Compte Rendu : AG Inter-fac Cinéma Mobilisé

Florentin Groh | En ce vendredi 14 février 2020, à plus d’un mois de mobilisation inter-universitaire en réaction à la réforme des retraites et la réforme L.P.P.R (enseignement supérieur), la deuxième Assemblée Générale (AG) réunissant les départements cinéma des universités de Paris, de banlieues, et de province s’est tenue au cinéma La Clef à 10h. 

Lieu symbolique, le cinéma La Clef, situé à quelque pas de l’université Paris 3 Sorbonne Nouvelle, est occupé de façon militante, risquant à tout moment d’être expulsé des lieux. Dans ce climat délétère, un responsable d’une association culturelle qui occupe les lieux en animant une séance par semaine a pris la parole concernant la suite des évènements. Après une première annonce le 14 décembre, un huissier de justice devrait faire un état des lieux et saisir l’endroit dans le courant de la semaine, le cinéma militant à donc plus que jamais besoin de soutiens. 

C’est donc dans ce lieu au croisement des luttes que les départements cinéma des universités parisiennes se sont donnés rendez-vous pour coordonner leurs actions. La première Assemblée Générale avait eu lieu le 30 janvier à l’université Paris 8 Vincennes Saint-Denis. Un rassemblement qui s’est avéré massif puisque les départements de Paris 3, Paris 7, Paris 8, et de Paris 10 étaient présent, accompagnés de représentants BIATS (personnel de l’enseignement supérieur), de la Femis, et de l’école Louis Lumière, ainsi que des personnels de la BNF. Y a été décidé d’organiser des actions cinématographiques militantes, par le biais de court-métrages auto-produits, et de projections sauvages sur les murs de la capitale. Des actions d’affichages et la reconduction d’Assemblées Générales inter-fac ont également été adoptées.   

Lors de cette deuxième AG, plusieurs secteurs ont répondu à l’appel : notamment Paris 3, Paris 8, Paris 7, Paris 10, rejoint cette fois-ci par des membres d’Art en Grèves et des professionnels chargés du festival Cinéma du Réel. Ces derniers appellent à un soutien des actions qui vont être menées durant le Festival Cinéma du Réel qui aura lieu du 13 au 22 mars, en protestation contre leur situation professionnelle précaire (sous CDD d’usage avec postes à responsabilité mais sur projet, donc il y a nécessairement une baisse d’indemnité qui entraîne un manque de sécurité et une situation précaire). 

L’AG inter-fac a décidée d’ajouter à la LPPR et à la réforme des retraites, la réforme de l’Audiovisuel comme source d’inquiétude et de mobilisation. A terme, cette réforme menacerait l’industrie du cinéma en encourageant les services de SVOD à financer le cinéma français par système de diffusion, qui se transformera par la logique du marché en un système par profit, négligeant les productions plus modestes qui peine à rencontrer un public. De plus, la chronologie des médias va être réduite à une quasi-instantanéité, contre 6 mois actuellement.. Une redéfinition profonde de la notion de cinéma indépendant est alors à l’œuvre avec une catégorisation par rapport à un style esthétique, niant la portée politico-artistique de la production du cinéma indépendant. 

Un état des lieux de la mobilisation a était fait : à Paris 7, des stands, des ateliers, ainsi que des prises de parole sont organisés sous forme d’université populaire. La mobilisation grandit selon Mathieu, étudiant à Paris 7, avec notamment une déambulation organisée récemment et qui a réuni plus de 200 personnes. Un groupe a été créé avec comme questionnement la représentation de la lutte par les cinéastes ; via un point de vue artistique et esthétique particulier pour une captation des mobilisations. A Paris 8, selon Victor, étudiant en Master Théâtre, le département cinéma est en grève depuis la reprise des cours le 21 janvier. Des Ciné-Clubs de grève avec des rendez-vous organisé toutes les semaines sont maintenus et reconduits. Une projection urbaine, le 26 février, devrait avoir lieu dans l’enceinte de Paris 8. En ce qui concerne les autres UFR, ceux de Culture et Communication, de Danse et de Texte et Société collaborent en minorité. Enfin, un projet de 48h Film Project est en cours de discussion au sein du comité de mobilisation de Paris 8. Mais malheureusement le département Histoire vient de voter une motion qui condamne les actions menées par des militants lors de la projection dans le cadre d’un cours du film J’accuse de Polanski. Du côté de Nanterre, pour une enseignante, l’engagement reste minoritaire malgré la mise en place d’un dispositif type Fac Vivante avec des ateliers et des Flashmob organisés. La journée du 5 mars (appel massif au blocage administratif et à la désertion des universités) reste la principale priorité à ce jour. Pour Paris 3, la dernière JPO mobilisée a été un succès, et le département cinéma a voté une motion qui rend effective la rétention des notes. Des cours alternatifs ont été mis en place sur une large plage horaire qui réunit plus ou moins de monde. Des flashmobs et des piquets de grève sont organisés, et le comité de mobilisation se structure. De plus, la tenue et l’organisation d’AG Queer et Féministe ont lieu durant la semaine en parallèle d’autres AG. 

Enfin, des nouvelles de la province avec un professeur de l’université d’Amiens, qui affirme que des cours alternatifs sont mis en place avec une mobilisation étudiante qui avance – notamment par la création du groupe mouvement 002 avec la tenue de piquet de grève par l’UFR Art. Depuis le 20 février, des cours alternatifs sont proposés, et l’université (comme beaucoup d’autres) s’organise pour la journée du 5 mars. 

Une déception est remontée de la part de Paris 7 et Paris 8 concernant la mobilisation à l’appel du blocage de la Cinémathèque la semaine dernière. Au fil de ces décisions, l’AG inter-fac a notamment réfléchi à mettre en place des actions symboliques concernant la situation administrative de la Cinémathèque. Un appel à rejoindre et soutenir le collectif de court-métrages Mao a également été lancé, collectif qui investit les Fouquets (cible lors des manifestations des gilets jaunes) pour la réalisation de court-métrages parodiques. Quant aux moyens de sensibilisation et de mobilisation, ont notamment été pensés une proposition d’une étudiante à Paris 8 qui demande la mise en place de notes plancher pour favoriser la mobilisation étudiante. D’autres actions coup de poing ont été décidé, mais ces actions, de nature sensible, resterons connues exclusivement des groupes de travaux (ouverts à tous bien évidemment).


La date de la prochaine AG a été dévoilée : il s’agira du 26 février à Paris 7, avec un départ commun pour assister à la projection urbaine à Paris 8. N’hésitez pas à vous abonner à la page Facebook Assemblée Générale du Cinéma Mobilisé pour avoir plus d’information si vous voulez vous mobiliser et contribuer à la lutte des départements cinéma des universités parisiennes. 

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