Les conséquences de la réforme des retraites sur les femmes

Elie ; étudiante à Paris 3 / https://eliespoutnik.home.blog/ | Les femmes représentent 62% des personnes payées au SMIC et 80% des temps partiels. On sait que cette répartition provient de facteurs sexistes lors notamment de l’embauche, mais aussi de représentations qui n’ont pas évoluées, avec des femmes que l’on assigne par défaut à l’entretien du foyer et la garde des enfants, donnant lieu à la charge mentale. Ceci dit, même dans le cas d’une colocation, une femme est toujours, par défaut, celle qui s’occupe de la vie domestique, dans les tâches ménagères.

Le truc c’est qu’en France, le congé paternité est de 11 jours. Par définition, dans un couple hétéroparental, c’est la femme qui s’arrête de travailler pour s’occuper du bambin. La mère bénéficie d’un congé de 6 semaines avant l’accouchement, puis de 10 semaines après. En tant que femme qui est devenue mère, retourner à son emploi peut être compliqué quand on pense à l’organisation chamboulée due à l’enfant. Une femme d’un milieu aisé pourra facilement avoir recours à un ou une assistante maternelle. Les autres prierons pour avoir une place en crèche. La solution qui s’offre à elles est donc d’arrêter le travail; une naissance est un sacrifice dans la carrière d’une femme et elle va le payer sur sa retraite. La majoration de 5% qui est le contre-argument du gouvernement face à ce que nous venons d’annoncer, n’est pas un argument valable. Cette majoration est une revalorisation de la pension que touche une femme ayant enfanté. Le problème c’est que la pension est calculée sur le salaire. Dans un couple hétérosexuel, c’est l’homme qui gagne plus que la femme, donc par choix calculé, on va demander de faire porter cette revalorisation sur le salaire de l’homme. En enfantant, la femme permet à l’homme de mieux cotiser pour sa retraite.

Nous sommes toutes inégales devant la retraite car toutes inégales dans le monde du travail. Nous n’avons pas les mêmes conditions de travail, pas les mêmes accès à des formations, sans oublier la discrimination qui est toujours de mise. Et bien sûr tout ça est sans considérer le travail domestique des femmes qui sont au foyer, par choix ou nécessité. Il n’y a pas de rémunération de tout le travail à plein temps effectué par ces dernières. Cette réforme libérale creuse les inégalités et les salariées sont toujours perdantes.  La parentalité est néanmoins une construction sociale et la maternité est un poids que l’on fait porter sur les femmes en invoquant des soi-disant raisons naturelles, infondées. On nous vend l’image de la femme indépendante mais mère, la working girl devenue la working mum, en omettant le principe notamment de charge mentale ou la délégation de ce travail à un tiers. La maternité ne devrait pas être un frein à la carrière d’une femme et la maternité ne devrait être qu’un choix, une option. Et attention, en cas de divorce, on supprime ce qu’on appelle la pension de réversion, c’est-à-dire la pension que touche, dans 90% des cas la femme car elles vivent plus longtemps, au décès de son mari. La tendance est au recul dans l’âge d’obtention de cet argent par une retraitée. Tant mieux car les femmes vivent plus longtemps.

Il ne faut pas se leurrer, à cause de cette réforme, une femme n’aura jamais assez de points pour partir à la retraite à 62 ans. Vivre plus longtemps ne dit pas mieux vivre. Il n’est donc plus question de répartition collective mais d’une capitalisation individuelle.

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