Arts & cultures/Théâtre & spectacles

La joyeuse salade des improvisades

Par Marie-Clémence Gaunand, le 07/03/2015

Le jeudi 19 novembre 2014, sur l’estrade du majestueux amphithéâtre Richelieu de la Sorbonne, s’est livré un combat sans merci. Blancs contre Noirs, Paris 4 contre Paris 3, ont rivalisé de talents d’improvisation face aux exigences d’une arbitre intransigeante et d’un public enthousiaste. Récit d’une joute sans précédent.

match d'improUne atmosphère bon enfant

Entrant timidement dans le grand amphithéâtre, le spectateur est immédiatement appelé à prendre pleinement part au jeu. Un étudiant arborant fièrement un t-shirt rouge vif « J’aime l’impro », lui fait répéter son rôle : huer l’arbitre supérieure et son « assistant chien », s’exclamer « Oh la la, c’est long ! » à l’énonciation d’un temps d’improvisation supérieur à 2 min, et… voter ! Une main levée pour les Blancs, un poing  dressé pour les Noirs, et que vogue la galère ! Le ton est donné.  Et le public prend très à cœur son rôle de jury : « C’est quoi ce bordel ? », lance une spectatrice au milieu d’une scène désordonnée ; « On arrête tout de suite ! » crie-t-elle à nouveau à l’arbitre qui demande au public s’il vaut la peine de continuer une impro manquant d’inspiration. Ces petits incidents révèlent l’atmosphère détendue de la soirée : on rit, on s’indigne, et on juge sans jamais se prendre trop au sérieux-pour la majorité tout du moins.

Faute !

Doublages, impros thématiques, musicales, régressives, mixtes et comparées, toutes les variations de l’improvisation sont mises en jeu et plus ou moins réussies. On comprend mieux l’échauffement préliminaire des joueurs courant sur la scène et tombant dans autant de postures sous l’impulsion de la violoniste et de la clarinettiste. C’est qu’il ne faut pas faire de faute de retard, de cliché, parler fort, jouer avec les adversaires et respecter le sifflet dictant la loi du temps. L’arbitre tranche et recadre les règles au fur et à mesure, impose des pénalités et donne la main à l’une ou l’autre équipe. Félicités, rabroués, inspirés ou pas, les acteurs se déchainent, s’encouragent mutuellement, et emportent avec eux un public bienveillant.

Du reportage animalier russe au chou à la crème sensuel…

Les scénarios fusent en blanc et noir sur la scène, en même temps que les rires des spectateurs. Ceux-ci retiendront le personnage de l’aveugle à la femme hystérique, le chou à la crème orgasmique, les quatre mains agitées d’un personnage de science-fiction, les meurtres passionnels mimés en musique, ou encore le poisson d’avril qui tourne en boucherie et les doublages désopilants. Une personne du public retiendra encore plus le dernier sketch : le bras levé, une main sur le sexe, immobile, il a ainsi été l’objet de l’imagination farfelue des joueurs , tantôt pris pour une porte, une statue, un portemanteau. Les quelques flops font partie du jeu, et ne terniront pas les souvenirs enjoués de cette soirée. Alors, ces impros ? Un travail de pros !

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