Arts & cultures/Cinéma & films

Rétrospective cinématographique subjective de l’année 2015

Alors que l’année 2015 se termine sur le tant attendu septième volet de la double (peut-être bientot triple – ou plus) trilogie de la guerre des étoiles, l’année 2016 commencera par la sortie du prochain film de Quentin Tarantino le 6 janvier, tout aussi attendu. Mais avant de passer à autre chose, voici un petit bilan, totalement personnel et subjectif de ce qu’a été l’année 2015 au cinéma.

Soit l’année n’a pas été transcendante, soit j’ai loupé toutes les petites merveilles du septième art ! J’ai effectivement manqué un peu de courage, je n’ai vu ni Les milles et une nuits de Miguel Gomes (trop long), ni Le Fils de Saul, de Laszlo Nemes (trop triste), ni Mad Max : Fury Road de George Miller (pas d’excuse, j’avais juste pas envie), qui ressortent aujourd’hui comme les bon films de l’année, enfin d’après les autres. Mon principal regret reste quand même de ne pas avoir vu The Lobster de Yorgos Lanthimos, mais je me rattraperai plus tard.

Je me suis tout de même déplacée pour certains films très attendus et j’ai surtout été très déçue. [Je ne parlerai pas du nouveau Star Wars, de J.J. Abrams, enfin de Disney, qui est, d’après moi une catastrophe.] Un film dont on a beaucoup entendu parlé en début d’année, Birdman d’Alejandro Gonzalez, une soi-disant prouesse technique qui m’a donné mal à la tête. Youth de Paolo Sorrentino est ennuyeux à mourir : c’est comme passer deux heures à parler avec des vieux riches frustrés enfermés dans une maison de retraite dorée à l’or fin perdu au milieu des montagnes suisses. Big Eyes, que j’attendais avec impatience, est plutôt joli visuellement et l’histoire est assez sympathique mais on est loin de certains films formidables de Tim Burton. Cette comédie sociale dramatique ressemblerait presque plus aux récents films de Woody Allen, qui nous propose d’ailleurs L’Homme Irrationnel cette année : encore un film assez plat sur le sens de la vie, avec des acteurs certes excellents, mais qui n’est toujours pas à la hauteur de ses anciens longs métrages. La chute de l’histoire ne m’a pas convaincue du tout, un peu comme celle de La Dame dans l’Auto avec des Lunettes et un Fusil de Joan Sfar qui est très décevante alors que le reste du film est vraiment passionnant. Et enfin le dernier Michel Gondry, Microbe et Gasoil n’était pas incroyable non plus mais on passe vraiment un bon moment à le regarder.

trois souvenirs de ma jeunesse

Malgré quelques déceptions donc, certains films m’ont tout de même vraiment surpris ou passionné. Trois Souvenirs de ma Jeunesse d’Arnaud Desplechin était vraiment intéressant et très touchant, c’est un très beau film. En terme de nouvelles propositions cinématographiques, la démarche de Taxi Teheran de Jafar Panahi qui tourne illégalement dans un taxi était épatante : on embarque dans les rues d’Iran mais aussi dans une réflexion sur la liberté, l’art … Intéressant formellement mais aussi agréable à regarder, c’est un film qui fait réfléchir et qui est engagé. Techniquement assez proche – par les dispositifs de caméra cachée – mais complétement différent, Connasse, Princesse de Coeur d’Eloïse Lang et Noémie Saglio avec Camille Cottin est très drôle. L’exercice cinématographique – un presque documentaire finalement – joue sur l’improvisation et les réactions des gens, le rendu est assez intéressant et vraiment distrayant : une bonne surprise que le titre ne laissait pas forcément présager.

vice versa

Du côté du cinéma animé, l’immanquable de l’année était sans aucun doute Vice Versa (Inside Out) de Peter Docter et Ronnie Del Carmen produit par Pixar Animation Studios et Walt Disney Pictures, qui nous emmène dans le cerveau stylisé d’une petite fille : un dessin animé coloré et drôle, mais très intelligent (ce qui est loin d’être systématique quand le cinéma s’adresse aux enfants) qui a su toucher le plus large public.

Il fait partie, pour moi, des cinq meilleurs films de l’année, juste derrière Inherent Vice de Paul Thomas Anderson : rien à voir et surtout pas pour les enfants, le film renoue avec des tendances psychédéliques.  Le film est envoûtant par sa lumière notamment, et par le jeu époustouflant de Joachim Phoenix, même si la plus belle réussite artistique d’Inherent Vice est sans aucun doute son affiche !

Inherent Vice with Joaquin Phoenix and Reese Witherspoon

Cette rétrospective cinématographique subjective de l’année 2015 se termine donc sur le podium des trois meilleurs films de l’année, en tout cas d’après moi. Roulement de tambour !!! En troisième position, la bonne surprise de l’année est d’après moi Les Nouveaux Sauvages de Damian Szifron – produit par Pedro Almodovar et ça se ressent, et c’est cool ! Ce film est un assemblage de courts-métrages qui met en scène différentes situations prodigieusement choisies : toute l’animalité des gens civilisés ressort face à la société moderne. Entre pilote d’avion avide de vengeance, conflit masculin autour d’une voiture et mariage qui tourne mal, cette comédie hilarante est aussi dramatique : tout le monde est au bord de la crise de nerf. En deuxième position, Réalité de Quentin Dupieux est incroyable, à condition d’aimer l’univers de ce réalisateur et je ne conseillerai pas de le découvrir avec ce film. C’est complétement perché : une narratologie explosée, incompréhensible pendant une bonne partie du film, un humour décalé, des situations absurdes auxquels se confrontent des personnages très particuliers, presque improbables … L’univers diégétique de ce film ressemble d’apparence à notre réalité mais répond a ses propres codes, Dupieux réinvente le cinéma et s’approprie le monde ! Et enfin, le meilleur du meilleur cette année, le numéro un : Love de Gaspard Noé, un film qui a fait beaucoup parler de lui, parce qu’il est polémique et parce qu’il est formidable ! Magnifique visuellement, c’est une proposition personnelle de ce que peut être l’amour passionnel. Même sans être forcément d’accord avec cette conception très charnelle et explosive de l’amour, c’est un film d’émotions fortes, flamboyant par ses couleurs : une proposition cinématographique risquée, belle et forte, la plus marquante de l’année.

1792029-love-large

Par Camille Belot

5 réflexions sur “Rétrospective cinématographique subjective de l’année 2015

  1. Sinon 2015 c’est aussi Mustang, El Club, Titli, The Voices, Valley of Love, Snow Therapy, The Lesson, Les chansons que mes frères m’ont apprises, It Follows, Classe à Part, Asphalte, La loi du marché, Much Loved, Nous venons en amis, Taxi Téhéran, The Lobster, Knight of Cups et j’en passe

    • Evidemment j’en ai loupé pleins (et des très bon malheureusement !). Il faut absolument que je rattrape Mustang, The Voice, Much Loved et Knight of Cups que j’avai très envie de voir ! Taxi Téhéran est un film superbe (mentionné dans l’article) et j’ai vu récemment The Lobster que j’ai beaucoup aimé également (très beau visuellement et il fait tellement réfléchir !). D’ailleurs si tu ne devais en choisi qu’un, quel serait le meilleur de film de 2015 d’après toi ? 🙂

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