Arts & cultures/Théâtre & spectacles

Acta est fabula

Galaad Saussey-Even ∣ « La farce est jouée » : c’est clairement comme cela qu’il nous faut comprendre cette pièce en la voyant, mais aussi comprendre notre vie. En effet, dans Swann s’inclina poliment, une adaptation personnelle et contemporaine de l’œuvre de Marcel Proust par Nicolas Kerszenbaum, nous y retrouvons, certes, les principaux personnages de l’œuvre originelle, mais aussi les codes de la société moderne, le tout merveilleusement mélangé et adapté.

Le déroulement de la pièce oscille entre des personnages joués de manière quasi-réaliste et des passages plus surréalistes et oniriques, dans lesquels ce ne sont plus les corps mais les âmes qui ont la parole et qui dansent, chantent, se meuvent dans un univers vide de plein. Grâce à cela, grâce au texte et au jeu, nous passons du temps présent au temps passé ; dans lequel, nous, spectateurs, incarnons le fameux Monsieur Swann, à la fois dandy charmeur et « salaud de riche ».

Dans ce petit espace qu’est la scène du théâtre de Belleville, un univers chaud, intime et suave est simplement crée grâce à une assise centrale, des néons parfois bleus, violets ou rouges, pléthore de fleurs et un piano à queue, qui rehausse cette ambiance de petit cabaret Jazz. Cette ambiance est confirmée par les deux comédiens/musiciens qui, en direct, jouent la comédie ainsi que de la guitare, du piano et d’un instrument créateur de bruit d’ondes, qui réussit, à coup sûr, à toucher les spectateurs dès leur entrée. En effet, avec lui, nous sentons cette atmosphère électrique d’une quette d’ascension sociale, de volonté, d’avidité, tout simplement caractérisée par cette magnifique partie de jeu de société, le jeu de notre société où nous seront les grands vainqueurs, faisant, donc, perdre nos trois camarades comédiens : à eux d’en assumer les conséquences. Ces conséquences, nous les assumons aussi car, une proximité immédiate existe entre les spectateurs et les comédiens ; nous jouons Swann et, chacun à notre tour, aléatoirement, nous serons en contact, les yeux dans les yeux, presque en fusion harmonieuse et puissante avec l’un ou l’autre des personnages qui évoluent devant nous. Cela crée, il faut l’avouer, une très étrange sensation chez le regardant regardé.

Que vous connaissiez ou non l’œuvre de Marcel Proust, la compagnie Franchement, tu se l’approprie à merveille. Vous allez adorer ou détester, mais il vous sera impossible de rester de marbre devant, ce qui est la preuve que cette pièce remplit son rôle. Il est donc fortement conseillé d’aller le plus vite possible et avant le 3 décembre au Théâtre de Belleville afin de voir cette reprise du passé qui nous parle encore tant aujourd’hui.

 

 

 

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