant on y ajoute du sang neuf, la belle Cécile de France.

Comme toujours on se laisse tenter.

Il suffit de quelques minutes de ce spectacle pour en venir à la conclusion que si  Gainsbourg était doué pour la chanson, il l’est beaucoup moins pour le théâtre. Force est de constater que les scénaristes et cinéastes, Dabadie et Koralnik, qui ont travaillé le texte, n’étaient pas plus inspirés. On ne passe impunément pas des planches des dancings aux planches d’un théâtre. Et, si pour deux minutes d’un bon morceau, une intrigue aussi forte et percutante qu’un slogan publicitaire des années soixante suffit, c’est une autre question pour une heure et demie.

La mise en scène d’Emmanuel Daumas, malgré plusieurs trouvailles, ne semble aucunement interroger la pièce, sa résonnance possible aujourd’hui. Aucune réflexion non plus sur la figure de Gainsbourg, qui ne cesse d’être invoquée vulgairement par des cigarettes et une voix grave. Ne reste que Cécile de France qui exhibe son dynamisme comme un énième argument de vente. Les multiples emprunts, à la pop, aux concerts, au cinéma, ajoutent à la confusion d’un objet qui peine à se construire, et nous donne une heure et demie de spectacle inégale, hybride, lent.

Les musiciens et les acteurs plus que de travailler ensemble, pour le malheur des spectateurs, semblent se déranger les uns les autres.

On est vexé de voir tous ces talents malmenés par une mise en scène obsédée par une aura Gainsbourienne qu’elle a toutes les peines du monde à recréer.

Une pièce à voir pour ceux qui se font offrir des places, qui habitent tout à coté, qui ont tout vu au cinéma, qui ne veulent vraiment pas rester seuls le soir, qui trouvent les sièges du théâtre du Rond Point vraiment agréables, le costume des ouvreurs vraiment chouette.

Une réflexion sur “AnnAteur!

  1. Mille fois d’accord. Trop de cacophonie pour trop peu de beaux moments.
    Heureusement comme un bas précède généralement un haut, en octobre, Podalydès puis Chéreau s’invitent au Rond-Point !

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