Arts & cultures/Cinéma & films/Gender&co/Société

Freier Fall

Paulina GM, le 13 mars 2014,

Freier Fall 
de Stephan Lacant avec Hanno Koffler et Max Rielmet

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Repéré lors de la Berlinale Freier Fall, premier film distribué de Stephan Lacant, est le film gay de ce début d’année. Gay non pas parce qu’il correspondrait à un genre cinématographique, nous savons bien que le “cinéma gay” n’existe pas, mais bien parce que son propos concerne une relation homosexuelle. Au cours de sa formation de C.R.S Marc rencontre Kay qui bouleverse sa vie.

Stéphane Lacant en contextualisant la passion de Marc et Kay dans le milieu policier -connu pour son machisme- pourrait nous pousser à croire qu’il s’intéresse au regard que porte la société sur l’homosexualité. Or cet aspect est étonnamment réduit pour se concentrer sur le personnage de Marc et son désir incontrôlable du corps de l’autre. Plus que la découverte de l’homosexualité Stephan Lacant filme l’incapacité à contrôler l’imprévu qui dérègle une vie déjà programmée, puisque Marc et sa femme attendent leur premier enfant dans leur nouvelle maison. Comme ce désir insensé entre dans la vie de Marc, les spectateurs entrent in media res dans le film, les deux policiers se sont déjà rencontrés, se sont peut-être déjà aimés. Les mots sont rares entre eux mais la tension réside dans les corps, dans les malaises que provoquent chacune de leur rencontre. L’essence du film se trouvent dans ces rencontres qui redonnent vie aux deux hommes. Elles réveillent aussi un peu la mise en scène qui manque cruellement de recul face au quotidien de ses personnages.
Lacant pourrait le susciter consciemment pour montrer comment une obsession corporelle, une passion peut effacer tout le reste. Mais cette confusion quant aux réels objectifs du réalisateur n’est qu’un symptôme parmi d’autres qui révèle la faiblesse du scénario et du style.
Certainement que l’enchaînement de situations clichés- la mère surprenant les deux garçons s’embrasser à l’hôpital qui a fait rire toute la salle- s’inscrit dans un souci de réalisme mais celui-ci pousse le film à la retenue et élimine toute possibilité d’originalité. Le manque de surprise dans le récit s’illustre par les deux scènes symétriques d’exposition et de fin, un procédé stylistique vieillot et révélateur quant à l’inexpérience du cinéaste.

Malgré deux acteurs convaincants, Hanno Koffler et Max Rielmet, Freier Fall n’arrive pas à tenir ses promesses, s’enfonce dans la simplicité narrative et manque de cohérence dans sa mise en scène. Ces deux dernières années les films dits “gay” n’ont cessé de prouver que leur intérêt et leur originalité dépassaient l’orientation sexuelle de leurs personnages. Entre autre il y a eu le succès de La vie d’Adèle, le beau Keep the lights on mais surtout le merveilleux film de Guiraudie, L’inconnu du Lac. Or Freier Fall est bien loin de ces films-ci comme s’il n’était jamais parvenu à se saisir de son sujet.

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